Drogues et Festivals : un cocktail incontournable?

Les Vieilles Charrues, les Eurockéennes ou encore plus récemment le festival parisien Lollapalooza sont nombreux à réunir chaque année quelques milliers de visiteurs. Passionnés de musiques, étudiants fraichement diplômés ou encore amateurs de bière blonde, chacun profite à sa manière des différents festivals français. Malgré une ambiance généralement bon enfant, les festivals sont également réputés pour la consommation de drogues en tout genre de la part de leurs festivaliers. Qu’en est-il réellement ? Et surtout quels sont les risques possibles pour les consommateurs ?

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Un héritage Woodstockien qui perdure
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Dans les souvenirs des anciens, et dans l’imaginaire des plus jeunes, le festival de Woodstock reste l’un des plus marquants, allant jusqu’à introduire le concept même de festival.

Woodstock représente la quintessence de la liberté : point de ralliement des hippies en 1969,  il est devenu l’un des symboles les plus puissants de ce mouvement en lui donnant un peu plus de visibilité. Le festival a ainsi embrassé les principes de la mouvance hippie : libéralisation des mœurs et absence de contraintes qui peut se décliner sous plusieurs formes ( autorité parentale, codes vestimentaires très réfractaires de la société des années 50-60, absence de l’étiquetage sociale qui fragmente la population, entre autre, et qui instaure des rapports de domination entre les personnes). C’est dans ce contexte qu’est apparue la consommation de psychotropes, visant à abolir les « frontières mentales », selon les dires de l’auteur britannique Aldous Huxley dans les Portes de la Perception. L’introduction du LSD et de la marijuana montre évidemment que le festival était un moment et une terre d’expérimentations spirituelle.  Une forme de rébellion. Pour ainsi dire, l’utilisation consciente de la drogue n’était qu’à ses balbutiements et n’occupait pas une si grand importance durant Woodstock.

Toutefois, la perception des festivals a évolué avec le temps ets’est démocratisée, popularisée, au même titre que la consommation de drogues. Les festivals suivants ont emprunté la même voie, tout en perdant et/ou en laissant de côté l’esprit hippie.

Si l’usage de drogues n’occupait qu’une partielle importance au cours de la période de festival, il est certain que, de nos jours, les festivaliers sont davantage attirés par ces interdits que par la musique ou bien même l’esprit festivalier. Les festivals sont désormais connus pour accueillir des points de vente de drogues diverses et variées.

Qu’en est-il réellement ?

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« Consommez-vous des drogues ? », la question, qui peut paraître naïve dans un pays où la consommation de drogues est illégale, a pourtant obtenu de nombreuses réponses positives de la part des visiteurs du festival breton les Vieilles Charrues.

« Oui ben on connait les risques mais bon c’est toujours plus sympa avec ! » s’exclame un jeune homme d’environ 25 ans une pinte de bière à la main.

En effet, les risques liés à la consommation de drogues dans ces grands événements sont multiples, mais pas toujours envisagés par les consommateurs, notamment la question du viol:

« Ah ouais c’est carrément chaud… Mais après j’avoue que certains soirs au camping faut pas rentrer toute seule » énonce avec un petit rire une étudiante de 20 ans accompagnée d’un groupe d’amis.

Le viol et le coma font partie des risques majeurs pour les festivaliers et festivalières consommateurs de substances illicites.

« Les pertes de connaissances sont souvent due à des cocktails drogue/alcool mais aussi causée par une fatigue physique des festivaliers qui prennent des drogues dures pour tenir le coup » explique un intervenant du stand de prévention du village associatif.

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Brochure disponible au stand de prévention du festival Les Vieilles Charrues

Pour la plupart des festivaliers, il est évident que les festivals sont un lieu propice à la consommation.

« L’ambiance, la musique… et les potes aussi ça joue beaucoup » affirme Anaëlle 19 ans.

Effectivement, de nombreux groupes d’étudiants, voir même de collégiens, se promènent sur les lieux du festival, une cigarette ou un joint à la bouche le tout accompagné d’un verre de bière.

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« Y’a comme une parenthèse quand on est ici, on sait que c’est interdit mais personne va venir vous taper sur l’épaule pour vous interdire d’en prendre », déclare un couple venu comme chaque année profiter du festival breton.

Comme le précise les brochures disponibles dans les stands de prévention, l’important est de s’informer des risques encourus par la prise de drogues. Car ces risques sont réels, voire décuplés par le manque de surveillance.

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C’est pourquoi, plusieurs stands à l’entrée du festival rappellent les dangers d’une consommation excessive de drogue et proposent gratuitement des éthylotests et des préservatifs. Le festival des Vieilles Charrues, se voulant comme un festival « éco citoyen »les organisateurs ont également mis en place des stands comme celui de L’Orange Bleue qui sont chargés d’informer les festivaliers désireux d’en savoir plus sur la consommation de substances psychoactives. 

Dans la peau des secouristes

Projetons-nous maintenant à Garorock, festival qui a lieu du 30 juin au 2 juillet à Marmande dans le Sud-Ouest.

Le stand de l’association « Monte le Son » y prend place, à son bord, une équipe de 35 bénévoles motivés, coordonne le dispositif prévention couvrant non seulement la drogue mais aussi l’alcool, la sécurité routière, les risques auditifs, sexuels et rapports non consentis, ainsi que la protection de l’environnement.

En effet, tel que nous le confie l’un d’entre eux « L’évènement festival, comme toute autre fête, invite au relâchement, à faire baisser les tensions », il note toutefois que si il est « un moment privilégié pour délaisser pendant un temps les impératifs de la vie quotidienne et les règles habituelles […] Bon nombre de  festivaliers arrivent cependant à passer un excellent moment sans passer par la prise de drogues ».

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Mais puisqu’il vaut mieux prévenir que guérir, sur le stand, les festivaliers ont à leurdisposition, bouchons d’oreilles, éthylotests, préservatifs… sans oublier le contact avisé et surtout frais des bénévoles (chose évidente avec le slogan  « Des jeunes qui parlent aux jeunes ! »).Capture d_écran 2017-07-31 à 01.01.15

« Nous incitons à la bienveillance, valorisons les comportements responsables, prendre soin les uns des autres, mais nous ne sommes pas dans une démarche moralisante ».

Toutefois, ils n’attendent pas que les festivaliers viennent à eux et vont chercher le dialogue à travers des « parcours  d’itinérance », en allant directement sur les zones fréquentées à savoir, les scènes, le camping, zones VIP et techniques mais également les zones extérieures, afin de surveiller les départs en pleine nuit qui pourraient être alcoolisés.

L’association travaille en collaboration avec la Gendarmerie Nationale, « il est nécessaire d’utiliser tous les moyens à notre disposition pour protéger les festivaliers et autres usagers de la route ».

Elle possède elle aussi un stand et des équipes de forces de l’ordre, dans leur rôle du respect de la loi aux différents accès du festival et les routes aux abords.

Lors des opérations de secourisme, ce sont les professionnels de la Croix Rouge qui interviennent disposant de l’équipement, des ressources humaines et des formations adéquates pour traiter les différents cas qu’ils vont trouver dans le festival. De plus, cette année, la préfecture du Lot et Garonne a également montré son implication dans le domaine de la prévention en prenant un arrêté interdisant le transport et la consommation d’alcool sur les quais de gare et dans les trains à destination du festival. Une véritable équipe de choc !

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Une prise de conscience ?

« Il y a en tous cas, une évolution flagrante du nombre de campeurs. Si nous n’avons pas de chiffres sur les consommations exactes, les festivaliers prennent la mesure du danger et restent dormir sur la place. Ils sont également de plus en plus nombreux à identifier les espaces de prévention et venir chercher d’eux-mêmes bouchons d’oreilles, éthylotests et préservatifs  ».  Le défi de l’association est de « poursuivre le travail de visibilité de la prévention sur le festival et à ses abords, la collaboration des différents acteurs de prévention, et sur l’accompagnement des festivaliers afin qu’ils passent le meilleur moment possible et dans les meilleurs conditions ».

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