Législatives : En Marche vers une majorité présidentielle

Un mois après l’élection présidentielle qui a vu la victoire d’Emmanuel Macron, les français sont de nouveaux appelés aux urnes pour les législatives. L’objectif du nouveau Président élu et de son gouvernement est d’obtenir une majorité absolue sans avoir besoin de s’allier avec d’autres forces politiques. Le sort des membres du gouvernement qui se présentent est également lié à cette élection, car chaque candidat battu devra alors démissionner de ces fonctions.

Il faut rappeler que jusque-là, le président après son élection obtenait la majorité à l’Assemblée Nationale. Or depuis quelques temps, à l’international avec Trump et le Brexit mais aussi en France avec les surprises des primaires de gauche et de droite ainsi que l’arrivée au pouvoir d’un « novice de la politique », rien ne prédestine au président le même sort que ces précurseurs. L’enjeu est de taille pour le gouvernement, tout d’abord, qui attend un soutien de la part de la population, mais aussi pour les partis traditionnels qui doivent se relever après leur défaite lors de la dernière élection ainsi que pour La France Insoumise et le Front National qui cherchent à confirmer leur score et leur influence acquise lors de la présidentielle. A ce contexte politique flou s’ajoute le surnombre de candidat dans chaque circonscription ce qui rend l’issu de ce scrutin très incertaine.

Une abstention historique

Au lendemain de ce 1er tour que l’on peut qualifier d’historique beaucoup de ces questions ont été balayés. Le premier score à retenir est celui de l’abstention, 51,29%, un record dans l’histoire de cette élection. La participation déjà morose des citoyens lors de la présidentielle s’est traduite encore plus fortement hier. Les raisons avancées pour expliquer ce score sont nombreuses : le week-end ensoleillé en fait notamment partie mais ne suffit pas pour tout comprendre. Les citoyens sont las d’aller voter, 7 scrutins en 1 an, las des partis traditionnels, las des « grandes figures » de la politique et des affaires trop nombreuses. Le lien entre les hommes politiques et le peuple s’est rompu, la confiance aussi. Le vote ne semble plus utile et beaucoup sont résignés quant à leur rôle dans notre système démocratique.

Un problème de représentativité ?

Au-delà de ce score historique de l’abstention, l’autre information importante est celle du score de la République en Marche. Selon les nombreuses projections, le parti du Président de la République recueillerait entre 400 et 455 sièges à l’Assemblée Nationale. Ce chiffre est nettement supérieur à la majorité absolue de 289 sièges souhaité par Emmanuelle Macron et son gouvernement. Cette surreprésentation des candidats de la République En Marche pose des questions quant au rôle de l’opposition au cours des débats. En dépit de ce score confortable pour la possible future majorité, il faut nuancer cette victoire au vu de l’abstention. Bien que possédant 75% des sièges à l’Assemblée, cette part ne correspond qu’au vote d’environ 15% des français comme l’illustre ce graphique ci-dessous. Ce problème de représentativité n’est pas nouveau. Le taux d’abstention augmente, petit à petit à chaque élection. Une grande partie des électeurs ne se sentent plus représentés et ce à chaque fois qu’une nouvelle majorité prend place au sein de l’hémicycle.

La question du PS et des Républicains : un naufrage aux nombreuses conséquences

Cette vague a déferlé sur toute la France, faisant échouer au passage de nombreux ténors de gauche comme de droite. En effet, si le FN et la France Insoumise perdent du terrain à cause de l’abstention, pour les Républicains et le PS la raison est tout autre. C’est la première fois pour ces deux partis que leurs scores sont aussi faible lors d’élection législatives. Pour le PS, la débâcle est telle, que des grands noms ont disparus dès ce premier tour : Cambadélis à Paris, Menucci à Marseille, Benoit Hamon dans les Yvelines ne sont que quelques exemples de ce désastre. La situation est bien plus préoccupante. Le PS aurait à peine suffisamment de députés pour créer un groupe parlementaire et devrait pour compenser l’énorme perte financière lié à cette situation vendre le siège rue de Solférino à Paris. Du côté des Républicains, les scores ne sont guère mieux et ne correspondent pas à la volonté de leur chef de file François Baroin. Les estimations donneraient entre 70 et 110 sièges au parti de la droite et du centre. Tous en appel à un sursaut civique, espérant mobiliser leurs électeurs au 2nd tour pour créer une réelle opposition au gouvernement.

On ne connaît pas encore les résultats définitifs de cette élection législative, mais en attendant le 2nd tour dimanche, on ne peut que constater la volonté de renouvellement et de changement des citoyens. Ce premier tour marque le début d’un chamboulement dans les partis politiques traditionnels, défaits pour la 2nd fois en deux élections. Quant au gouvernement, disposant d’une majorité quasiment acquise, il devra faire face à un défi plus grand encore, répondre aux attentes des citoyens qui espère un changement dès maintenant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s