Et si la décroissance était la solution ?

Les pays industrialisés vivent une réelle course à la croissance économique. L’objectif d’augmenter son PIB est basé sur un principe : celui que le bonheur et le niveau de vie soient lié au revenu de chaque habitant. Depuis la crise économique de 2008, il semblerait que ce soit la panique puisque la croissance économique stagne et dépasse rarement les 1% en France, et dans d’autres pays qui connaissent la même situation. Ceux qui militent pour la décroissance vont jusqu’à dire qu’il s’agit d’assurer la survie de l’humanité. Cette économie a pour autant des limites selon ses détracteurs qui qualifient le mouvement d’ « utopiste ». Il y a 50 ans, un mouvement né et prône « la décroissance ». Le mouvement est d’abord mené par des scientifiques qui dans le même temps théorisaient les causes du réchauffement climatique.

La décroissance, notre unique chance ?

Il y a 50 ans, un mouvement né et prône « la décroissance ». Le mouvement est d’abord mené par des scientifiques qui dans le même temps théorisaient les causes du réchauffement climatique. L’idée d’une décroissance a émergé dans les années 1980. La charte de la décroissance a été rédigée par l’un des seuls journaux prônant cette économie, « La Décroissance ». Elle définit le concept comme une proposition de ne pas vivre moins, mais mieux avec moins de biens et plus de liens. Mais pour Vincent Liegey, Christophe Ondet, Stéphane Madelaine, Anisabel Veillot et Jérôme Cardinal, c’est à dire le collectif qui défend cette économie, la décroissance est avant tout «un slogan provocateur dont l’objectif est d’ouvrir un débat dans la société sur la nécessité de sortir de la religion de la Croissance». Une religion de la croissance car «une croissance infinie dans un monde fini n’est ni possible, ni souhaitable».

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Pour éviter les pénuries

Pour les partisans de la décroissance, la production a deux conséquences néfastes. D’abord la pollution, ensuite l’épuisement des ressources naturelles comme le pétrole, le sable, les forêts, le gaz, l’eau potable,… C’est ce second point qui pose problème dans le cadre où elles sont limitées alors que la population mondiale continue d’augmenter et avec elle, la demande en matières premières aussi.  Le collectif continue en disant que « nous nous heurtons aux limites physiques et environnementales de la planète (dérèglement climatique, chute de la biodiversité, raréfaction des énergies fossiles mais aussi des métaux, etc.)». Cet épuisements des ressources premières conduira à des pénuries d’abord, puis à des crises ensuite. Des crises qui 17028940_1147467415376383_1839120386_npourront être économiques (comme la crise de 29 aux USA), environnementales ou encore sociales et géopolitiques. L’ONU alarme également des risques du développement de ces crises à cause du réchauffement climatique. Ces crises mèneront jusqu’à l’extinction de l’humanité alarment les partisans de la décroissance qui sont même pour certains rassemblés en partis politique comme le PPLD (parti pour la décroissance) et le MOC (Mouvement des Objecteurs de Croissance).

Une solution : baisser la production

C’est le seul moyen pour les décroissants d’éviter le pire. Il s’agit de baisser progressivement, c’est-à-dire d’une année sur l’autre, la production d’un pays. Cette baisse de la production des usines aura forcément des répercutions sur l’économie. Une baisse de la production provoque une augmentation des prix. Cette augmentation fait baisser la rentabilité des entreprises qui vont chercher à préserver leur marge. De plus elles auront besoins de moins de main d’œuvre pour effectuer les tâches. Et pour cela, il est possible qu’elles fassent le choix de supprimer des emplois, ce qui augmente le chômage. Pas si on partage le temps de travail ce que soutiennent les partisans de la décroissance ! Sauf que les précédentes baisses du temps de travail font encore débat. Il est difficile d’imaginer de proposer une nouvelle baisse alors que divers candidats de la droite mènent campagne pour en finir avec les 35 heures.

Une transition vers de nouveaux modes de vie

Changer de modèle économique va forcément nous faire changer de mode de vie espèrent les décroissants. La décroissance serait un chamboulement culturel, et cela passerait par la réappropriation de la voie publique. Cela veut dire favoriser les transports en commun, le vélo, favoriser les jardins publics et communautaires. Retrouver un rapport humain entre les individus et reconstruire un lien social dans la société, en opposition à l’individualisme. L’économie de la décroissance consiste à penser « collectif » au lieu d’ « individuel ». Dans une économie collective et plus respectueuse de l’environnement, les décroissants veulent intégrer une troisième variable : celle de la monnaie locale. C’est un principe qui existe déjà dans certains pays et régions (de France aussi) et qui se développe. Le concept est de favoriser l’économie locale entre les producteurs et les consommateurs, c’est-à-dire à favoriser le circuit court. « Le but n’est pas seulement de soutenir les petits commerces ou producteurs locaux, il s’agit aussi de récréer une vie de quartier », souligne Anne-Cécile Ragot, directrice associée d’Alternatives et Alliances, une agence conseil en innovation sociétale.

«Nous sommes aujourd’hui enfermés, conditionnés dans la religion de l’économie, du toujours plus qui nous entraîne toujours plus vite droit dans le mur ! C’est une forme d’utopie irréaliste que d’attendre le retour d’une croissance durable et forte !» – Le Collectif

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La décroissance, un simple projet « d’utopistes »? 

Une révolution culturelle difficile

Dans une société où s’est vu se développée la consommation de masse et l’individualisme, quelle est la place de ce mode de vie collectif basé sur le suffisant ? Apparemment, la place n’est pas très grande…  Les décroissants appellent à changer de consommation et à la diminuer. C’est le contraire de ceux qui plaident pour cette société de consommation, seule « espoir pour vire comme il faut ». Pour cela il faudrait favoriser l’échange, le recyclage, l’occasion,. Mais la place de ce marché du « déjà utilisé » est taboue en France. Considéré comme « du vieux », de « l’usé », du « passé de mode », (alors que souvent ces vêtements sont de très bonnes qualités)… Et tout ce qui est tabou met souvent du temps à évoluer. En parallèle, pour adopter une telle économie notre société devrait devenir moins individualiste et plus solidaire selon les décroissants.

Des phénomènes sociaux qui bloquent le changement

D’autres facteurs qui limitent l’évolution vers des alternatives économiques sont les faits sociaux. Les individus ont un objectif généralement dans leur vie : être heureux, et que leurs proches le soient aussi. Sauf que la sociologie a montré que les changements sociétaux sont limités par ces derniers qui ont peur du déclassement social, de perdre un emploi, ou de ne plus être en mesure de rembourser leurs emprunts. Le déclassement social est selon Camille Peugny, le fait d’occuper un emploi similaire ou inférieur à celui du père avec pour autant un niveau d’étude égal, voir supérieur. Il est aujourd’hui dût à l’évolution de la structure des emplois qui n’a pas suivi celle des diplômes, marquée par la massification de l’enseignement supérieure. Ce phénomène fait des ravages au moral des individus. La peur de l’accident social, comme le licenciement, est un obstacle à la volonté de changement structurel des individus. Ne plus avoir d’emploi signifie être dans l’incapacité de payer des frais comme le remboursement de l’emprunt pour sa maison.

Une coopération internationale nécessaire

Les décroissants concèdent que pour réussir une décroissance, il faut une coopération et une solidarité internationale. Il semblerait injuste d’imposer aux pays encore en développement de stopper leur course à la croissance alors que leur population n’a pas encore accès à tous les besoins  primaires tel que l’eau, la santé, l’éducation, la sécurité,…
Il est indispensable également de mettre en place  une coopération internationale via l’adoption de règles communes comme par les quotas d’émission de CO2 qui limite la 17105500_1147465375376587_1225918016_npollution de l’air par les usines. Ces règles communes évitent à un Etat de perdre en compétitivité. Si un Etat accepte une règle contraignante, les autres états devraient le faire sinon l’Etat perdra en compétitivité et cela pourra être des conséquences  économiques pour ses entreprises, ses marchés, ses exportations,…

Or cette coopération internationale pour limiter la croissance, et voir se tourner vers la décroissance va s’opposer aux intérêts des différents pays. Aujourd’hui, les pays émergents et en développement connaissent pour certains une croissance fulgurante alors que les pays développés tournent au ralenti. Cette situation engendre une forte compétition entre les Etats, et une course à la croissance.

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