Optimisme économique au Portugal

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Le 22 mai dernier, la Commission Européenne siégeant à Bruxelles a donné son accord pour faire sortir le Portugal de la procédure de déficit excessif, celle-ci devra cependant être reconfirmée d’ici quelques semaines. Néanmoins cela confirme au vue des dernières tendances que le pays réussisse enfin à sortir de cette crise qui semblait sans fin.

C’est effectivement un grand soulagement pour Antonio Costa premier ministre socialiste du pays qui avait échappé de justesse à la faillite, de voir sa nation, six ans plus tard, rentrer dans les clous des accords de Maastricht (voir encadré) et surtout de quitter le banc des mauvais élèves de l’Europe.

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En effet, le Portugal a su réduire de moitié son déficit public en 2016, (de 4,4% en 2015 à 2% l’année suivante). Grâce au fruit de politiques de restrictions budgétaires dans certaines sphères de l’État pour financer les politiques de relance visant à instaurer un cercle vertueux de la demande, le taux de croissance a décollé, passant de – 4% en  2012 à plus de 1,5% en 2015.

Dans cette optique de croissance le gouvernement a lancé le pari de ramener son deficit à 1,5% du PIB en 2017, puis à 1% en 2018 pour enfin atteindre l’équilibre budgétaire en 2020. Tout cela dans le but de rassurer les commissaires européens qui prévoyaient un nouveau plan de sauvetage si la conjoncture venait à s’éterniser

Ce mercredi 21 juin, contre toute attente, notamment celle de la Banque Centrale Européenne, la Banque nationale du Portugal a revu sa prévision de croissance pour cette année à la hausse, à 2,5% contre 1,8% auparavant. Le pays fort de dix millions d’habitants doit son décollage économique au développement du secteur tertiaire, occupant en 2016 plus de 75% de l’appareil économique portugais, qui a largement participé à la vigueur des exportations, qui devraient augmenter de 10% cette année mais également à l’attrait d’investissements qui quant à lui devrait progresser de 5% chaque année à partir de 2017.

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Antonio Costa, Premier ministre portugais. Crédits: portugalresident.com

Ces résultats sont en grande partie dû aux politiques anti-austérité appliquées par la coalition des partis de gauche: le Parti communiste, l’extrême gauche et le Parti socialiste qui sont arrivés au pouvoir en novembre 2015 non sans inquiéter une grande partie des marchés mondiaux. Ceux-ci ont couplé des mesures de restrictions budgétaires : la taille dans l’investissement public (moins 30% en 2016), avec une politique de relance keynésienne : augmentation des prestations sociales et diminution des cotisations salariales pesant sur les salaires, des mesures typiques d’un gouvernement de gauche qui à l’instar de la France auraient pu creuser encore plus la dette publique et donc le déficit. Effectivement, l’État augmente ses dépenses à cause d’une plus grande redistribution et en même temps diminue ses recettes, c’est ce que l’on appelle l’effet de ciseaux.

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Le Parlement portugais. Crédits: Alamy

L’efficacité de ces politiques a rapidement été prouvé sur l’évolution du taux de chômage. En effet après avoir culminé à 17,5% au plus fort de la crise au premier trimestre 2013, il est revenu cette année en-dessous de la barre des 10%, le plus bas depuis 2009, et pourrait baisser jusqu’à 7% d’ici à 2019.

Finalement, si le Portugal fait maintenant parti des pays vertueux de la zone euro en matière budgétaire il ne faut tout de même pas se réjouir trop vite, il possède en effet un des ratios de la dette publique les plus élevés au sein de l’Union Européenne (il est endetté à hauteur de 146,5% de son PIB) et ses banques restent très fragiles même avec l’intervention poussée de l’État (cinq milliards d’euros avaient été débloqués pour sauver la seule banque publique Caixa geral de depositos). Ainsi le Portugal n’est pas conforme à tous les critères de la règle d’or de la zone euro et ce pays a encore un long chemin avant de retrouver la prospérité.

Maintenant, la relève économique du pays reste une un horizon à suivre pour les quatre États membres encore concernés par une procédure de déficit excessif : l’Espagne, la Grèce, le Royaume-Uni et la France. C’est donc un vent d’optimisme qui souffle sur l’Europe économique, avec des pays qui sont sur le point de retrouver leur niveau d’avant crise.

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