Présidentielle 2017 : Un duel inédit

Après une campagne électorale aux multiples rebondissements : candidatures inattendues, émergence de nouveaux partis et affaires judiciaires… le verdict tombe enfin. Hier, 23 avril 2017, les Français ont voté pour élire les deux candidats qui s’opposeront dans deux semaines, dans le but de devenir leur futur président et remplacer François Hollande (n’ayant pas voulu se présenter pour un second mandat).

Le verdict tombe :

Les premières tendances donnent la victoire à Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Avec un taux de participation estimé à 77 %, le fondateur du mouvement En Marche ! Recueille 23,9 % des voix face aux 21,4 % de la candidate du Front National. François Fillon et Jean Luc Mélenchon les talonnent avec 19,9 % et 19,3 % respectivement. Quant aux autres candidats, les estimations donnent le classement suivant : Benoît Hamon (PS) avec 6,2 %, Nicolas Dupont Aignan (La France Debout) 5 %, Jean Lassalle (Résistons) 1,5 %, Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) 1,2 %, François Asselineau ( Union populaire républicaine) 0,8 %, Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) 0,7 % et pour finir, Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) avec 0,2 %.

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Une course de fond :

Rien n’était joué d’avance pour les 11 candidats. A quelques jours du premier tour, une enquête de Cevipof disait 28 % des électeurs n’étaient, ni convaincus de leur choix, ni sûrs d’aller voter, des chiffres records qui nous rappellent l’élection de 2002. Lors des élections présidentielles de 2012, 79,48 % des électeurs avaient voté. Nous connaissons donc une légère montée du taux d’abstention mais pas assez importante pour en conclure un désintérêt politique de la part des Français. Toutefois, les pourcentages montrent aujourd’hui un pays profondément divisé en 4. Les deux vainqueurs du premier tour n’ont effectivement pas la majorité mettant ainsi en avant un quadrisme aux idées pourtant très opposées. Nommé vainqueur de ce premier vote, Emmanuel Macron n’atteint pas les 28 % de François Hollande lors du premier tour de 2012 ou les 31 % de Nicolas Sarkozy en 2007.

Des partis traditionnels absents du second tour :

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Nous sommes témoins d’élections présidentielles inédites. Pour la première fois, les deux partis majeurs de la Ve République sont exclus du second tour. La gauche n’avait pas dépassé le premier tour en 1969 et en 2002 tandis que la droite n’avait jamais connu une pareille situation. La victoire du mouvement En Marche ! et du Front National s’inscrit donc dans cette mouvance du « dégagisme » que nous connaissons ces derniers temps.

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Qui sont ces deux candidats qualifiés mais que tout oppose ?

Emmanuel Macron est né à Amiens. Diplômé de Science Po et de l’ENA, le jeune banquier fait ses débuts dans la politique en 2012. Conseiller de François Hollande, puis ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, il finit par quitter le gouvernement. Il fonde son mouvement en 2016 qui revendique actuellement 260 000 adhérents. Alors qu’il n’était quasiment pas connu des Français il y a encore quelques années, il annonce sa candidature à la gouvernance du pays le 16 novembre 2016 dans la volonté de rompre avec l’alternance gauche droite. Il devient rapidement un candidat majeur. Sa campagne est dynamique, il se déplace dans plusieurs grandes villes (Paris, Marseille, Lyon, Lille…), obtient le ralliement de nombreux politiciens dont François Bayrou et Manuel Valls, à tel point que les journaux parlent du « phénomène Macron ».

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@LeFigaro

Marine Le Pen est davantage connue de la scène politique. Si elle a une maitrise de droit, une première carrière d’avocate, elle adhère au parti d’extrême droite de son père, Jean Marie Le Pen, très rapidement. Depuis qu’elle en est à la présidence, le Front National connaît une remontée dans les votes, prouvée une fois de plus par les résultats d’hier soir. Dès l’été 2016, la « candidate du peuple » et de « l’antisystème » est annoncée vainqueur au premier tour. Sa campagne est marquée par l’affaire des emplois fictifs au Parlement européen, des discours sur l’immigration, la sécurité, le terrorisme et des voyages à l’étranger, notamment à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine.

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@LeMonde

Un second tour inédit :

Le 7 mai sera donc l’occasion d’un affrontement entre deux personnalités très différentes. Marine Le Pen s’est exprimée en début de soirée soulignant des « résultats historiques ». « Le système a cherché à étouffer le grand débat politique qu’aurait du être cette élection, ce grand débat va pouvoir enfin avoir lieu…. L’enjeu de cette élection est la mondialisation sauvage qui met en danger notre civilisation… ». Un clivage autour de la question des frontières est dès lors observable lorsqu’Emmanuel Macron entend à l’inverse « porter l’exigence et l’optimisme, la voix de l’espoir pour le pays et pour l’Europe. » Tous deux appellent les Français à voter massivement au second tour pour le renouveau et une véritable alternance. A l’heure actuelle, François Fillon et Benoît Hamon ont reporté leur voix vers le fondateur du Mouvement En Marche. Les deux semaines de l’entre deux tours risquent d’être à l’image de cette campagne électorale : tumultueuses.

Juliette Dicque

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