Benoit Hamon et les nouvelles technologies, « Je t’aime – Moi non plus »?

Ce matin et devant tous ses anciens concurrents, Benoit Hamon est investi par le parti socialiste pour être le candidat de gauche à l’élection présidentielle d’avril et mai prochain. Il s’est imposé face à Manuel Valls avec qui il a une vision économique assez opposée sur différents points. Revenu universel, transition énergétique et taxation des robots ont fait que Benoit Hamon s’est montré assez innovateur vis-à-vis du modèle économique français pendant la primaire de « la Belle Alliance ». Il a proposé une direction et a réussi à déranger, notamment à propos de la taxation des robots.

Applaudie par les uns, huée par d’autres, cette promesse de campagne fait sens dans un monde où depuis la révolution numérique, la robotique s’installe de plus en plus dans notre quotidien et dans les entreprises. D’ailleurs, qu’appelle-t-on « robot »? La définition officielle désigne un robot comme une machine pilotée par une intelligence artificielle qui le rend capable d’accomplir une série de tâches programmées. Mais pourquoi cette proposition est-elle tant décrier ? La volonté de Benoit Hamon de taxer les nouvelles technologues serait-elle un tremplin ou un frein pour l’économie ?

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La taxation des robots, un enjeu de société ?

Pour éviter les risques sociaux

Pour Benoit Hamon, la principale raison pour taxer les robots est la source de revenus que cela donnerait à l’Etat. Des revenus qui devraient permettre de financer les autres promesses du candidat Hamon, dont le revenu universel qui coûterait 45 milliards d’euros à sa mise en place puis environ 300 milliards dans sa version finale. L’argent récolté permettrait de financer la protection sociale également et en particulier le financement des retraites qui serait en danger. Selon lui, il y a un véritable enjeu. Le développement des robots dans les entreprises consiste d’abord à remplacer les emplois et les postes pas ou peu qualifiés. C’est-à-dire, que la perte d’emploi occasionnée diminue les cotisations sociales et ainsi les revenus de la Sécurité sociale. Pour éviter une baisse des allocations retraites, il propose de taxer la valeur ajoutée (la richesse créée) constituée par le travail des robots, aussi appelé le facteur capital. Le travail des ouvriers et employés est appelé lui le facteur travail (ou « labour »).

Une réflexion nourrissant les politiques

Jean-Luc Mélenchon suit cette analyse en allant même plus loin. Selon lui, les gains de productivité gagnés grâce à la robotisation ont été encore investi dans le facteur capital, et pas réservés pour le financement des retraites ou pour une augmentation des salaires. Cette thèse proposée par Benoit Hamon a aussi intéressé à Strasbourg. Le 17 janvier, au Parlement Européen a été déposé un compte-rendu sur la place des robots dans notre société. Mady Delvaux est la députée européenne qui a présidé la commission. Selon elle : “De plus en plus de domaines touchant nos vies quotidiennes sont concernés par la robotique. Pour faire face à cette réalité et garantir que les robots sont et restent au service de l’homme, nous avons besoin de créer de toute urgence un cadre juridique européen”. Dans ce rapport, on y propose la création d’une agence européenne qui garantirait l’aspect éthique, technique et réglementaire (par la taxation) de la robotisation croissante du siècle futuriste qu’est annoncé être le XXIème siècle.

La taxation des robots, un frein à l’économie ?

Une catastrophe pour les entreprises

Les détracteurs de cette initiative associent cette promesse à un frein pour l’économie. D’abord la mise en place de cette taxation augmenterait les charges pour les entreprises, ainsi que les cotisations et engendrait une baisse de la productivité des entreprises. Ce qui pousserait les entreprises à délocaliser, c’est-à-dire à aller s’installer dans un Etat qui propose moins de cotisations, qu’ils appellent souvent par ces détracteurs « charges », alors qu’une logique de relocalisation est doucement en train de se mettre en place. Bref, cette proposition est une atteinte à la compétitivité des entreprises françaises et ne serait qu’un moyen en plus pour l’Etat de percevoir des revenus du capital, en plus de ceux du travail.

Une idée vieille comme Rocard

De plus, les entrepreneurs considèrent que c’est une idée dépoussiérée qui remonte aux années 60, première époque de la peur du remplacement des humains par les machines. Ensuite cette idée a déjà été reprise par Rocard pour sa campagne et terrifier les ouvriers et les employés de se faire voler leur emplois par des intelligences artificielles. Selon le réseau Expert Network, extrêmement sceptique vis-à-vis de la mesure, le travail ne se raréfierait pas.

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Graphique tiré du réseau Expert Network, réalisé par l’INSEE, montrant l’évolution du nombre d’emplois occupés. En ordonnée, nombre d’emplois occupés (en millions). En abscisse, années. Cependant, ce graphique fournit des chiffres absolus, non en poucentage, et évoluent donc avec la croissance la population

Une atteinte aux valeurs

Les opposants au projet accusent aussi la mesure d’entraver certaines valeurs. Ils remettent en question la volonté européenne et de Benoit Hamon de déjà vouloir taxer la robotisation alors qu’elle n’est encore que peu développée. Cette mesure limiterait l’investissement en direction des nouvelles technologies, et ainsi freinerait le progrès technique.

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