La réforme du collège, késako ?

Le collège est un passage très important pour l’élève car il y entre enfant et en ressort adolescent. L’enfant peut être perturbé par le fait d’avoir plusieurs professeurs, ou plusieurs salles de classe, mais le collège est aussi un endroit formidable ou professeurs et personnel administratif font tout pour aider ces futurs ados. Pour justement participer à cet accompagnement, le gouvernement a mis en place la Réforme des collèges.

Qu’est-ce que la réforme des collèges ?

Le 9 avril 2015 sont parues les premières informations à propos de la réforme des collèges. Dès le départ, cette réforme fut la cible de nombreuse critiques, et le Ministère a donc demandé au Conseil Supérieur des Programmes de reprendre le texte pendant l’été pour l’améliorer. Le 18 septembre 2015, la deuxième version est sortie, et la majorité des syndicats d’enseignants, qui représente 80% des professeurs, a à nouveau voté contre ces projets. Malgré des votes qui n’étaient pas toujours favorable, le Ministère a choisi de mettre en application les règles de l’État, et a donc décidé de faire appliquer la réforme des collèges dès la rentrée 2016.

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Qu’est ce que la réforme amène aux collégiens et à leurs professeurs ?

Le but de cette réforme est de faire mieux travailler les élèves en les encadrant plus. Par exemple, environ 4000 postes seront créés grâce à la réforme, pour pouvoir plus travailler en petits groupes afin de suivre chaque élève au mieux. La réforme renforce aussi l’enseignement des langues vivante : la LV1 est appliqué a partir du CP, et la LV2 depuis la 5e. Il faudra donc plus d’enseignants pour assurer ces cours supplémentaires, et donc de nouveaux postes seront créés. Les langues mortes comme le grec et le latin seront toujours enseignées de la 5e à la 3e pour les élèves qui le souhaitent, malgré tout ce qui a pu être dit à ce sujet. On parle aussi d’une plus grande autonomie laissée aux enseignants pour mieux accompagner les élèves, pour plus partager et redonner l’envie d’apprendre. Dans son discours, Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’éducation nationale nous fait part du manque d’envie, et de l’ennui générés par un programme trop disciplinaire : les élèves n’ont plus goût à l’effort et au travail. Grâce a cette réforme, les élèves seraient plus soutenus et donc retrouveraient l’envie de s’impliquer dans la vie du collège, et dans leur scolarité en général. Le plus gros changement concerne l’arrêt total des notes envisagé à long terme. Les élèves seraient évalués sur des compétences acquises ou pas, et les notes seraient définitivement enlevées, considérées comme accentuant l’échec scolaire des élèves. En effet, un élève qui travaille et ne reçoit pas de bonne note en retour peut facilement être découragé et arrêter de travailler. La réforme apporte aussi les EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaire) : c’est un engagement entre deux matières où les élèves devront travailler pour produire un travail final qui regroupera les deux disciplines.

« Les évaluations nationales et internationales sont sans appel : le collège aggrave la difficulté scolaire, particulièrement dans les disciplines fondamentales. Sans mettre en cause la compétence et l’engagement des enseignants[…] Il est monolithique dans son approche disciplinaire, suscitant parfois l’ennui, voire la perte du goût pour le travail et l’effort. Il est inadapté au développement des compétences indispensables à la future insertion des collégiens et peu efficace sur l’orientation et la lutte contre le décrochage. En définitive, le collège actuel est souvent peu motivant pour les élèves, anxiogène pour les parents et frustrant pour les professeurs, auxquels il ne laisse que peu d’autonomie. »

Najat Vallaud-Belkacem,
ministre de l’Éducation nationale.

Les aspects négatifs de la réforme

Il y a aussi quelques aspects négatifs, qui nous l’espérons pourront être revus dans le futur afin de faire en sorte que la réforme soit en perpétuelle évolution. Tout d’abord, le fait d’amener un nouveau programme, amène avec lui de nouveaux problèmes : par exemple en français et en histoire le jumelage chronologique qui existait auparavant disparaît avec la réforme. En français toujours on retrouve selon certains professeurs une perte de programme : il n’y a plus de cadrage précis dans les cours de littérature et de grammaire pendant tout le collège, ni de référence aux genres littéraires. Il y a un manque de clarté dans les programmes, et un emploi du temps qui risque d’être chargé pour les élèves et les professeurs. Dans certaines régions, les moyens pour faire appliquer cette réforme sont très faibles, et il y a un manque de professeurs, et de partage de temps et d’argent. Les professeurs ne sont pas des machines et le gouvernement, dans les régions éloignées de la France hexagonale, n’apporte aucun investissement pour avancer dans cette mise en place de la réforme, un manque de temps pour les EPI.

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J’ai eu l’occasion d’interviewer une CPE d’un collège Guyanais, où une grande majorité élèves sont en échec. Son avis sur cette réforme est mitigé :

« On essaye déjà de comprendre cette réforme, avant de pouvoir la mettre totalement en place. Parce qu’entre les textes et la mise en pratique, il y a toujours un décalage. Il faut essayer de l’adapter à chaque établissement, elle bouscule pas mal d’habitude »

Même le personnel administratif a du mal à comprendre et donc mettre en place la réforme, cela montre un manque de communication entre le gouvernement et les personnes censées mettre en pratique la réforme.

« Les élèves n’ont pas particulièrement été mis au courant des nouveaux principes que la réforme ajoute au collège. Ils ont étés informés par les médias mais l’Éducation nationale n’a pas vraiment prévu ce volet là. Il faut déjà que les enseignants s’approprient les nouveaux principes, pour le moment on a plus l’impression d’une désorganisation avant une réorganisation différente […] Le choix de la principale a été de garder la notation comme les années précédentes pour ne pas trop perturber les élèves mais par contre sur le bulletin apparaîtrons les compétences qui devraient être acquises dans chaque matière. »

Puis pour avoir un autre avis, d’un autre professeur sur un autre collège, j’ai interviewé un professeur de sport dans un collège moins en difficulté. Celui-ci est plus insatisfait de la reforme :

« La réforme ne va pas changer grand chose, c’est un peu un retour en arrière sur des choses qu’on a déjà faites auparavant, et qui n’ont pas fonctionné. On change quelques règles de fonctionnement mais pas assez pour que cela ait un impact sur le fonctionnement du collège. Le but est d’aider les élèves en difficulté mais la réforme va presque à contre sens de cet objectif. Elle se met en place doucement mais le problème est que chaque collège fait a sa manière, il n’y a pas de  règle définie à suivre pour appliquer la réforme, il y a un cadre mais qui est flou. On dirait qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion. […] Les élèves ont été mis au courant de la réforme, mais on les angoisses plus qu’autre chose, à cause du DNB (Diplôme National du Brevet), par exemple, qui ne va pas être le même. L’élève a à cœur de réussir son brevet mais nous professeurs, nous ne sommes pas capables de leur dire ce qu’il en est parce que les choses se mettent en place au fur et à mesure, et cela prends du temps. […] J’ai essayer de sensibiliser mes élèves à ce que peuvent être les nouvelles évaluations, qui changent un peu : avec les compétences, par exemple, pour réussir il ne faudra plus seulement être bon dans le sport pratiqué mais il faudra vraiment respecter les compétences demandées. En EPS ( éducation physique et sportive) les élèves pouvaient être un peu plus libres,  car on leur demandait juste d’être bons dans le sport, maintenant ont leur demande d’écouter les compétences a respecter, de suivre les consignes, alors que pour les élèves en difficulté, le sport était bénéfique. Maintenant ils doivent faire en sport ce qu’ils n’arrivaient déjà pas a faire dans d’autres matières. C’est pour ces raisons que je pense que la réforme n’aide pas les élèves en difficulté.[…] Il aurait fallu que le lycée suive avec une réforme car les élèves en difficultés sont redirigés vers des secondes générales et vont en première pro, ce qui prouve un manque de considération pour l’avenir de la société. Les élèves ne sont plus triés cas par cas mais ils sont tous rangés dans différents flux selon certains critères et sont mal orientés. On continue de noter les élèves mais on place aussi les compétences pour commencer à les habituer, les bulletins classiques sont passés de une page a huit grâce ou a cause des compétences : elles sont toutes expliqués une par une dans chaque matière. »

Professeurs, CPE et personnel administratif ont encore un peu de mal a se familiariser avec tous ces procédés nouveaux, mais nous ne sommes qu’au premier trimestre de l’année scolaire. Ils attendent donc de pied ferme des nouveautés dans cette réforme qui pourraient apporter l’aide nécessaire aux élèves en difficulté.

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