Quels sont les objectifs économiques de Trump?

Les stratégies économiques que souhaite mettre en place le 45ème président des Etats-Unis semblent être des mesures drastiques qui, selon ses politiques, seront les plus bénéfiques pour l’économie américaine. Elles toucheront à tous les domaines : finance, santé, investissements, échanges internationaux… Mais elles n’auront qu’un seul et même objectif annoncé : favoriser l’économie américaine.

 

Un point d’honneur sur la fiscalité :

« Tax reform will make America great again »

Voilà le slogan glané par Donald Trump sur son site web ainsi qu’à ses nombreux meetings. Son premier objectif est de réformer la fiscalité tout comme son prédécesseur républicain Ronald Reagan (1981-1989). Le nouveau président des États-Unis a particulièrement insisté tout au long de sa campagne sur le problème de la fiscalité. Les impôts trop élevés, pour les ménages comme pour les entreprises, sont, selon lui, l’une des raisons de la situation économique instable du pays aujourd’hui.

Il souhaite dans un premier temps diminuer les impôts pour tous les ménages, et ce, sur une durée de 10 ans (allant au-delà de son mandat présidentiel de 4 ans). Il veut ainsi réduire les recettes d’imposition de 4 400 milliards de dollars sur la période, ce qui représente une diminution de 6% des recettes fiscales globales par an.

Les couples ayant un revenu annuel inférieur à 50 000 dollars (46 733,34 euros) se verront retirer totalement leurs obligations d’impôts sur le revenu. Cette réforme concerne près de 73 millions de ménages sur le territoire américain.

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Bâtiment de l’administration fiscale fédérale américaine

De plus, il souhaite favoriser les plus fortunés en supprimant les impôts sur la succession, qui concernent actuellement les foyers concentrant un patrimoine supérieur à 5 millions de dollars. Une autre mesure serait de supprimer les taxes foncières, c’est-à-dire sur les biens immobiliers.

Enfin, il veut restreindre les tranches d’imposition, en les faisant passer de 7 à 3. Ainsi, les taux d’imposition originellement appliqués aux 7 tranches de revenus ne se feront que sur 3 échelles. Une stratification fiscale réduite dans le but de diminuer les taux respectifs des ménages. En effet, l’impôt étant moins stratifié, il prend moins en compte les revenus des ménages en les rangeant dans  mêmes catégories alors qu’ils peuvent avoir des revenus très différents. Par conséquent, suivre une telle politique fiscale mènerait à favoriser les inégalités économiques entre les ménages.

Puis, cette restriction fiscale va également concerner les entreprises américaines. Les taux d’imposition vont passer de 35% (taux actuel) à 15% pour les entreprises souhaitant conserver leurs profits dans leurs entreprises se situant sur le continent américain. Car, selon lui, avec ces taux de fiscalité aussi élevés sur les bénéfices, les entreprises fuient à l’étranger pour gérer leurs profits. D’où le problème des paradis fiscaux soulevé par le nouveau président américain. Ces bénéfices concentrés à l’étranger représenteraient 2 500 milliards de dollars, soit 14% du PIB des États-Unis. Mais ces paradis fiscaux, situés principalement au Panama, au Guatemala, présentent des avantages fiscaux (offshore permettant le plus souvent de ne verser aucune fiscalités), et attirent de nombreuses multinationales telles que Apple ou Google.

Le but de Donald Trump est de rapatrier ces bénéfices sur le continent américain. Concernant les business dont les comptes sont conservés à l’étranger, il prévoit de faire revenir les profits des entreprises étant tenus en offshores pour un taux fiscal de 10%. Cependant, de nombreuses grandes entreprises ne sont pas prêtes à quitter leurs paradis fiscaux à ce prix.

Malgré ces mesures, il souhaite favoriser la recherche et le développement, mais également l’investissement.

Mais ces objectifs décisionnels devront être étudiés par le Congrès, majoritairement républicains, avant de rentrer officiellement en vigueur.

L’investissement dans le développement des infrastructures :

Entre 1990 et 2015, les dépenses d’investissement public des USA ont diminué de 40% : un constat que le nouveau président américain a mis au cœur d’un plan de développement des infrastructures. Dans son discours d’investiture, il présente ses projets d’aménagement : « supporter l’investissement dans les transports, l’eau potable, une grille d’électricité moderne et accessible, la télécommunication, les infrastructures de sécurité ». Il souhaite également aménager le territoire américain avec des infrastructures favorisant la mobilité : « routes, ponts, tunnels, aéroports, voies ferrées, ports et voies navigables et pipelines ».

Les recettes supplémentaires de l’État prévues par la baisse des impôt sur le revenu des ménages, qui générerait donc de la croissance, seraient estimées à près de 1 800 milliards de dollars.

De plus, il compte diminuer le nombre de fonctionnaires, et par conséquences de dépenses publiques de 800 milliards de dollars.

La question des sources budgétaires de Trump reste encore floue. Il prévoit de nombreux plans d’investissements et de nombreuses baisses d’impôts. Mais comment pourra-t-il concilier ces deux projets ambitieux ? Car il faudrait un taux de croissance annuel moyen de 3,5% sur dix ans alors qu’en 2014 ce taux s’élevait à 2,6%.

En attendant des réponses à cette question, il a présenté son but d’investir dans de nouvelles infrastructures. Il prévoit d’investir 1000 milliards de dollars dans de nouveaux aménagements sur tout le territoire, et compte favoriser la relance de l’industrie du charbon.

Sa politique « America’s Infrastructure First » ne prendra en compte aucune réglementation contribuant à la préservation de l’environnement, et est bien destinée à favoriser l’économie américaine, peu importe les conséquences écologiques. Les politiques climatiques sont pour lui un poids dont il souhaite se débarrasser afin de dynamiser l’économie du pays.

Une politique protectionniste : vers la fin des échanges internationaux ? 

Les autres mesures radicales que souhaite mettre en vigueur le néo-président américain devraient avoir de réels impacts sur le marché commercial international.

Premier point de son gouvernement : se retirer le d’Accord de Partenariat Trans Pacifique (TPP). Et c’est chose faite : Donald Trump a signé le lundi 23 Janvier la sortie des États-Unis de cet accord de libre échange. Cet accord qui n’a que tout juste qu’un an (signature le 4 Février 2016), vise à régler les échanges commerciaux entre de grandes puissances économiques mondiales. Étant qualifié de plus vaste accord de libre-échange au monde, il concerne 11 pays signataires, dont les États-Unis, le  Japon, le Mexique, le Canada ou encore l’Australie. Il représente 40% de l’économie mondiale, et traite de plusieurs points du commerce international : la suppression des droits de douane entre les pays membres, la préservation de l’environnement et des conditions de travail, ainsi que l’amélioration de la collaboration et de l’échange d’informations entre les pays. Il a également pour but de favoriser le développement de certains pays au travers de l’augmentation des échanges commerciaux sur le plan international.

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La deuxième ligne de mire du programme de Trump est de revoir les accords du NAFTA (ou ALENA), Accord de Libre-échange Nord-Américain, datant de 1994. Le but de cette organisation est de favoriser la compétitivité et d’augmenter les richesses des pays en ouvrant à l’international leur marché commercial. L’intention de Donald Trump est de favoriser les travailleurs américains. Selon lui, cet accord aurait détruit de nombreux emplois, et obligé la fermeture d’entreprises moins rentables, car il favorise la délocalisation des entreprises. Elles produisent plus à des coûts de main-d’œuvre plus avantageux en s’expatriant. Ainsi, les entreprises restées sur le continent américain peinent à suivre la cadence : elles produisent à des coûts de main-d’œuvre élevés, et donc vendent leurs produits à des prix importants. Alors, il existe une réelle concurrence entre ces deux types d’entreprises ; concurrence parfois trop dure à supporter pour certains commerces les obligeant à fermer. Trump prétend que les Américains ne « produisent plus rien », et que la participation à l’ALENA en serait la cause. Cependant, de nombreux économistes réfutent les accusations de Donald Trump, en rappelant que la productivité du travail aux États-Unis a largement augmenté depuis son ouverture au libre-échange. Il prétend que cet accord a contribuer à faire disparaitre le secteur manufacturier aux États-Unis, mais l’économiste canadien Mathieu Bédard explique au contraire que c’est plutôt l’innovation technologique massive des 10 dernières années qui en serait responsable. Si les négociations n’aboutissent pas, et les représentants de cette organisation sont non-coopératifs, Donald Trump menace même de quitter l’accord multinational.

Ainsi, les mesure concrètes du nouveau président consisteraient en augmenter les droits de douanes, de 45% pour les produits importés de Chine, et de 35% pour les biens de consommations mexicains.

Dérégulations financières :

Une nouvelle abrogation de loi : « Dodd-Franck », votée à 60 voix en 2010 sous le mandat de Barack Obama, portant les noms des deux sénateurs démocrates Christopher Dodd et Barney Franck.

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Lors de sa mise en application, elle a été qualifiée d’être « la plus vaste réforme du secteur financier américain jamais opérée depuis la Grande Dépression », autrement dit la crise des années 30.

La crise des subprimes, qui a ébranlé le monde entier en 2008, a donné une leçon au gouvernement américain alors en place, qui ne souhaitait en aucun cas subir à nouveau une chute financière d’une telle envergure. Le but de cette loi a donc été de créer des mesures de protection et de régulation des finances américaines. Cela se base une plus forte surveillance des banques, et des vérifications plus sérieuses concernant la solvabilité des clients auxquels est prêté de l’argent.

Or, selon les politiques adoptées par Trump, cet encadrement des banques financières du pays empêche l’emprunt, et il s’agirait d’un « fardeau énorme pour les banques ». Dans le courant économique keynésien, cette régulation du crédit entrainerait une diminution de l’emprunt des ménages, et donc de l’investissement du pays et de la consommation globale. Tous ces facteurs seraient alors source de ralentissement de la croissance, ce que reproche Trump à cette loi « Dodd-Franck ».

Son but serait donc de relancer la croissance en libérant de leurs « chaines » les banques de Wall Street. Il veut favoriser de nouvelles politiques moins restrictives pour les finances des États-Unis.

Objectif : la relance économique nationale

Le site web du nouveau président américain présente l’ensemble de ses constats et de ses visions personnelles selon lesquelles il voudrait réorienter le pays. L’un de ses objectifs concerne la croissance du PIB des États-Unis, qui était estimée en 2013 à 2,2% : « Boost growth to 3.5 percent per year on average, with the potential to reach a 4 percent growth rate » ; autrement dit, un objectif d’accélération de la croissance à 3,5% par an en moyenne, avec le potentiel d’atteindre un taux de croissance de 4%.

Toutes les stratégies économiques prônées par le nouveau président des États-Unis ne sont pour l’instant que des états de fait, et font encore l’objet de débats. Sa politique unilatérale viserait à ne se concentrer que sur les intérêts économiques de son pays. Il veut suivre en ligne directrice une politique économique de fond de relance par la demande qui viserait à favoriser la demande globale du pays pour relancer la croissance. Son plan de relance économique nationale se décompose en trois domaines : une augmentation de la consommation des ménages par la baisse de leurs impôts sur le revenu, une augmentation de l’investissement des entreprises sur le territoire américaine, et une augmentation des dépenses publiques, en particulier dans l’aménagement d’infrastructures. Cependant, Trump s’éloigne de ces idées keynésiennes en prônant la non-intervention de l’Etat dans l’économie du pays et donc se rapproche plus des idées de politique économique libérale.

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