L’ONU : acteur ou pantin ?

Suite aux bombardements ordonnées par Donald Trump en Syrie,  beaucoup ont été surpris du fait qu’il ait agi seul dans le cadre de cette opération. En effet, il n’a pas demandé le soutien ni même l’accord de l’ONU, qui n’a imposé aucune sanction. L’ONU a-t-elle encore son mot à dire dans les conflits internationaux ? A-t-elle réellement un pouvoir sur les grandes puissances telles que les États-Unis, et le cas échéant, quelles en sont ses limites ?

Il faut savoir que l’ONU a tout d’abord un rôle diplomatique. Elle peut organiser des discussions et des rencontres, soit au sein même de l’ONU (à New-York City), soit en dehors, entre chefs d’Etat ou représentants officiels.

Son rôle est de maintenir la paix dans le monde ou alors de la promouvoir, en envoyant les « Casques Bleus » sur le terrain : des militaires au service de l’ONU, chargés d’apaiser des tensions éventuelles  et de veiller à la démocratie en surveillant le bon fonctionnement de votes par exemple.

L’ONU a également un rôle d’aide aux populations en danger. Elle peut envoyer des soins médicaux, de la nourriture ou de mettre en place des programmes d’alphabétisation. L’Organisation est constituée de plusieurs organes dont les deux principaux sont l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité. L’Assemblée générale joue un rôle principalement consultatif, tandis que le Conseil de sécurité a un rôle exécutif.

Le Conseil de sécurité de l’ONU prend les décisions concernant le maintien de la paix dans le monde : il peut organiser des rencontres entre représentants d’Etats en conflit ou même, dans certains cas assez rares, imposer des sanctions lorsque la paix se trouve menacée, et surtout décider de l’intervention de Casques Bleus sur le terrain.

Le Conseil de sécurité est composé de 15 Etats Membres, dont 5 ayant un siège permanent et un droit de veto (France, Russie, Chine, Etats-Unis, Royaume Uni). Les 10 autres changent tous les deux ans, élus par l’Assemblée générale de l’ONU, composée des 193 Etats Membres de l’organisation. Actuellement, il se compose de la Bolivie, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Italie, le Japon, le Kazakhstan, le Sénégal, la Suède, l’Ukraine et l’Uruguay.

Cependant, comme dans toute discussion confrontant de nombreux participants, il est difficile de mettre la majorité d’accord ; pour le Conseil de Sécurité, qui vote les textes à adopter, il faut 9 approbations sur les 15 Etats Membres, et aucun veto de la part de membres permanents. L’ONU a donc du mal à prendre des mesures, puisque certains Etats Membres permanents du Conseil s’opposent sur beaucoup de points, comme la Russie et la France, par exemple. Dans le cas du conflit en Syrie, le Secrétaire Général précédent, Ban Ki Moon, avait envoyé en juillet 2014 le diplomate Staffan de Mistura, pour des discussions politiques. Mais l’ONU se trouve en partie paralysée puisque la Russie oppose son veto à chaque proposition d’intervention.

De plus, certains pays exercent parfois des pressions sur d’autres, pour obtenir un vote en leur faveur. Par exemple, un pays X, gros exportateur de pétrole, peut augmenter les prix de vente du brut seulement pour certains pays, sous réserve d’un vote qui l’arrange de leur part.

Les 5 Etats Membres permanents du Conseil ont été désignés au lendemain de la Seconde guerre mondiale, puisqu’ils étaient les vainqueurs et/ou les grandes puissances mondiales de l’époque. Certains remettent en doute leur légitimité. Face aux changements intervenus depuis la fin de la guerre froide, de nouvelles puissances mondiales comme l’Allemagne, le Japon ou le Brésil considèrent comme légitime de rejoindre le cercle des Membres permanents du Conseil de sécurité.

Quant au droit de veto, l’ONU ne peut forcer aucun de ses membres à y renoncer, ce qui n’est dans l’intérêt d’aucun des Etats titulaires de ce privilège. Seule la France, dans une prise de position récente du gouvernement de François Hollande, s’est engagée à ne pas utiliser son veto lors de crises humanitaires majeures.

Face à cela, l’ONU réfléchit à des réformes possibles, comme une extension du Conseil de sécurité de 15 Etats Membres à plus, et, dans ce cas, accorder le droit de veto et un siège permanent au Conseil à d’autres puissances.

C’est en faisant face à ces difficultés que l’ONU doit garder son rôle de pacificateur. Étant la seule tribune mondiale où 193 Etats peuvent discuter et s’exprimer à égalité, l’ONU se retrouve souvent bloquée entre les intérêts personnels de chaque Etat. Malgré sa dimension internationale unique, son pouvoir d’action est assez limité et dépend finalement du bon vouloir de ses membres. Le pacifisme qu’elle prône a-t-il encore sa place et est-il encore efficace dans un monde de conflits ?

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