Festival de Cannes 2017 : des 70 ans (d)étonnants !

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Depuis le 17 mai dernier et pendant encore 4 jours jusqu’au 28 mai prochain, le Festival de Cannes célèbre pour la 70ème fois le 7ème art. 70 ans déjà, il ne se fait plus tout jeune, et pourtant ! Il réussit une nouvelle fois à renouveler la variété de ses films et de ses protagonistes et nous surprend plus que jamais.

Depuis 70 ans…

Si nous nous plaisons à suivre ce fameux festival chaque année, en connaissons-nous pour autant l’origine ? Rien de moins sûr ! Alors qu’est-ce que c’est ? Avant même d’être un hommage au 7ème art, c’est d’abord une affirmation haut et fort de la liberté et de la démocratie. En effet, le Festival de Cannes voit le jour après que la toute première compétition internationale dédiée au cinéma, la Mostra de Venise, soit contrainte par le dictateur Adolf Hitler de couronner en 1938 Les Dieux du stade (Leni Riefenstahl) et Luciano Serra, pilote (Goffredo Alessandrini). Naît alors l’idée en France – idée soutenue par les ministres de l’éducation et de l’intérieur de l’époque, Jean Zay et Albert Sarraut puis par un certain nombre de pays, de créer un festival international du cinéma, libéré des idéologies nazis et fascistes des pays totalitaires. C’est ainsi que le 31 mai 1939, le gouvernement français et Cannes, ville retenue pour accueillir le Festival, lui donnent officiellement naissance.

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Et pourtant ! Alors que la toute première édition devait avoir lieu en septembre 1939, la guerre est déclarée. Ce n’est qu’à la sortie de la guerre en 1946, sept ans plus tard, que le premier Festival se déroule. C’est La Bataille du rail de René Clément qui reçoit le prix du jury et celui de la meilleure mise en scène, tandis que le grand prix international de la meilleure interprétation féminine est décerné à l’actrice française Michèle Morgan. Depuis cette première édition quelque peu laborieuse, soixante-neuf autres ont eu lieu et la 70ème se déroule en ce moment même à Cannes depuis le 17 mai dernier, jusqu’au 28 mai. Cette année, 19 films concourent pour la Palme d’Or – Palme qui, à l’occasion des 70 ans du Festival, sera sertie de diamants par le joaillier Chopard. A films prestigieux, jury prestigieux ! Pedro Almodóvar, figure emblématique du cinéma espagnol et metteur en scène reconnu dans le monde entier, préside le jury de cette 70ème édition composé d’acteurs et comédiens tout aussi talentueux ; parmi eux, Agnès Jaoui, Will Smith ou encore Jessica Chastain. A leurs côtés, non moins célèbre, l’actrice Monica Bellucci endosse le rôle de maîtresse de cérémonies d’ouverture et de clôture du Festival de Cannes. Films prometteurs, jury d’exception, cette 70ème édition commençait a priori comme les autres… Et pourtant !

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Des 70 ans dignes d’un film d’action au scénario rebondissant, entre polémiques, revendications et nouveautés

Premier coup d’éclat, le retour à Cannes du réalisateur franco-polonais Roman Polanski avec son nouveau long-métrage D’après une histoire vraie. En effet, le cinéaste renommé est aussi tristement connu pour son procès pour viol sur mineur en 1977. De ce fait, en janvier dernier, la décision de l’Académie des arts et techniques du cinéma de le choisir pour présider la 42ème cérémonie des César avait révolté de nombreuses associations féministes et même la ministre des Droits des Femmes, Laurence Rossignol qui avaient  milité pour sa destitution ; le réalisateur s’était alors désisté. Encore une fois, l’annonce de sa présence dans un tel évènement à fait grand bruit et éveillé des réactions virulentes sur les réseaux sociaux où l’on dénonce « l’indécente impunité » dont il jouit.

Dans un autre registre mais tout aussi controversée, la décision du Festival de Cannes de laisser participer à la compétition officielle deux films produit par Netflix, Okja et The Meyerowitz Stories. Emoi général des cinéphiles, des professionnels du secteur mais aussi du grand public : la Palme d’or pourrait potentiellement ne jamais voir le jour en salle et n’être accessible qu’aux abonnés du géant du streaming ? Plutôt paradoxal, qu’un prix cinématographique ne puisse être vu sur grand écran. Le président de la fédération nationale des cinémas français crie au scandale :

« Un film, c’est fait au départ pour la salle de cinéma, pour ce lieu magique où on s’enferme avec des gens qu’on ne connaît pas et où on vit ensemble une expérience collective. Le fait de venir à Cannes, c’est respecter cette règle ».

Ainsi confronté à l’hostilité quasi-générale, Okja, film du réalisateur le coréen Bong Joon-ho diffusé le 19 mai est d’abord hué à l’apparition du logo Netflix. Il est de surcroît coupé suite à des problèmes techniques mais, contre toute attente, c’est à des applaudissement que le film a droit à la fin de la projection ! En effet, même les plus sceptiques se sont laissés emporter par ce film surprenant, qui allie la candeur d’une amitié enfantine à une critique sévère du capitalisme et de l’exploitation des animaux.

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Une dernière innovation pour finir : le Festival n’est plus à une nouveauté près et a sélectionné pour la première fois, un film en réalité virtuelle, Carne y arena d’Alejandro González Iñárritu (réalisateur de The Revenant notamment). La réalité virtuelle permet de créer un environnement artificiel grâce à des logiciels informatiques. Ses utilisateurs peuvent interagir avec cet environnement et non plus seulement vivre une expérience visuelle : la réalité virtuelle sollicite également le toucher, l’ouïe et l’odorat. C’est donc un concept tout nouveau qui fait son entrée dans le monde du cinéma. S’il ne participe pas à la compétition pour la Palme d’or, le court-métrage de sept minutes a eu droit à une installation spéciale sur la Croisette. Heureusement, cette nouveauté-là ne semble pas faire controverse, bien au contraire, le délégué général du festival l’aurait qualifiée comme étant un « exercice de réalité virtuelle qui par ailleurs est un merveilleux film ». Le Festival de Cannes ces 70 dernières années a beaucoup évolué mais, malgré les polémiques, il semblerait qu’il ait tout de même conservé l’essentiel : une passion pour le cinéma venue des quatre coins du monde, avide de nouveaux talents et découvertes.

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