Quand les détenus s’évadent par la culture

Ces derniers jours, on a pu assister au succès naissant de Jeremy Meeks, ancien détenu qui a défilé pour Philippe Plein à la Fashion Week de New York. Bien qu’il soit un cas exceptionnel, l’accès à la culture est un élément essentiel du parcours d’insertion des personnes détenues.

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Crédits : Sud Ouest

En lien avec les structures culturelles des villes et des départements, et avec le soutien des services déconcentrés du ministère de la Culture et de la Communication, les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP) pilotent  une programmation d’activités adaptées à un public pris en charge en détention. Une série d’événements récents témoignent de cette implication dans divers domaines culturels et sportifs.

Les arts plastiques

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Crédits : babelio.com

Depuis 2009, le concours de bande dessinée Transmurailles -organisé par le Festival de la Bande Dessiné d’Angoulême- permet aux détenus de Charente de réaliser des planches de BD, et au gagnant d y être exposé.  Depuis trois ans, le nombre de participants est en constante augmentation, enregistrant cette année un record avec 105 détenus, l’idée va même jusqu’à séduire les autres maisons d’arrêt de métropole et d’outre mer.  La fierté des organisateurs repose sur Berthet One, premier primé dans l’histoire du concours. Suite à sa libération, il a poursuivi sa passion, et est devenu un auteur à succès dont le premier album « L’Evasion », inspiré de sa vie carcérale, s’est vendu à 10 000 exemplaires.  Il créa en 2013, l’association Makadam, qui intervient dans les prisons et vise à sensibiliser les personnes détenues sur les enjeux de la culture en détention.

La musique :

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Crédits : estrepublicain.fr

Au centre de détention d’Ecrouves -Meurthe-et-Moselle-, les artistes de la Compagnie L’Art ou l’Être et de l’association Des Tas De Raisons travaillent en collaboration avec les détenus volontaires, dans un projet qui mêle musique, mots et différentes formes d’illustrations : la création d’un livre/CD (qui sera intitulé « Artmur ») dont la sortie est prévue « en septembre prochain si tout va bien », précise Arnaud Cayuela, directeur artistique Des Tas De Raisons. Leur réalisation accompagnera celles réalisées dans les établissements de Montmédy, Saint-Mihiel et Maxeville. Une ébauche de la chanson est en ligne sur le site destasderaisons.org. Collaborer dans une création commune, c’est permettre aux détenus de retrouver de la confiance en soi, qui pourrait s’avérer être précieuse une fois dehors.

La lecture

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Crédits : youtube.com

«  En France, un tiers des détenus ont de graves problèmes scolaires, ils ont été en échec scolaire ; un détenu sur cinq a des difficultés à la lecture et un sur dix ne parle pas français. Quelque part, le crime qu’ils ont commis est lié à l’inculture » confie Xavier Duval- Stalla, avocat et écrivain, président de l’association Lire pour en sortir parrainée par le secours catholique. En 2014, elle a réussi à faire modifier le code de procédure pénale : si les détenus lisent des livres et font des fiches de lecture, on peut leur octroyer des remises de peine (ceci a été influencé par une initiative brésilienne de 2010, « Remboursement de sa dette par les livres »). De quoi soutenir ce que disait Victor Hugo « ouvrir une école, c’est fermer une prison ». Grâce à cette association, les livres sont réédités en plus gros caractères pour pallier le manque de lumière dans les cellules et des rencontres avec des auteurs en détention sont organisées. Elle a été, cette année, lauréat du programme La France s’engage, qui récompense les projets les plus innovants au service de la société.

Le sport

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Crédits : le-pays.fr

Récemment, une action originale a été organisée dans le cadre du projet « sport, santé et justice ». Six détenus de la maison d’arrêt de Bourges ont été invités au state du Prado pour y jouer au basket. Ils ont participé à des ateliers en compagnie de leur moniteur de sport mais aussi avec la capitaine des Tango, Paoline Salagnac. La journée a nécessité des mois de préparation, notamment dans l’attente d’une permission de sortie du juge d’application des peines, aux participants condamnés à des peines moyennes. Cette initiative est bien plus qu’un loisir, et a un but pédagogique : elle se trouve être un outil de réinsertion, qui, en confrontant les détenus à l’extérieur, les préparent à leur sortie prévue l’année prochaine.

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