Le Mexique, terre de larmes et de sang des exilés

La problématique des migrants en Europe, tout le monde la connait. Leur horrible périple en Méditerranée, tout le monde en a entendu parler. Les médias l’ont tant relaté que l’on est parfois tenté de croire que ce genre de drame ne survient que sur le Vieux Continent, mais la réalité est bien différente. Parmi les pays confrontés à cette problématique, il y a le Mexique. Le Mexique, bien souvent associé à ses plages paradisiaques, à sa légendaire « Tequila » et à ses sombreros, cache aussi une part beaucoup plus sombre, celle des cartels de drogue, du narcotrafic et des enlèvements. Cette part d’ombre n’est pas sans lien avec l’histoire, parfois tragique, de ces migrants qui tentent la traversée, tout aussi hostile que difficile, non pas d’une mer, d’un océan, mais de ce pays, passage obligé de leur périple, le Mexique.

Un flux migratoire aux causes multiples

Pour bien comprendre pourquoi ce pays en est arrivé à devoir faire face à cet afflux de migrants, il faut remonter au tout début de leur périple : leur pays d’origine. Une grande majorité des migrants de passage par le Mexique sont originaires des pays d’Amérique centrale tels que le Guatemala, le Honduras, le Salvador.  En effet, ces pays sont en proie à de graves problèmes d’insécurité, de crimes, de non-respect des droits humains, de corruption,… C’est donc dans le but de fuir tous ces problèmes et par espoir d’une vie meilleure que beaucoup tentent le tout pour le tout : tout quitter, partir, et ce, même au péril de leur vie.

Le Mexique, passage obligé de leur périple

Le rêve de beaucoup d’exilés, c’est les États Unis. Considéré comme un véritable « eldorado », le pays attire, émerveille, redonne espoir. Ainsi, nombreux sont ceux qui se lancent à la conquête d’un avenir rêvé, mais aussi, et surtout, d’un danger potentiellement mortel car pour y parvenir, ceux qui s’y risquent doivent traverser l’un des pays comptés parmi les plus dangereux au monde, le Mexique.


Des obstacles aussi éprouvants que traumatisants

La première difficulté à laquelle les migrants de passage par le Mexique se retrouvent confrontés est celle du transport. En effet, en tant qu’illégaux, ils ne peuvent se servir ni de l’avion ni de quelconque autre moyen nécessitant la possession de papiers en ordre. Ainsi, nombreux sont ceux qui optent pour la solution du train, non pas de passagers (car au Mexique, ceux-ci n’existent pas), mais plutôt de marchandises. Le voyage effectué à bord de ce train souvent renommé « La Bestia » (en français, «  La Bête »), ou encore « El tren de la muerte (en français, « Le train de la mort ») peut être comparé à un véritable périple tant les difficultés que ceux qui y embarquent rencontrent sont nombreuses. Ceux-ci, obligés de grimper sur les toits, sont en effet souvent victimes de chutes tant le trajet est long et tant les conditions d’insécurité sont présentes. Ces derniers se voient de plus confrontés aux problèmes internes au Mexique tels que les vols, agressions, enlèvements, meurtres (notamment pour le trafic d’organes)…

 Ernesto et Deni, deux vies aux destins tourmentés

C’est pour fuir la violence, les crimes, les kidnappages et l’insécurité permanente qu’Ernesto, migrant issu du Salvador, a décidé de quitter son pays, ses amis, sa famille pour un avenir meilleur aux États-Unis. De passage dans un centre pour migrants à Guadalajara, au Mexique, celui-ci a affirmé avoir eu à subir, lors de son voyage à bord de « La Bestia », deux kidnappages. Il a avoué qu’avant de partir, jamais il n’aurait pu imaginer à quel point le Mexique est un pays dangereux pour les personnes les plus démunies comme lui. Il avait de ce pays l’image de la liberté, de la sécurité, promesse d’une traversée simple et tranquille.

Deni, quant à lui, est originaire du Honduras. Âgé de 19ans lors de son passage par le Mexique, il a quant à lui déclaré avoir vu des personnes périr sur le trajet, à bord du train, ou en dormant dans la rue.  Il a avoué se sentir parfois seul, loin de chez lui, de ses parents et de ses frères.

Le périple d’Ernesto depuis son pays natal jusqu’à Guadalajara, au Mexique, lui aura pris 4 mois. Celui de Deni, 1 mois. Soit environ 122 jours pour l’un, 30 pour l’autre. Autant de jours durant lesquels ils auront connu la faim, la soif, la violence, les vols, les kidnappages, les décès, aussi. Autant d’horreurs qui resteront à jamais gravées en eux, au plus profond de leur âme, au plus profond de leur mémoire. Leur traversée aura failli leur coûter la vie. Tout ce qu’ils souhaitent désormais, c’est avoir un endroit où résider. Pour tourner la page sur ce passé qui les hante et les tourmente. Pour mettre de côté les difficultés rencontrées. Pour vivre enfin libres, en paix et en sécurité.

Croix en mémoire de ceux qui ont péri sur le chemin dans un centre pour migrants et réfugiés à Guadalajara, au Mexique
Articles à lire pour aller plus loin :   
Amnesty International  : « Etats-Unis, frontière perméable avec le Mexique »
Watching America (en anglais ) : « The migrants devoured by the beast »

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