Où en est l’économie iranienne à 4 mois de l’élection présidentielle ?

L’actuel président d’Iran, Hassan Rohani, voit se rapprocher la date de la prochaine élection présidentielle, le 19 mai 2017. L’éventualité d’une nouvelle candidature pour un deuxième mandat est en suspens. C’est au cours de ces quatre années de présidence que Hassan Rohani a vu de nombreuses sanctions économiques se lever progressivement. Cependant, certaines puissances économiques, comme les Etats-Unis, ont récemment préféré maintenir leurs sanctions unilatérales. Maintenant à quatre mois de l’élection présidentielle, quelle est la situation économique du pays ?

Ce sont trente années de sanctions strictes qu’a subi l’Iran. Il en subsiste encore en vigueur, mais les plus contraignantes pour le commerce international du pays ont été levées.

Le 14 Juillet 2015 a été signé l’Accord de Vienne en Autriche sur le nucléaire iranien par les « 5+1 » membres du siège de Sécurité de l’ONU, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Russie et la Chine. L’Iran ayant dissimulé ses activités nucléaires non-civiles, le but de ces sanctions ont été de faire renoncer cette puissance pétrolière à continuer leurs recherches dans le développement d’une arme nucléaire illégale. Elles consistaient en une limitation du taux d’enrichissement d’uranium et la production de plutonium, des composantes nécessaires à la réalisation de la bombe nucléaire. De plus, ces accords ont été signés dans le but de renforcer les inspections de sécurité atomique sur leur territoire sur une durée de 10 ans.

Le 16 Janvier 2016, l’AIEA, Agence Internationale de l’Energie Atomique, a constaté que l’Iran avait respecté ses engagements. Elle a donc décidé , avec le conseil de sécurité de l’ONU, que de nombreuses sanctions seraient levées progressivement, comme l’interdiction d’importer, d’acquérir, ou de transporter des produits pétrochimiques, ou l’interdiction du financement d’assurances de navires transportant du pétrole. De plus, les banques de l’Union Européennes pourront maintenant participer à des transactions avec l’Iran.

Cependant, le conseil de sécurité de l’ONU maintient qu’il remettra en place ces sanctions en cas de manquement de la part de l’Iran. Enfin, l’embargo sur les armes conventionnelles sera maintenu jusqu’en 2020 et celui sur les missiles balistiques jusqu’en 2023.

Le maintien des sanctions par les Etats-Unis

À la fin de son deuxième mandat, le 15 décembre 2016, le président des Etats-Unis Barack Obama a pris la décision de maintenir les sanctions américaines envers l’Iran sur une période de 10 ans supplémentaires. Voté favorablement en majorité par le Sénat, au dernier moment, le président n’a pas signé la décision prise. Malgré le retrait tardif et impromptu du président américain, la loi ayant été votée, elle sera tout de même maintenue. L’une de ces mesures sera d’empêcher les banques américaines de commercer avec l’Iran, une autre sera d’empêcher les banques internationales de faire des transactions en dollars , via les banques américaines, avec la puissance pétrolière. Or, les échanges commerciaux entre l’Union Européenne et l’Iran, ou d’autres parties du monde, se font principalement en dollars, ce qui empêcherait aux entreprises iraniennes d’investir à l’étranger, une source non-négligeable de recettes pour l’Etat et de développement de l’économie iranienne.

Les USA accusent l’Iran d’avoir soutenu des organisations terroristes au Moyen-Orient, telles que Hezbollah au Liban, et de ne pas respecter les principes des droits de l’homme. C’est pourquoi la première puissance économique mondiale a décidé d’adopter de nouvelles mesures restrictives pour l’Iran pour la prochaine décennie, qui porteront sur le secteur bancaire, la défense militaire et les énergies.

Conséquences économiques sur l’Iran

Sur la période 2014-2015, le taux de croissance économique était aux alentours de 4%, tandis que sur la période 2015-2016, le taux de croissance du PIB a été nul. En effet, les nombreuses sanctions, notamment appliquées sur les échanges commerciaux internationaux de l’Iran, ont largement contribué au ralentissement de l’activité économique du pays sur les deux dernières années. Les entreprises ont donc largement diminué leurs investissements, un réel fardeau pour l’économie iranienne. De plus, la baisse du prix du pétrole, pour cette superpuissance énergétique qui dispose de gisements non-négligeables sur lesquels elle repose une grande partie de ses recettes, n’a fait que contribuer à réduire le financement des entreprises et des banques du pays. En effet, l’Iran possède 9% des réserves de pétrole au monde, et en 2005, son exploitation avait rapporté au pays près de 70 milliards de dollars, soit environ 19% de son PNB. Ce chiffre a bien sûr diminué ces dernières années en raison des sanctions qui ont empêché les exportations de l’or noir. Cependant, avec la levée récente de ces mesures restrictives, l’économie iranienne pourra sûrement revoir à la hausse ses ressources financières issues de l’exploitation du pétrole.

Le 30 novembre 2016, les pays de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), en raison de la baisse très importante des cours du pétrole ces dernières années, ont décidé de prendre une décision très importante dans le but de faire remonter les prix du baril. Il faudrait que les pays membres de l’OPEP limitent leurs productions de pétrole. La quantité qui aurait été déterminée serait aux alentours de 33 millions de barils par jour. Cependant, l’Iran venant tout juste de se libérer de ses restrictions, notamment en matière d’exportations internationales, n’est pas d’accord avec cette décision. L’Arabie Saoudite, son plus grand concurrent, fait également pression contre cette mesure, si l’Iran ne prend pas part à cette réduction de la production. Les pays de l’OPEP sont toujours en négociations, et des solutions adaptées seront prises pour ces deux pays dans des situations particulières.

Selon le FMI, Fond Monétaire International, les objectifs économiques pour 2017 sont favorables grâce à la levée des multiples sanctions économiques en juillet dernier.

Leurs effets n’ont pas été immédiats, mais risques bien d’avoir des conséquences bénéfiques pour l’année qui arrive. La production pétrolière va augmenter et les importations et exportations internationales vont pouvoir enfin redynamiser le pays, ce qui sera sûrement un sujet de la campagne présidentielle à venir.

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