Les secrets des agro-alimentaires (entre normes, étiquetage et marketing )

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Les agroalimentaires fournissent, à eux seuls 80% de ce que nous mangeons. Dans les supermarchés, plus de 8 000 références en moyenne, le choix est infini. En quelques dizaines d’années, le rayon des plats cuisinés a doublé de volume. Seulement, en six ans plusieurs scandales ont vu le jour : viande chevaline dans des plats à base de bœuf, des chevaux de laboratoire vendus en boucherie et des tartelettes contenant des traces de matière fécale. On peux alors s’interroger : Que nous font manger les industries alimentaires ? Savez-vous réellement ce qui composent vos assiettes ? Entrons dans les petits secrets des agroalimentaires. Entre normes européennes, étiquetage et prix. 

La sécurité alimentaire dans l’Union européenne passe par certaines normes :

  • Denrées alimentaires et aliments provenant d’animaux sains et nutritifs
  • Santé et bien-être des animaux, végétaux sous haute protection
  • Informations claires sur l’origine, le contenu, l’étiquetage et l’utilisation des aliments

Nous sommes allés décrypter, pour vous, consommateurs, les différents composants de vos aliments, souvent dissimulés derrière des appellations peu compréhensibles.

Les petits secrets qui composent vos produits préférés

Aujourd’hui, nous nous sommes rendus au rayon frais d’un magasin d’alimentaire courant. Tout d’abord, nous avons été confrontés à une multitude de choix, seulement pour l’achat d’un produit : des saucisses apéritif 100% poulet, de grande marque. À l’arrière du produit nous avons pu lire : viande gros grains (VGG) et peau de poulet 75%.

Si sur ce produit la structure fibreuse n’as pas été détruite, en se dirigeant vers des marques de gammes moins connues, on retrouve alors une viande séparée mécaniquement (VSM). Elle est obtenue par

« l’enlèvement de la viande des os couverts de chair, après le désossage des carcasses de volailles, à l’aide de moyens mécaniques entraînant la destruction de la structure fibreuse des muscles ».

De manière plus clair, les carcasses sont placées dans un appareil à haute pression pour décoller et racler la viande, ce qui donne une pâte très rentable, qui est ensuite transformée en tranches de dinde ou saucisses cocktail, par exemple.

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Nous continuons notre enquête, en nous penchant de plus près sur de nombreux produits. Nous avons alors pu constater la présence récurrente de la mention : gélatine, devant obligatoirement être précisée, selon les normes européennes. Pourtant, la provenance animale de la gélatine, n’est elle, pas obligatoirement indiquée, et dépend très souvent de la volonté du fournisseur.

Par ailleurs, on sait que 80% des gélatines présentent dans les produits sont d’origine porcine ; en raison du coût de cette matière première qui est moins onéreuse. Préparée à base d’os et de peau, on la retrouve alors dans la composition de nombreuses marques de bonbons, gâteaux à la crème, produits allégés mais aussi dans certains jus de fruits, car elle permet de les débarrasser de leurs matières troubles et donc de les rendre plus clairs.

Si la gélatine est très présente, les arômes et les colorants le sont tout autant. Le panel des arômes fait preuve d’une grande diversité. Entre arômes artificiels ; obtenus grâce aux progrès phénoménaux des chimistes et arômes naturels extraits de fruits ou plantes : fraise, orange, vanille, fruits rouge.

Il faut savoir, d’après le règlement de la Communauté Européenne, que l’emballage de l’arôme de citron, par exemple, peut être illustré par une représentation du fruit en question, seulement si son origine est de provenance naturelle (extraits aromatiques ou morceaux). Dans le cas contraire, si nous somme en présence d’un arôme de synthèse, sa représentation n’est pas admise ; pour cause, elle trompe le consommateur sur l’origine réel du produit (article 112-9 du Code de la consommation).

Mais parfois la provenance de l’arôme peut être peu connue et étonnante. Avez-vous déjà entendu parler du castoréum ? Cette sécrétion huileuse et odorante produite par le castor, provient des glandes de l’animal situées près de l’anus. Il rentre alors, dans la composition de saveurs telles que la vanille, la framboise et la fraise, utilisées dans certaines sucreries.

Les colorants, jouent eux aussi un rôle important. Ils rendent nos biscuits apéritifs plus orangés, nos tranches de jambons plus roses et nos bonbons plus attirants. Mais comment sont-ils fabriqués ?

Le coloris vert est extrait de la chlorophylle, le jaune et le bleu sont des espèces de synthèse, bien qu’on puisse les retrouver dans certaines fleurs ou pierres précieuses. La teinture rouge, elle, souvent utilisée comme colorant alimentaire sous la référence (E120) est fabriquée à base d’acide carminique provenant de la cochenille. Elle peut être extraite de son corps et de ses œufs.

 

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Pizzas moelleuses, hamburgers magnifiquement imagés, frites dorées et croustillantes. La vue, le toucher, l’odorat ; tous nos sens sont en éveil.

Zoom sur le sucre: une drogue pour le corps

Nos goût sont corrompus par le sucre, le gras et le sel. Pourquoi aimons-nous tant cela ? D’après des chercheurs à l’Institut national de la recherche agronomique (l’INRA), certaines préférences sont affirmées dès la naissance, comme l’appréciation du gras et des goûts sucrés, qui serait pratiquement innée : en effet, le corps les détecterait, et les considérerait comme nécessaires à sa survie.

Et cela, les industries l’ont bien compris. Au cour des 50 dernières années le sucre est devenu l’ingrédient phare, on le trouve pratiquement partout : dans nos yaourt, nos gâteaux, nos apéritif, nos boissons et même dans nos plats préparés salés. En 40 ans, sa consommation mondiale aurait triplé voir quadruplé, passant de 5 kg à environ 20 kg par an et par personne. 

Le pouvoir du marketing

L’objectif : attirer le consommateurs et vendre toujours plus. Des produits placés de manière stratégique ; les têtes de gondole facilitent la vente. Cet outil de marketing, très utilisé, permet d’optimiser les ventes de produits en promotion dans les supermarchés.

L’extrémité des têtes de gondole est aussi un emplacement privilégié où se trouve le produit durant une période de quelques jours. Mais ce lieu de choix fait souvent l’objet de nombreuses négociations entre les marques et les magasins. Cette bataille financière possède un enjeu important: selon certaines études, ces lieux stratégiques représenteraient même, en moyenne, 15 à 20% du chiffres d’affaire.

Et oui ! Prenons par exemple de grandes marques de céréales. À qui sont-elles destinées en grande partie ? Aux adultes il est vrai ; mais surtout aux enfants. Certains raffolent du chocolat, de la vanille, de leurs couleurs, leurs formes… Mais surtout, des petits jouets glissés à l’intérieur. C’est là que rentre en compte la hauteur. Le produit, placé trop haut, ne sera pas regardé, à hauteur des parents les enfants ne le verront pas vraiment.

Face à ces géants de l’agroalimentaire: être agriculteur 

Nous avons réalisé une interview avec un agriculteur de Saint-Pierre, petit village de campagne situé en Savoie. Pour y accéder, cliquez sur le lien ci-dessous:

 

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