De vives polémiques suite à l’arrivée au pouvoir du 45e président des Etats-Unis

Ce vendredi 20 janvier 2017, à Washington, a eu lieu la cérémonie d’investiture du 45e président des Etats-Unis. Donald Trump vient de prendre officiellement ses nouvelles fonctions et entame alors son mandat pour une durée de quatre ans. Cette cérémonie, qui a pour vocation de célébrer le nouveau président et illustrer la fierté d’une nation entière, a cependant eu une toute autre saveur cette fois-ci.

« Vous n’êtes pas l’Amérique! »
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8 novembre 2016. Les résultats tombent. Les chiffres sont là, le verdict est sans appel. Le républicain Donald Trump est élu 45e président des Etats-Unis face à la démocrate Hillary Clinton. Pour certains c’est une immense joie, pour d’autres une défaite difficilement nommable.

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Carte établie par Ouest France selon les résultats définitifs communiqués par le New York Times.

Dès le lendemain et dans les jours qui suivent le vote populaire (cf. encadré sur le mode de scrutin), des manifestations réunissant à chaque fois plusieurs milliers de personnes s’organisent dans plusieurs grandes villes tecapture-decran-2017-01-22-a-20-23-56lles que Los Angeles, New York, Baltimore, Chicago, Denver ou Dallas afin de protester contre l’élection de cet homme d’affaires qu’ils jugent comme illégitime pour gouverner leur pays.
Vu de France, cette mobilisation peut sembler peu importante, notamment pour un paysqui compte presque 325 millions d’habitants. Pourtant, une telle ampleur est inhabituelle aux États-Unis. L’historien Douglas G. Brinkley, interrogé par le New York Times, estime qu’il faudrait remonter à 1860, soit plus de 150 ans en arrière, pour retrouver des manifestations similaires à celles de novembre 2016.

À la suite du résultat, les Californiens ont même réitéré leur demande d’indépendance, exprimée depuis 2014. En effet, durant certaines manifestations, des drapeaux du nouveau président ont été brûlés, un symbole très fort, et l’on pouvait y entendre des phrases telles que « Pas mon président ! », « Pas d’Amérique raciste! » ou « Vous n’êtes pas l’Amérique ! Nous sommes l’Amérique ».

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Etudiants de Los Angeles qui défilent le 10 novembre contre Donald Trump. AFP

Le jour de son investiture, de nouvelles manifestations parfois violentes éclatent dans la capitale fédérale, Washington DC, conduisant à l’arrestation d’une centaine de personnes. Le lendemain, à l’occasion du premier jour de son mandat, une mobilisation exceptionnelle à l’initiative du collectif Women’s March (« Marche des femmes ») a rassemblé entre 2 et 3 millions de personnes dans 400 villes américaines et 70 pays, dont plus d’un million à Washington selon les estimations des organisateurs. S’il s’agissait originellement de dénoncer son mépris des femmes, de nombreux opposants à Donald Trump se sont déplacés pour dénoncer plus globalement l’ensemble de sa politique.

Donald Trump n’est pas le vainqueur légitime de l’élection, un argument fréquemment utilisé par ses détracteurs qui font référence au vote populaire. En effet, Hillary Clinton a remporté 2 millions de voix de plus mais le système de grands-électeurs donne bien la victoire au milliardaire.

Il y a quelques années, une telle chose aurait encore été impensable.

Une tendance au populisme

capture-decran-2017-01-22-a-17-43-17Le populisme a, depuis quelques années, entamé une ascension lente en Europe, touchant ainsi plusieurs Etats membres. Ce mouvement s’est véritablement accéléré depuis deux ans. Désormais, le populisme est grandement ancré dans le paysage politique de bon nombre de pays européens.

Preuve en est, l’élection présidentielle autrichienne qui s’est déroulée en décembre et qui a vu s’opposer l’écologiste Alexander Van der Bellen face au candidat du parti FPÖ, extrême-droite, Norbert Hofer. Quand bien même l’écologiste a remporté l’élection de justesse avec 53% des votes, il n’en reste pas moins que le scrutin était serré puisqu’il n’a recueilli que 30 000 voix de plus que son adversaire. L’Europe entière avait les yeux rivés sur l’Autriche et a reçu avec soulagement l’annonce de la victoire de M. Van der Bellen. Beaucoup de dirigeants européens se sont ainsi exprimés en public, comme M. Hollande qui a félicité le peuple autrichien pour avoir « avoir fait le choix de l’Europe et de l’ouverture ».

L’Autriche n’est pas le seul pays à avoir connu une telle situation. Ainsi, en Italie, le mouvement 5 étoiles continue de séduire et d’augmenter son nombre de partisans. Alors qu’il a été créé en 2009, celui-ci est dorénavant la deuxième force du pays et talonne de près le Parti démocrate. En Allemagne, l’AfD, parti d’extrême-droite continue de grossir ses troupes. Ce parti anti-migrants en vient même à faire de la concurrence au parti de la chancelière allemande, le CDU.

Mais le populisme ne s’arrête pas aux frontières européennes et cette tendance est bien à constater à l’échelle mondiale comme le prouve l’élection de Donald Trump. En effet, personnage aussi atypique qu’il fascine/inquiète, Donald Trump a su se faire une place de choix au sein des citoyens américains en s’employant à exploiter leurs inquiétudes, leurs peurs, afin de les mettre au cœur de son programme. Face à une mondialisation qui va trop vite et qui agite les esprits, quoi de mieux que de prôner le nationalisme et le protectionnisme ? Ou de vouloir mettre fin à certains traités ? Face à un flot de migration difficilement contrôlable, pourquoi ne pas ériger un mur entre le Mexique et les Etats-Unis afin de freiner la venue des migrants ? Toutes ses propositions sont autant de solutions qui apparaissent aux citoyens comme étant radicales mais nécessaires.
Un tout autre facteur est à prendre en compte si l’on veut bien comprendre pourquoi le populisme trouve autant d’oreilles attentives : une méfiance de plus en plus grande du peuple envers la politique, qui croit difficilement aux promesses faites lors des campagnes présidentielles et autre.
Notre époque connaît de nombreux bouleversements, et c’est bien le sentiment d’impuissance et d’incompréhension qui prend place et qui amène les citoyens à se tourner vers quelque chose de nouveau.

Ainsi le discours populiste devient de plus en plus courant et un véritable outil pour les hommes politiques qui cherchent à se faire entendre.

Un gouvernement qui inquiète

Le gouvernement nommé par Donald Trump n’est pas encore entré en fonction que sa légitimité est déjà remise en question.

Aux États-Unis, les membres du gouvernement ne sont pas des ministres mais des secrétaires dont la fonction est davantage de conseiller le Président que de diriger. Avant d’entrer en fonction, ils sont auditionnés par le Sénat. Leurs prestations lors de ces auditions ont donc été particulièrement scrutées et n’ont pas toujours séduites. Le HuffingtonPost juge par exemple le passage de Betsty Davos devant le Sénat comme « catastrophique ».

Le futur Secrétaire d’État (équivalent du Ministre des affaires étrangères) et ancien PDG de la société pétrolière et gazière ExxonMobil Rex Tillerson, et le prochain directeur de l’Agence de l’environnement, Scott Pruitt, climatosceptique confirmé, ont été interrogés sur le changement climatique sans donner de réponses jugées convaincantes ou sérieuses.

De nombreux secrétaires sont issus du monde de la finance et malgré leurs compétences dans leurs domaines respectifs, la moitié n’a embrassé aucune carrière politique et n’a aucune approche et recul sur les affaires publiques. Oui, chacun dispose de temps pour faire ses preuves mais seront-ils à la hauteur ?Avec Trump, un échiquier géopolitique qui se redessine ?

Avec Trump, un échiquier géopolitique qui se redessine?

La Russie, nouvel allié des Etats-Unis

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Doit-on s’attendre à la fin du bilatéralisme politique et militaire ? En effet, le rapprochement des Etats-Unis et de la Russie, nations ennemies serait une grande première et viendrait achever une guerre diplomatique de 70 ans. C’est très clairement la position assumée et revendiquée par le nouveau président des Etats-Unis qui ne cache pas aux yeux du monde son admiration pour le président russe, Vladimir Poutine.
En effet, M. Trump pourrait bien redéfinir la relation qui uni l’Amérique à la Russie. Alors qu’Obama a, le 29 décembre 2016 expulsé 35 diplomates russes soupçonnés d’avoir piraté le serveur du parti démocrate et d’avoir diffusé des donnés défavorables à Clinton, quelques jours avant son investiture M. Trump a annoncé vouloir revenir sur cette décision.

Chine, frein à l’économie américaine :

Au cours de sa campagne, M. Trump a sévèrement critiqué la dépendance économique des Etats-Unis envers la Chine. Il a même été jusqu’à menacer la Chine d’imposer des taxes sur les produits « made in China » à hauteur de 45%. Une lutte s’est alors installée depuis quelques jours entre le président américain et son homologue chinois, Xi Jinping. En faisant ces déclarations, Donald Trump choisit de rompre avec la politique américaine menée depuis des décennies en ce qui concerne la Chine. Par ce geste il essaye, selon Jean-Michel Quatrepoint journaliste et économiste de « rééquilibrer les échanges commerciaux » selon ses propos tenus lors d’une interview pour le Figaro. En effet, M. Trump vise à réduire les déficits commerciaux (le déficit se créé lorsque les importations sont supérieures aux exportations) qu’il a avec la Chine et qui s’élève actuellement à 370 milliards de dollars.

De nombreuses célébrités n’ont pas hésité à se porter leader d’un mouvement anti-trump. C’est le cas notamment de la célèbre actrice américaine Meryl Streep, on vous en parle dans la suite du dossier, ICI.

Nathan Leclerc, Océane Dodokolo, Julie Carrez

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