Décodex, la fin du « bourrage de crâne »

Lancé par les décodeurs du journal Le Monde, il y a une semaine, Décodex semble être une révolution pour les internautes ! Grâce à cet outil, ils pourront vérifier la fiabilité des sites qu’ils consultent.

Un outil innovant 

Aujourd’hui, un blog, un compte sur un réseau social et en quelques secondes vous vous improvisez, journalistes ou photoreporters. Alors, parmi le flux abondant d’informations, les internautes peuvent rapidement tomber dans le piège de la « fake news », une façon amusante de parler de désinformation.
Au mois de décembre 2012, le Sénat adoptait ainsi un texte instaurant la création d’un délit d’entrave à l’IVG, constatant que parmi les sites les mieux référencés sur Google pour les termes « IVG », l’information pouvait être manipulée. Par exemple, le site ivg.net (toujours d’actualité), insiste sur des témoignages dramatiques pour servir les intérêts religieux de ses publicateurs.

Des sites internet spécialisés dans la détection de fausses informations existaient déjà auparavant dans les pays anglophones. Parmi les plus célèbres Snobes, Factcheck.org, Politifact…
En France, Le Monde, avec la création des Décodeurs en 2009 s’était déjà donné l’objectif de vérifier la fiabilité de l’information pour sensibiliser ses internautes. Force est de constater que son fonctionnement artisanal ne permettait d’analyser qu’une partie minime de la totalité des sites qui inondent internet, l’idée de Décodex est survenue !
Il s’agit d’un outil entièrement gratuit qui se décline sous trois formes : un site internet, une extension pour Firefox ou Chrome et un assistant virtuel dans la messagerie Facebook. Son utilisation est simple, il vous suffit de rentrer l’adresse du site en question, ou d’observer le pictogramme « D » changer de couleur pour savoir si vous vous trouvez sur un site fiable ou non. Le Monde prévient sur la perfectibilité de cet outil, qui pour l’instant ne répertorie que 600 sites mais qui pourra être amélioré par le signalement des internautes.

…ou une arme pour prendre le monopole de l’information ?

 

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Une question a toutefois été soulevée par bon nombre: sur quels critères le Monde se basent-ils pour juger de la fiabilité d’un site ? Comment faire confiance au journal qui est ici à la fois, juge et partie ?
A cela le Monde répond que le travail de décryptage, ne tient pas compte de la nature des positionnements politiques ou idéologiques des sites étudiés. Le seul critère est « le respect des règles journalistiques » (croisement des sources, vérification…).
« Cette question semble rejoindre notre mission première : informer les lecteurs et les aider à trier le vrai du faux. Nous ne prétendons pas avoir le monopole de la vérité mais nous faisons le constat qu’aujourd’hui, la plupart des acteurs concernés se cachent derrière leur petit doigt en particulier les grands réseaux sociaux. Si notre projet inspire d’autres initiatives, différentes et complémentaires, voire contradictoires, c’est tant mieux. »
Le journal par cette invention vise avant tout les adolescents, et va encore plus loin en proposant de faire intervenir des groupes de journalistes au sein des établissements scolaires. En attendant, des conseils illustrés pour vérifier une rumeur qui circule, savoir si un sondage est sérieux (utile pour les jours à venir !) ou encore reconnaître une théorie complotiste, sont disponibles sur lemonde.fr.

Un outil en phase de se généraliser

trumpviral

Un exemple juste ICI avec un article qui dément le fait que le Pape François ait accordé son soutien à Trump.

« Le Pape François qui soutient Donald Trump » ou « Hillary Clinton qui vend des armes à l’EI », ces articles mensongers ont pourtant été les plus partagés sur Facebook en 2016. La start up américaine a même été jusqu’à être accusée d’avoir influencée l’élection américaine. Elle s’était alors vu mettre en garde par la Commission Européenne, qui lui avait demander de prendre des mesures pour lutter contre la désinformation. Done ! A l’approche des élections présidentielles françaises, First Draft News et Google News Lab annonçaient il y’a quelques jours leur projet « CrossCheck ». Il s’agit d’un outil qui permettrait la collaboration de rédactions (dont Facebook et Le Monde ! ) pour l’identification et la vérification des contenus qui circulent en ligne. Le 17 février, ils déploieront un dispositif de signalement destiné aux internautes. Les liens seront transmis aux médias partenaires et si deux d’entre eux constatent une fausse information, un drapeau apparaîtra ainsi qu’une fenêtre d’alerte si l’article est partagé. Avec cela on sera assuré de ne pas être trompé par l’hologramme de Mélenchon semant la terreur dans Paris ! dixit le Gorafi.

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