Qui se cache derrière la sortie du phénomène Split ?

Split, sortie le 20 janvier 2017 dans nos salles, est un thriller psychologique dépeignant le portrait de Kevin (interprété par James McAvoy), un jeune homme souffrant d’un trouble dissociatif de la personnalité. Mais avant de revenir sur cette oeuvre à succès, interrogeons-nous sur son réalisateur. M.Night Shyamalan, aussi appelé ‘’the Master of the final Twist’’ nous a, une fois de plus, gâté avec une réalisation plus réussie que jamais. Mais qu’est-ce qu’un final twist, plus communément connu en français comme un retournement final ? Il s’agit tout simplement d’une structure narrative utilisée au cinéma qui comprend une fin inattendue, surprenant le spectateur et le poussant à envisager l’histoire dans un angle totalement différent que ce qu’il pensait jusqu’à lors.

En gros c’est le genre de film où à la fin tu restes totalement choqué et qui te provoque des « Hein ? Quoi ? », « C’est pas possible ! Ça ne peut pas être ça ! C’est pas vrai ! », « Mais qu’est ce que je viens de regarder ? » . C’est, en partie, cette structure qui a fait le succès de Night réalisateur américain d’origine indienne (on ne vous en voudra pas de ne pas retenir son nom complet : Manoj Nelliyattu Shyamalan). Avant de parler de son dernier succès Split, qui fait de la résistance encore aujourd’hui dans la plupart des salles de cinéma françaises, la rédaction vous propose un petit plongeon dans le temps et dans la filmographie d’un réalisateur qui vaut vraiment le détour.

18155297_400759053639711_925524192_n.jpg

Des débuts compliqués :

 C’est à l’occasion de son 12e anniversaire que le jeune Night se voit offrir une caméra Super 8. Ce dernier a toujours montré sa volonté de faire du cinéma et à l’âge de 17 ans seulement il a déjà réalisé plus de 45 courts métrages, seul, chez lui. Contre l’avis de son père, qui souhaitait le voir devenir médecin, Night commence ses études universitaires à la Tisch School of the Arts à New-York encouragé par sa mère. Durant cette période il réalise son premier long métrage Praying with anger (Prier avec colère) qui sera, d’ailleurs, le seul film de Night réalisé hors de la Pennsylvanie. Bien que reconnu par ses pairs pour cette oeuvre il ne remportera pas un franc succès auprès du public. Trois ans plus tard il écrit et réalise son deuxième film, Wide Awake (Éveil à la vie) qui sera également un échec commercial.

6e sens, le début du succès :

 C’est alors qu’arrive le film qu’on ne présente plus, 6e sens, l’histoire de Cole (interprété par Haley Joel Osment), un petit garçon de 9 ans qui garde un lourd secret. En effet, Cole voit les morts. Avec ce film Night entre dans le panthéon des maîtres du Thriller. 6e sens devient un film culte avec, notamment, 6 nominations aux Oscars. La notoriété que Night acquiert grâce à ce film lui permettra de réaliser à la suite trois grands autres succès, toujours sur la base du final twist, que sont Incassable, Signes et The Village.

 La période creuse :

 The Village, malgré un succès manifeste, subit de nombreuses critiques qui annoncent la suite des évènements. 2 ans après la sortie de ce dernier suivent quatre films La jeune fille de l’eau, Phénomènes, Le dernier maître de l’air et After Earth qui ont tous, soit soufferts de fortes critiques négatives, soit soufferts d’un échec commercial entraînant de grandes pertes économiques. Les premiers à être déçus ? Les fans… En effet Night s’est toujours illustré dans des films à petit ou moyen budget, limitant au possible les effets spéciaux et préférant le ‘’hand made’’. Ce revirement cinématographique a été difficile à avaler mais a montré une volonté de Night de changer son style, d’explorer un nouveau mode de réalisation ce que, dans un sens, on ne peut lui reprocher. C’est aussi durant cette période que Night va développer l’art d’apparaître brièvement dans chacun de ses films, tel que le faisait le grand maître Hitchcock. Si parfois il s’agit plus d’un vrai rôle que d’une apparition (Praying with Anger, La jeune fille de l’eau), d’autres fois ses apparitions sont quasi imperceptibles (The Village). C’est d’ailleurs un exercice assez sympathique, pourquoi ne pas vous y prêter vous aussi ? ‘’Trouvez Night’’.

Le retour glorieux :

Après la sortie d’After Earth nous retrouvons Night dans un nouveau format, celui de la série. En effet, ce dernier s’est lancé, en tant que producteur cette fois-ci, dans le projet Wayward Pines. Série fantasy/thriller qui, pour le bonheur de ses fans de la première heure, semblait annoncer un retour aux sources. S’il n’a réalisé que le pilote il n’en fallait pas plus pour raviver la passion Shyamalan. De plus qu’un an plus tard sort le film à petit budget, The Visit, contenant une fois de plus un retournement plus que surprenant. Il s’agit d’un film d’horreur sous forme d’un found footage (format cinématographique spécifique à l’horreur consistant à présenter un film comme étant un enregistrement vidéo authentique, la plupart du temps filmé par les protagonistes de l’histoire. Ce genre se caractérise par des images prises sur le vif et par la qualité visuelle et sonore volontairement dégradée). Le choix du found footage est très risqué, il s’agit d’un format sur-exploité par l’industrie du cinéma d’horreur, avec plus ou moins de succès (Paranormal Activity et REC pour ne citer qu’eux). Night a pourtant su relever le défis en donnant un second souffle au genre. Ce film n’a pas bénéficié d’énormément de pubs et personne ne l’attendait vraiment. Pourtant, malgré le peu d’entrées réalisées, il illustre clairement le retour aux sources, déjà entamé avec Wayward Pines. Dans ce film, qui a été tourné en seulement 27 jours, on entre à nouveau dans un univers très angoissant mais également teinté d’humour. C’est à l’occasion de la sortie de The Visit que Night s’exprimera (pour rassurer ses fans ?) sur les films à petit budget : « Un petit budget vous donne l’occasion de vous centrer sur l’intrigue et les personnages, sans se faire avaler par les différents aspects de la production. Un jour cela m’a paru évident et j’ai décidé que dorénavant je me consacrerai à ce format de film. Il y a un rythme créatif plus soutenu, on est dans le bain, les idées arrivent, on les teste, on les concrétise… Avec un gros budget il faut trois ans pour faire un film, c’est trop long, tout se dilue… ». La boucle est bouclée ! Preuve que la mauvaise expérience précédente lui a bien servi de leçon et que, tel le phénix, Night a su renaître de ses cendres. Et quelle renaissance !

La (très) bonne surprise Split :

18109443_400759140306369_1700919511_n.jpg

 Parlons enfin de Split, dernier film réalisé par Night et qui est, sans surprise, un final twist ayant retourné plus d’un cerveau dernièrement. Je vous rassure pas de spoil dans cet article (même si cela me démange). Je finirai sur un teasing tout à fait approprié. Split raconte l’histoire d’un charmant jeune homme, Kevin, qui souffre d’un trouble dissociatif de la personnalité, en faite il a 23 personnalités différentes. Et comme l’annonce si bien l’affiche du film, une 24e facette, plutôt badass, ne va pas tarder à émerger. Ce film est certainement porté par un incroyable James McAvoy mais n’en oublions pas l’excellente Anya Taylor-Joy (Casey Cooke dans le film) dont, je vous le promets, nous allons probablement entendre de plus en plus parler. Le film est déjà un énorme succès en salle et auprès de la critique. Split « n’est pas un film comme les autres, c’est un film ambitieux avec un budget limité, un film épique de par l’histoire incroyablement novatrice et captivante que nous raconte Night, qui ne s’appuie ni sur un déploiement d’images de synthèse ni sur un budget outrancier. » il s’agit des paroles du grand Jason Blum, tenancier de la maison de production du même nom connu dans la profession pour sa capacité à soutenir des films à petit budget et à en faire des succès. Night dira encore récemment dans une interview à propos de Split « Je suis facilement déconcentré, c’est une des raisons pour lesquelles j’apprécie de faire des films à plus petit budget. Ça me permet de rester en contact avec mon intuition créative, sans me disperser ». Le réalisateur a d’ores et déjà annoncé la suite de Split. Inutile de vous dire que l’on attend avec impatience sa sortie, ainsi que tous ses autres projets, tout aussi ambitieux, tel que le reboot de l’ancienne série horrifique à succès Les contes de la crypte. Hâte !

2 réflexions sur “Qui se cache derrière la sortie du phénomène Split ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s