Désintox – Macron : l’homophobie «plus élevée en province qu’à Paris» ?

#MedlyDésintox : régulièrement, nous analyserons les propos énoncés par nos responsables politiques dans les matinales radios, les émissions de télévision ou encore les débats télévisés. Nous ne chercherons absolument pas à cibler un parti politique plus qu’un autre par souci de neutralité. Nous vous apporterons les outils pour décrypter les paroles des femmes et des hommes politiques, qui, intentionnellement ou non, désinforme parfois l’opinion.


Ce vendredi 24 février, nous avons écouté l’émission spéciale d’Emmanuel Macron, invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC/BFMTV. Candidat à l’élection présidentielle depuis novembre 2017, il dévoile également une partie de son projet économique dans Les Échos du jour.

Interrogé sur la polémique qu’il a provoqué au sujet de ses propos sur le Mariage Pour Tous, Emmanuel Macron affirme :

« L’un des principal combats, c’est la lutte contre l’homophobie ordinaire, cette lutte qui fait que tous les jours en France, et en particulier plus en province que à Paris, mais partout en France, des jeunes lorsqu’ils révèlent à leurs parents qu’ils sont homosexuels se retrouvent mis au banc de la famille, brutalisés dans leur lieu de travail, dans la rue, parce qu’ils sont homosexuels ».

Même si Emmanuel Macron nuance son propos, il suppose que « l’hétéro-normativité », le fait qu’être hétérosexuel soit une norme sociale, ainsi que l’homophobie, l’ensemble des actes agressifs à l’encontre des homosexuels en raison de leur orientation sexuelle, sont plus élevés en province qu’en région parisienne. Les statistiques qui portent sur ces sujets sont réalisées en grande partie par des associations de défense des droits des homosexuels, comme SOS-homophobie par exemple. Il n’existe pas d’organisme étatique, ce que regrette l’association, empêchant donc une documentation précise sur l’homophobie en France. Néanmoins, à la lecture des rapports annuels, on ne constate pas de surreprésentation statistique de la province sur la région parisienne. A l’inverse, 25 % des témoignages recensés et non-anonymisés en 2016 provenaient d’Île de France, qui représente seulement 18 % de la population française. Source : rapport de SOS-Homophobie pour l’année 2016.

Par ailleurs, Marianne Blidon, maître de conférence en sociologie et en démographie à Paris 1, « montre comment les lieux urbains sont implicitement prescriptifs d’une norme qui refuse aux couples lesbiens ou gais de se tenir par la main ou s’embrasser en public, toutes choses parfaitement acceptées pour les couples hétérosexuels. L’auteure révèle ainsi la dimension spatiale de la norme, ce qui l’amène à mesurer ses variations à différentes échelles territoriales (milieu rural, villes moyennes, quartiers périphériques ou centraux de grandes villes). Cela lui permet également de déconstruire l’idée que la « sortie du placard » des lesbiennes et gais se ferait d’une façon immuable de la campagne vers la ville ou de la périphérie vers un centre censé être plus accueillant. » Source : Yves Raibaud. Geographie de l’homophobie. Vox Geographi, 2011.

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