Jean-Luc Mélenchon, l’insoumis

« Ses discours sont portés avec conviction et avec sincérité et c’est donc pour cela que Jean-Luc Mélenchon m’a intrigué et intéressé. Ses idées, « humaines » devrais-je dire, sont assez axées sur le peuple et sur la justice. Ses idées sont justes et fondées. »

Voici la vision qu’Hugo, 18 ans, en pleine préparation du brevet des métiers en ébénisterie BMA, dans le Jura, a de ce personnage qui est devenu, ces dix dernières années, une figure emblématique du paysage politique français. Hugo fait partie de ces jeunes qui ont rejoint le meneur de « la France insoumise », candidat pour la seconde fois à l’élection présidentielle.

Le râleur « Mémé-lenchon », comme le caricaturent les Guignols de l’info de Canal+, n’en est pas à son premier essai et a déjà vécu d’autres courses présidentielles, notamment celle au côté de Lionel Jospin en 2002, éliminé au premier tour au profit de Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Jean-Luc Mélenchon en garde un souvenir amer qu’il considère, encore aujourd’hui, comme un véritable échec personnel.
Il reste néanmoins encarté au Pari Socialiste encore six ans, avant de tourner la page en 2008 et de fonder son propre parti « Le Parti de Gauche ». Aujourd’hui il est crédité à 11 % des intentions de vote, et jamais les Français n’ont pu assister à une telle dynamique du côté de la gauche, et cela depuis plus de vingt ans. Cette dynamique, outre les luttes internes au Parti socialiste, est en grande partie due à son programme économique, social et écologique ainsi que sa volonté de réformer, jusqu’à même la désignation d’une VI République.

Medly a analysé le programme de l’homme qui se veut être le candidat du peuple et qui vient d’obtenir ses 500 signatures, après une pression de la part des élus communistes.

Qu’économie rime avec écologie !

C’est ce que l’on peut retenir du programme très environnemental de Jean-Luc Mélenchon.
Le candidat veut mettre en place la transition énergique, afin que d’ici 2050, « 100 % de la production énergétique soit renouvelable ». Pour cela, il compte développer uniquement les énergies renouvelables en stoppant les usines charbonnées et en sortant du nucléaire. La fermeture de Fessenheim étant l’une de ses priorités.
Mais le candidat ne s’arrête pas là et fait part d’autres projets afin de protéger la planète et l’action humaine. Dans cette lignée, il promet d’instaurer une taxe afin de pénaliser les transports de longue distance. Selon lui, cela permettrait de relocaliser la production et favoriserait ainsi les circuits courts entre producteurs et consommateurs.

Il place l’agriculture au centre de la transition énergétique et prévoit une révolution pour ce secteur, en créant 300 000 postes supplémentaires. Par ailleurs, il souhaite stopper l’industrialisation de l’agriculture. Il illustre cette industrialisation en faisant référence au développement des fermes-usines, et notamment celle « au mille vaches » qu’il souhaite donc interdire. Enfin, il souhaite baisser la production de viande et favoriser la production de protéines végétales, dans l’espoir d’éradiquer la violence contre les animaux.

Il s’engage aussi à combattre l’obsolescence programmée, le sur-emballage, le gaspillage alimentaire, et à rendre obligatoire le recyclage et le compostage avec un seul but en tête : « une France zéro déchet ».

Medly vous propose également de visionner cette vidéo si la question vous intéresse. Celui-ci présente une partie du discours prononcé par Jean-Luc Mélenchon, le 11 janvier 2017, lors d’un déplacement au Mans. Le candidat rappelle alors les grands enjeux écologiques:

Une économie socialiste « classiquement » Mélenchoniste

Jean-Luc Mélenchon veut lancer une série de réformes sociales. Voici quelques unes de ses idées phares:
Sa première mesure consiste à revenir sur la politique de privatisation qui sévit depuis ces trente dernières années et plus précisément celle qui touche les aéroports ainsi que les autoroutes, dans le but de les re-nationaliser.
Il veut aussi mettre en place « un droit de réquisition » sur les entreprises ayant un intérêt pour l’État.
Toujours concernant les entreprises, le candidat veut aussi imposer une augmentation des droits de douanes aux États connus pour avoir peu de droits sociaux envers leur population.
Autre bête noire du dirigeant de la France insoumise: les paradis fiscaux, contre lesquels il souhaite à tout prix se battre.
Pour finir, il a pour projet de relancer les investissements de l’État de 100 milliards d’euros.

Dans le domaine du travail, Jean-Luc Mélenchon souhaite aussi mener d’importantes réformes en commençant par abroger la loi El Khomri (ou « loi travail ») qui a tant fait débat l’année dernière.
Baisser le temps de travail, et le ramener à 32 heure par semaine est aussi un des buts de ce dernier.
Le temps de travail, mais pas que! Les salaires, eux aussi, seront étudiés de près: la mise en place d’un salaire plafond pour les dirigeants d’entreprise et l’augmentation de 16 % du SMIC.

Renverser l’ordre international

Jean-Luc Mélenchon veut imposer la France et son indépendance en Europe, quitte à sortir de tous les traités européens signés. Pour le candidat insoumis, la législation nationale doit prévaloir sur la législation européenne, qui représente plus de la moitié de nos lois. De fait, il refuse la ratification de différents traités de libre-échange avec les États-Unis (le TAFTA) ou encore avec le Canada (le CETA). Si les négociations avec l’Union Européenne échouent, malgré qu’il veut faire peser le poids économique de la France (environ 18 % de l’économie européenne), il veut retirer les contributions françaises à l’Union européenne, ce qui représenterait 22 Milliards d’euros selon le candidat.
C’est le « plan B », sinon, il engagera la sortie de la France de l’Union européenne, en espérant qu’une dynamique de sortie des autres États se mettra en place. Et notamment ceux du Sud de l’Europe avec qui il veut former une « alliance altermondialiste ». Des États qui l’accompagneront dans sa sortie de l’Union européenne, mais également de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) et de toutes les alliances militaires (sauf l’Organisation des Nations-unies), du Fonds monétaire international et de la Banque Mondiale.

Ecoutez Jean-Luc Mélenchon, s’exprimer sur la question de l’Europe, au lendemain du Brexit:

« L’humain d’abord »

Jean-Luc Mélenchon veut améliorer les conditions de vie et le progrès humains à travers la santé, l’éducation et la culture.

Ainsi, la santé doit être accessible à tout le monde, et pour cela il veut que les soins de santé prescrits, dont les appareils dentaires, optiques et auditifs, voient leur prix baisser et soient, de plus, remboursés à 100 %.
Il propose la création d’un corps de médecins généralistes fonctionnaires rémunérés pendant leurs études pour combler les déserts médicaux. La mesure est néanmoins critiquée pour son coût.

L’éducation serait aussi le théâtre de grands changements. Il prévoit de donner accès au banc de l’école à tout le monde en assurant une gratuité complète de tous les services tels que les transports ou encore les restaurations scolaires. Il veut aussi augmenter le nombre d’enseignants et créer 60 000 postes tout en revalorisant leur salaire. La réforme du collège de Najat Vallaud Belkacem serait abrogée.
Dans l’idée de renforcer l’enseignement professionnel et supérieur, il souhaite faire passer la durée du bac pro à 4 ans, au lieu de 3 actuellement, et les bacheliers seront incités à continuer leur études dans le supérieur.
Pour remettre en cause la dualité entre grandes écoles et universités, il propose d’égaliser les subventions d’État par Université.

La culture a aussi sa place dans le programme de Jean-Luc Mélenchon. Il veut surtout augmenter les moyens des acteurs culturels, et ainsi monter le budget culturel de l’État à 1 % du PIB.

En finir avec la Ve République

C’est un projet qu’il portait déjà en 2012. Jean-Luc Mélenchon veut mettre fin à la Ve République et passer à la VIe. Il s’engage à ce que son mandat soit uniquement basé sur la mise en place de cette nouvelle République. Il a d’ailleurs une idée très précise de ce projet : formation d’une Assemblée Constituante, chargée de rédiger la nouvelle constitution qui sera ensuite présenter aux Français par référendum qui choisiront, ou non, de l’accepter.

L’objectif de la nouvelle constitution est de « balayer l’oligarchie ». Jean-Luc Mélenchon a déjà prévu différents points de cette constitution, et notamment la non-éligibilité à vie des condamnés pour corruption, la liberté de la justice et aussi la pénalisation du lobbyisme. Cette nouvelle constitution devrait permettre d’augmenter l’intervention du peuple avec, par exemple, le droit de vote désormais à 16 ans ; ou également l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne et le droit des citoyens de proposer une loi.

La VIe République donnerait plus de pouvoir, notamment exécutif, au Parlement, qui serait élu à la proportionnelle. Les pouvoirs du Président seront au contraire restreints. Les présidents de France Télévisions et Radio France seraient élus par le Parlement. Jean-Luc Mélenchon prévoit aussi la mise en place d’un service obligatoire pour les jeunes, hommes et femmes, de moins de 25 ans.

D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon a organisé, ce samedi 18 mars, une grande marche à Paris, en l’honneur de cette VIe République qu’il souhaite mettre en place. Il espère ainsi réunir encore plus de monde qu’en 2012 (120 000 personnes). Voici la vidéo de la France insoumise, appelant à se rassembler:

« Je m’appelle Mélenchon. Mon nom ne sert pas à faire des plaisanteries. »

En 1962, il arrive à Lons le Saunier, dans le Jura, en Franche Comté. Il a alors 11 ans et revient de Tanger, ville située au nord du Maroc.
Dans cette commune française, d’environ 18 000 habitants, il est connu comme le loup blanc ; cependant il ne s’y est jamais présenté. Il commence son engagement politique en 1968, à l’âge de 17 ans, dans le conflit social contre le Général de Gaulle. Il continuera son engagement politique pendant ses études de lettres et de philosophie à Besançon. C’est en 1977 qu’il rejoint pour la première fois un parti politique, le Parti socialiste, fondé par François Mitterrand. A partir de 1983, se succède différents mandats locaux mais c’est en 1988 qu’il prend la tête du parti socialiste de l’Essone. Cependant le summum de ses fonctions politiques se situe entre 2000 et 2002, pendant la seconde cohabitation menée par Lionel Jospin où il occupe un poste de ministre. Et en 2002 ce fut la grande claque : Lionel Jospin est battu au premier tour et c’est son ennemi idéologique, Jean-Marie Le Pen qui passe au second.

Après la présidentielle de 2002, le PS commence à se fragmenter. Jean-Luc Mélenchon s’est ensuite opposé en 2004 au projet de Constitution européenne, à l’encontre de la ligne imposée par son parti. Il va alors se mettre à dos la direction du parti après la victoire du « non » au référendum, soutenu par Jean-luc Mélenchon. Mais c’est seulement en 2008, qu’il choisit de quitter le PS et de lancer son propre mouvement : « le Front de Gauche ».

Il se présente pour la première fois en 2012 à la présidentielle. Pour cette seconde élection, il relance sa campagne et fait polémique en refusant de s’allier avec Benoit Hamon et de former un bloque de gauche face aux autres.

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