Simone Veil : une vie, des combats

Après 89 ans d’une vie mémorable, Simone Veil s’est éteinte le 30 juin 2017. Cette figure emblématique de la lutte pour le droit des femmes comptait parmi les personnalités les plus appréciés par les français. Elle laisse derrière elle une des lois les plus importantes de la Vème République : celle sur l’IVG qu’elle a portée envers et contre tous. La France perd donc une de ces grandes figures du XXème siècle ainsi qu’une grande dame de l’Europe au sein de laquelle elle a connu le meilleur et le pire.

De l’enfer des camps à la Libération

Après une jeunesse marquée par son passage au sein des camps de concentration, sa détermination lui fait reprendre des études de droit à l’issu desquelles elle entre à l’institut d’étude politique de Paris. Sa carrière judiciaire s’entrelace avec la politique en obtenant un poste de haut fonctionnaire au sein du Ministère de la Justice. De son enfance chaotique, Simone Veil en tira la détermination et la volonté qui feront d’elle une femme politique redoutable.

Seule contre tous : La loi sur l’Interruption Volontaire de Grossesse

Simone Veil est nommée ministre de la santé à la suite de l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la Présidence de la République. C’est à elle que revient la charge de présenter la loi sur l’interruption volontaire de grossesse. Ses interventions au sein de l’hémicycle sont laborieuses mais elles montrent son engagement et son attachement à la lutte pour le droit des femmes.

« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame ».

Les débats autour de cette question sociétale sont houleux, selon l’opposition, autoriser l’IVG c’est commettre un meurtre. Cette contestation a lieu au sein même du parti de Simone Veil. Cela lui vaudra des menaces et des attaques de la part de l’extrême droite ainsi que d’une partie de la droite. La loi est finalement adoptée après un consensus entre le centre et la gauche le 29 novembre 1974.

L’illustration d’une Europe unie

En dépit de son enfance, Simone Veil est une fervente militante d’une Europe unie et d’une Allemagne réunifiée. Le 9 novembre 1989, elle se rend donc à Berlin pour assister à la chute du mur. Cette européenne convaincue, prendra la tête de la liste UDF aux élections européennes. Elle deviendra par la suite présidente du Parlement Européen, une première pour une femme. Elle ne briguera pas de second mandat mais restera cependant présente une dizaine d’année au sein de cette institution. Elle deviendra ministre d’Etat sous le gouvernement Balladur en 1993 et quittera la politique à la suite de la victoire de Jacques Chirac en 1995.

Vers une panthéonisation ?

Simone Veil a donc été une des femmes politiques les plus importante dans l’histoire de la Vème République. Son opiniâtreté et son hardiesse font d’elle une femme remarquable et un exemple pour de nombreuses militantes. Membre du Conseil Constitutionnel de 1997 à 2007, grand officier de l’ordre national de la Légion d’honneur mais aussi membre de l’Académie française, opinion publique et homme politique se rejoignent pour son intronisation au Panthéon. Une juste récompense pour une femme d’une telle importance.

« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame ». (26 novembre 1974 – Assemblée Nationale).

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