Afrique et Chine : l’adieu au charbon ?

Le 2 août, la planète a atteint le « jour du dépassement » pour l’année 2017. Après cette date, les ressources prélevées sont perdues. D’après l’Organisation des Nations Unies, 90 % de tout le bois récolté sur le continent africain est transformé en charbon de bois. Utilisé quotidiennement par la population sub-saharienne, l’exploitation du charbon contribue majoritairement à la déforestation. Pourtant, de nouvelles initiatives sont prises pour trouver une alternative à la ressource polluante.

Sans surprise, le charbon est néfaste pour l’atmosphère. La combustion du charbon émet 35 % de CO2 de plus que le pétrole, et 72 % de plus que le gaz naturel. Le gaz carbone est un gaz à effet de serre : c’est l’un des gaz qui participent au réchauffement climatique. Mais c’est aussi la principale source d’énergie pour la plupart des pays africains, mais aussi le Brésil et la Chine. Impossible de s’en passer : il est nécessaire dans la cuisine, dans le transport, dans les industries… La population a bien conscience du danger pour l’environnement. Mais une transition énergétique vers des sources d’énergies plus vertes aurait un coût trop important. C’est pourquoi des entreprises ont été créées pour mettre au point un « charbon vert » au Cameroun, ou une machine à fabriquer du charbon écologique au Sénégal.

Produire du charbon autrement en Afrique

Au Cameroun, le projet « Kémit Ecology » a pour but d’utiliser des déchets organiques pour les transformer en charbon. Peaux de bananes, épluchures de maïs et autres déchets sont collectés, puis séchés avant d’être mis dans un four. Ce processus entraîne la carbonisation des déchets. Ce mode de production a l’avantage de ne pas participer à la déforestation, mais en plus, les déchets trouvent une « deuxième vie ». Les fours émettent toutefois des émanations de CO2. Pour pallier à ce défaut, le lieu de production est situé près d’une mangrove, dont les arbres absorbent le CO2 des fours pour renvoyer de l’oxygène. Le charbon ainsi produit est tout aussi efficace que le charbon de bois classique, tout en ayant un coût moins élevé.

Autre initiative, autre pays : au Sénégal, la machine Pyro 6 fabrique du charbon 100 % écologique, elle aussi à partir de déchets végétaux. À la différence du projet camerounais, Pyro 6 carbonise les déchets sans produire de CO2. La carbonisation s’effectue grâce à une pyrolyse : les gaz émis sont réutilisés pour maintenir la combustion. Les résultats du processus sont des briquettes de charbon, ou le « biochar », une poudre noire pouvant être utilisée comme fertilisant écologique.

La difficulté aujourd’hui est de trouver les financements pour ces projets, mais aussi de sensibiliser les individus à consommer différemment. Si un effort doit être fait du côté de la production, un effort de consommation doit aussi être fait. C’est la décision prise par la Chine.

Des politiques pour diminuer la consommation en Chine

À l’occasion du jour du dépassement, Nicolas Hulot relevait que « la consommation de charbon de bois commence à stagner en Chine, bien avant les prévisions qui en fixaient la date en 2030. » En Chine, le charbon est à l’origine de 70% de l’énergie du pays. La consommation des chinois dépasse celle des États-Unis, de l’Union Européenne et du Japon réunis, et ils sont les 2ème plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète. Mais depuis 2014, la consommation chinoise de charbon baisse. Si bien qu’en 2016, l’industrie du charbon en Chine subit la baisse de la demande en électricité dans les industries. Déjà depuis 2011, la part du charbon recule au profit des énergies non-fossiles (nucléaire, hydrocarbures, solaire et éolien). Li Keqiang, le Premier ministre chinois, a engagé « une guerre contre la pollution », avec un plan décidé en 2016 visant à fermer 1 000 mines d’ici 2019. Mais le processus s’est mis en route bien avant. Alvin Lin, un analyste au sein de l’ONG américaine Natural Resources Defense Council (NRDC), affirme que « la Chine compte toujours 10 000 mines de charbon, contre 25 000 auparavant. » Pour éviter qu’1,3 million de travailleurs perdent leur travail, la Chine a promis un fonds de 100 milliards de yuans (environ 14 milliards d’euros) pour la reconversion dans des secteurs d’activité plus prometteurs.

Cependant, d’ici 2040, le charbon devrait encore être la principale source d’énergie en Chine. Si la population et les autorités officielles des pays consommateurs de charbon ont bien pris conscience du danger environnemental qu’il représente, la transition énergétique reste lente. Les initiatives à impact restent celles des entrepreneurs. Bien que la Chine soit signataire du protocole de Kyoto depuis 2007, elle n’est tenue par aucune restriction : les adieux au charbon ne sont pas pour tout de suite.

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