La fin de l’Etat Islamique?

La guerre qui oppose l’Etat Islamique (EI) et ses opposants (Coalition internationale, troupes armées locales et Damas) se déroule depuis l’auto-proclamation du califat le 28 juin 2014. Si, malgré les chiffres rendus publiques, le nombre de combattants en juin 2014 restait approximatif (20.000 à 31.500 hommes pour la CIA voire 100 000 pour Hisham al-Hashimi collaborateur du gouvernement irakien), les experts sont tous inanimés tant qu’à l’augmentation des effectifs. De nombreux jeunes radicalisés, familles et individus du monde entier ont rejoint l’EI dans le but de mener le « djihad » (ndlr : guerre sainte en arabe). Ses rapides balbutiements lui a permis à la fois une expansion de son territoire et une fulgurante montée en puissance. Cependant, la tendance semble s’inverser à mesure que bombardements incessants des alliés (ensuite des Russes), les attaques terrestres des forces locales et des défaites successives de l’organisation se multiplient.

La retraite militaire sur ses territoires

Depuis fin 2015, l’EI perd du terrain. Les territoires qui ont été conquis en Irak ainsi qu’en Syrie et qui était sous son joug s’étendaient fin 2014 sur 45 659 km2 soit sur un tiers de l’Irak et de la Syrie. En Novembre 2016, la superficie a été divisée par 2, de l’ordre de 28 000 km2. Les attaques aériennes successives de la coalition internationale depuis 2014 s’accompagnent les offensives terrestres de l’armée kurde (KDP) et irakienne ; sans compter l’intervention récente des Russes dans le combat qui a fait pencher la balance : unique soutien de Damas depuis 2015 dans son combat contre les rebelles syriens, la Russie a multiplié les bombardements aériens, facilité la reprise de Palmyre par l’armée syrienne en 2015 (ville qui concentre un patrimoine immense) et a contribué le rétrécissement du territoire occupé par l’EI en Syrie. Les forces locales ont progressivement récupéré les villes qui constituaient des pivots stratégiques (Fallouja en Irak récupéré par l’armée irakienne en juin 2016 ou bien Sinjar dans le Kurdistan Irakien).

La zone de contrôle de l’EI s’émiette de plus en plus (schéma montrant le rétrécissement du contrôle territorial de l’EI dans la large zone de Mossoul.)

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ei-evolution-territoire3 (Source : Le Monde)

Si les nombreuses défaites qu’a essuyés l’EI n’amorçaient pas, pour autant le début de la fin, la bataille de Mossoul, point culminant de cette guerre, semble sceller son triste sort.

La bataille de Mossoul annonce-t-elle le début de la fin ?

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La percée de l’armée irakienne dans la région de Mossoul par le nord-est (ndlr : 2ème ville  et dernier bastion de l’EI en Irak) semble annoncer un tournant fatidique de la guerre. La bataille a officiellement débuté le 17 octobre dernier et s’annonce longue. Après d’un mois et demi d’affront, l’avancée de l’armée irakienne et kurde stagne et se heurte à la résistance implacable des soldats de l’EI, qui, à la différence d’utiliser beaucoup d’artilleries lourdes (chars ect…), usent de voitures piégés, de snipers voire même de boucliers humains.

La reprise de cette ville annoncerait symboliquement la fin de l’EI en Irak car c’est dans cette ville qu’Abou Bakr Al-Baghdadi (chef de l’organisation) avait proclamé la création du « califat ».

Si la fin de l’EI donne lieu à des spéculations, il faut cependant attendre le sort de Raqqa, « capitale de l’EI» qu’il faudra suivre de très près.

L’EI touché en plein cœur

La propagande est la pièce maîtresse de l’EI, grâce à laquelle l’organisation promeut à la fois un cadre de vie où règnent religion et engagement et mais aussi un guerre spirituel et religieux sans merci contre les mécréants.

propagande

(tiré du New York Times, plus précisément d’une étude réalisée par des chercheurs de l’académie militaire de WestPoint)

Depuis près d’un an, les vidéos et images de propagande publiés l’EI ont été divisés par 4 et traduit l’effondrement progressif d’un système politique et idéologique.

L’organigramme de l’EI compte désormais quelques têtes manquantes. En effet, la disparition successive de ses grands cadres, tués par la coalition, (Wa’il Adil Hasan Salman Al-Fayad, ministre de la propagande, Abou Mohammed al-Adnani, numéro 2 de l’EI et porte-parole et Abou Mohamed el-Furqan, émir chargée des médias) provoque la désorganisation du groupe.

La fin d’EI entraînera-t-elle la fin du djihadisme ?

Sur le terrain, l’EI perd en puissance et en efficacité. Ce qui motive certains soldats à rentrer dans leurs pays d’origine car « déçus et dégoûtés de l’idéologie djihadiste », fuyant « le cadre trop strict » ou bien au contraire «motivés par des projets terroristes » pour reprendre les mots de Romain Caillet, auteur  du blog Jihadologie.

Si l’établissement définitif d’un « califat » s’avère maintenant impossible et qu’un sentiment de désillusion s’est installé dans le cœur de la plupart de ses soldats rapatriés, l’EI appelle toutefois à la poursuite du djihad dans le monde.

Les attaques djihadistes au Moyen-Orient, en Afrique en Asie et en Occident se répètent et sont de plus en plus meurtrières. Que ce soit l’œuvre d’un kamikaze ou bien d’un civil endoctriné, tout est permis. Rappelons que les multiples attentats et tueries de ces dernières années ont été perpétrés par des combattants ou groupes affiliés à l’EI.

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