Arthaud, Asselineau, Lassalle… qui sont les « petits candidats » à la présidentielle ?

Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon… Les médias s’intéressent beaucoup, et légitimement, à ces candidats qui sont généralement crédités d’au minimum 10% des voix. Aujourd’hui sur Medly, nous allons nous intéresser à ceux que l’on appelle les « petits candidats ». Difficulté à obtenir les 500 parrainages d’élus requis, (très) faible couverture médiatique, maillage territorial presque inexistant… le quotidien d’une demi-douzaine de candidats dont nous allons vous exposer la démarche, le profil et les idées.


Nathalie Arthaud

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Déjà candidate en 2012 pour Lutte Ouvrière, elle avait obtenu 0.56% des suffrages, la plaçant en avant-dernière position avec un peu plus de 200 000 votes. Enseignante d’économie et gestion dans un lycée de Seine Saint Denis, elle avait succédé à Arlette Laguillier qui s’était présentée six fois aux élections présidentielles entre 1974 et 2007, record inégalé jusqu’ici. Lutte Ouvrière est l’unique parti d’extrême gauche trotskyste. Celui-ci est membre de l’Union Communiste Internationaliste (UCI), courant politique se revendiquant des écrits de Karl Marx, Rosa Luxemburg, Vladimir Lénine et Léon Trotski. Le parti reprend le jargon des révolutions russes de 1917, condamnant l’organisation capitaliste de la société, et plus généralement l’économie de marché et tout ce qui y attrait.

Se réclamant sur son site internet des « millions de travailleurs exploités », elle plaide pour une augmentation des salaires afin de porter le SMIC à 1800 euros net. Qualifiant Fillon de « l’ami des plus riches », Le Pen d’une « châtelaine de Saint-Cloud » ou encore Mélenchon de « marchand d’illusions », Nathalie Arthaud ne soigne pas ses mots à l’égard des ses éventuels adversaires. Au rang des propositions, l’interdiction des licenciements, l’augmentation et l’embauche de fonctionnaires dans le domaine médical et éducatif ou encore la suppression de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Elle dispose des 500 signatures.


Jacques Cheminade

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Cet énarque, diplômé d’HEC et ancien haut fonctionnaire cherche à se présenter aux élections présidentielles françaises depuis 1974. Désormais âgé de 75 ans, il est sur le point d’obtenir comme en 1995 et 2012, les 500 parrainages nécessaires pour se porter candidat. Il espère réaliser un meilleur score qu’aux deux élections présidentielles précédentes (85 000 voix, soit moins de 0.3%). Il a créé son propre parti, « Solidarité et progrès », en 1996.

Un candidat assez loufoque, dont les quelques propositions sont qualifiées ironiquement de « cheminaderies ». La plus emblématique est celle du projet d’industrialisation de la Lune et de la conquête de Mars, afin de créer un environnement viable pour l’homme. A cela se couple une remise en cause de l’euro, un retrait de l’OTAN et une profonde réforme du système financier international. Comme le souligne Slate, Cheminade avait précisément prophétisé la crise des subprimes dès 1995.


Philippe Poutou

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Au micro de France Info ce lundi 20 février, Olivier Besancenot, principal soutien de Philippe Poutou et ancien représentant de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) en 2002 et 2007, regrette la réforme des modalités de parrainages. Désormais, tout élu parrainant un candidat apparaîtra simultanément dans le journal officiel, ce qui peut conduire à de l’autocensure ou à des pressions politiques. Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, qui a remplacé la LCR en 2009) peine précisément à recueillir les parrainages requis (245 actuellement). Philippe Poutou s’était déjà présenté en 2012 et avait obtenu 1.15% des suffrages. Il est l’unique ouvrier, travaillant dans une usine Ford, candidat pour 2017.

La candidature anticapitaliste cherche à récupérer l’opposition massive qui s’est exprimée face à loi El Khomri visant à réformer le code du travail. Comme Nathalie Arthaud, Philippe Poutou propose l’interdiction des licenciements et l’augmentation du SMIC à 1700 euros net par mois. Il préconise le passage aux 32 heures et la suppression du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) mis en place par François Hollande. Par ailleurs, le NPA souhaite défendre les intérêts des migrants actuellement présents sur le territoire français et lutter contre « toutes les formes de discriminations ». Enfin, au niveau juridique, Philippe Poutou propose l’arrêt de l’État d’urgence, la légalisation du cannabis et le non-cumul des mandats dans la durée.


Alexandre Jardin

Le fondateur du mouvement « Bleu Blanc Zèbre » a présenté sa candidature à l’élection présidentielle en décembre 2016. Essentiellement connu en tant qu’écrivain, Alexandre Jardin souhaite porter la voix de la Société Civile et de ceux qui « font ». Proche de personnalités de la droite libérale selon Marianne, l’écrivain avait participé à un meeting d’Emmanuel Macron en juillet 2016, sans pour autant lui apporter son soutien politique.

Sur son site internet, une tribune intitulée « laissez-nous faire ! Nous avons déjà commencé » fait appel aux « citoyens bienveillant qui refusent la fatalité ». Plus globalement, même si Alexandre Jardin n’a pas formulé de programme précis, sa volonté est de rapprocher la décision politique des territoires, en attribuant plus de domaines de compétences aux collectivités territoriales et aux associations. Une plate-forme numérique devrait permettre aux citoyens de suggérer des points programmatiques supplémentaires. Il convient de noter que sa capacité d’obtenir les 500 signatures d’élus reste faible (64 actuellement).


Rama Yade

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A travers son mouvement « La France qui Ose », Rama Yade souhaite directement s’adresser au « peuple français ». Se revendiquant du gaullisme, l’organisation dispose de relais départementaux partout en France. Née au Sénégal puis naturalisée française, elle s’est engagée auprès de Nicolas Sarkozy en 2005 avant d’être nommée Secrétaire d’État chargée des Affaires étrangères puis Secrétaire d’État chargée des Sports. Après un remaniement au cours duquel elle n’est pas reconduite à ses fonctions, elle décide alors de s’engager auprès du Parti Radical puis de l’UDI. Après de multiples oppositions partisanes, elle se porte candidate indépendamment de l’UDI ou du Parti Radical dont elle est exclue fin 2015.

Rama Yade centre sa campagne sur trois thématiques. Tout d’abord la ruralité, avec notamment un plan national de couverture numérique et une TVA réduite pour les agriculteurs. Ensuite l’outre-mer, avec un large programme de rénovation urbaine portant sur 100 000 logements et la volonté de faire de ces départements « une vitrine technologique de la France en faveur des énergies renouvelables ». Enfin la mer, avec une modernisation des ports français et un soutien à la « nouvelle industrie de la mer » (biotechnologies, aquaculture…). Parallèlement, Rama Yade veut créer des « collèges d’élite », ouverts aux meilleurs élèves des écoles primaires et supprimer le RSI ainsi que le financement public des syndicats. Là encore, la candidate de « La France qui Ose » n’est pas certaine d’obtenir les signatures d’élus, il lui en manque 350.


François Asselineau

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Impossible de passer à coté des militants de l’Union Populaire Républicaine (UPR) sur les réseaux sociaux tels que YouTube, Twitter ou Facebook, au nombre de 16 000 d’après le site internet de François Asselineau. Ces derniers postent régulièrement des articles, liens et conférence de leur programme, quitte à « spammer » certains espaces de commentaires ou pages Wikipédia. Énarque et diplômé d’HEC, cet ancien haut fonctionnaire est passé par le RPF de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers, puis par l’UMP entre 2004 et 2006. Il exprime régulièrement des positions anti-américaines. Souverainiste et eurosceptique, il fonde son propre parti, l’UPR, en 2007, mais ne parvient pas à obtenir les signatures nécessaires pour l’élection présidentielle de 2012. Il a obtenu les 500 parrainages nécessaires.

Son programme de « Libération Nationale » reprend les principes du programme du Conseil national de la Résistance, édité en 1944 lors de la Libération. Afin de « défendre l’indépendance politique et économique de la nation française », l’UPR veut quitter l’Union Européenne, l’OTAN et la zone euro. Sur le plan institutionnel, Asselineau veut reconnaître le vote blanc, rétablir le crime de haute trahison du chef de l’État ou encore autoriser les référendums d’initiative populaire. Partisan d’un État fort, l’UPR plaide pour une nationalisation de TF1, France Télécoms, des réseaux autoroutiers et d’EDF notamment. Il souhaite enfin augmenter le SMIC à 1500 euros brut par mois et renforcer la protection sociale.


Jean Lassalle :

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Il est l’un des rares députés fils d’agriculteur. Il exerce actuellement son troisième mandat sur la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Figure locale, il est maire depuis près de 40 ans de la petite commune de Lourdios-Ichère, où il est né. Proche du centriste François Bayrou, il l’a soutenu lors des élections présidentielles de 2007 et de 2012, mais a décidé de voter pour Nicolas Sarkozy au second tour, à l’inverse de François Bayrou qui appela à l’élection de François Hollande. En 2006, il avait entamé une grève de la faim pour protester contre une délocalisation d’usine dans sa circonscription, avec succès. En 2013, il a effectué un tour de France de près de 5000 kilomètres pour aller à la rencontre des citoyens. En désaccord politique avec François Bayrou, Jean Lassalle a annoncé en mars 2016 sa candidature à l’élection présidentielle mais sa récente visite du président syrien Bachar El-Assad, avec d’autres parlementaires français, a suscité la polémique.

Jean Lassalle délivrera prochainement un entretien à Medly.


Il convient de signaler plusieurs autres candidatures : Charlotte Marchandise, investie par les primaires citoyennes, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur puis de la Défense sous Nicolas Sarkozy, ou encore Oscar Temaru, indépendantiste polynésien et Kamel Messaoudi pour l’union des démocrates musulmans français.

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