François Bayrou propose une alliance à Emmanuel Macron pour la présidentielle

François Bayrou a déclaré hier, mercredi 22 février, son ralliement à Emmanuel Macron depuis le siège parisien de son parti, le Mouvement Démocrate.


Cela faisait près de deux mois que François Bayrou laissait planer le doute sur sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Soutien du candidat Alain Juppé durant la primaire de la droite et du centre, François Bayrou avait tout misé sur le maire de Bordeaux, finalement éliminé. Il s’était d’ailleurs invité dans les débats de la primaire, bien malgré lui, devenant la cible principale de l’ancien chef de l’État, Nicolas Sarkozy. Ce dernier craignait une « alternance molle » en cas d’une présidence Juppé, illustrée par la présence éventuelle de Bayrou au sein de son gouvernement. Nicolas Sarkozy n’avait pas oublié l’entre-deux-tours de 2012 où François Bayrou avait provoqué la surprise en appelant à voter François Hollande contre le président sortant.

Après la surprise de la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, le ralliement de François Bayrou n’était pas d’office écarté. Qualifiant de « récessif » le programme de François Fillon, François Bayrou réclamait des « évolutions » sur les questions environnementales, européennes et sociales principalement. Fin décembre, le Canard Enchaîné dévoilait la possibilité d’un « accord secret » entre les deux hommes. Finalement, courant janvier, toute alliance est écartée, les fillonistes voyant de toute manière la candidature éventuelle de Bayrou comme un moyen d’affaiblir Emmanuel Macron, populaire chez les centristes. Les discussions avec les responsables de « En Marche » semblaient précisement être au point mort courant janvier.

Coup de théâtre hier après-midi. Pour exemple, Franz Olivier Giesbert, éditorialiste du Point, était lui même pris de court : il devait interviewer François Bayrou dans la foulée de sa déclaration mais n’avait absolument pas envisager l’hypothèse d’un ralliement.

« Jamais, dans les cinquante dernières années, la démocratie en France n’a connu une situation aussi décomposée » débute François Bayrou. « […] Cette situation nourrit le pire des risques : une flambée de l’extrême-droite, qui fait planer la menace d’un danger majeur et immédiat pour notre pays et pour l’Europe. Car en un seul scrutin, nous pouvons choisir l’échec de notre pays et la déchirure peut-être définitive de l’Union européenne » poursuit-il. Il ajoute : « […] Parce que le risque est immense, parce que les Français sont désorientés et souvent désespérés, j’ai décidé de faire à Emmanuel Macron une offre d’alliance. Je lui dis : le danger est trop grand, il faut changer les choses, et le faire d’urgence, unissons nos forces pour y parvenir ! C’est peut-être un geste d’abnégation, mais ce sera aussi je le crois un geste d’espoir pour notre pays. »

L’actuel maire de Pau et président du MoDem pose néanmoins plusieurs conditions à son ralliement. Tout d’abord, le fait de « recycler les pratiques antérieures » et de « lutter contre les conflits d’intérêt » ciblant implicitement François Fillon avec le « Penelope Gate » et ses conférences rémunérées pour Axa. Ensuite, une revalorisation de la rémunération du travail, conduite au sein d’une « politique d’unité ». Enfin, une réforme des modalités électives du parlement français. Dans un court communiqué publié quelques heures après la déclaration de François Bayrou, Emmanuel Macron accepte et affirme que « […] sa proposition d’alliance est la marque d’une fidélité sans faille aux valeurs qui fondent notre pacte social, de son attachement à la probité dans la vie politique, à la liberté au cœur du projet européen, mais aussi de son combat pour le centre en France et contre le parti Front national. »

Si au cours de la même journée, En Marche est rallié conjointement par François Bayrou et par François de Rugy, candidat écologiste à la primaire de la gauche, les défis restent de taille pour la présidentielle qui se tient dans moins de 60 jours. Emmanuel Macron n’a toujours pas publié l’intégralité de son programme et le Front National et Les Républicains qualifient ces ralliements « d’opportunistes ». Néanmoins, ce rebondissement dans la campagne présage l’après-2017 qui questionnera nécessairement une profonde recomposition politique. L’UDI et le MoDem à bout de souffle, ne présentant pas de prétendant à la présidentielle, pourront-ils continuer d’occuper le champ politique du centre ?

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