D’où proviennent les ressources financières de Daech?

Leurs moyens financiers auraient été estimés à près de 2,6 milliards d’euros en 2015. Même s’ils ne détiennent pas de « comptes publics » et qu’à posteriori ces chiffres restent évasifs, l’organisation terroriste qui occupe la Syrie et l’Irak possède des sommes colossales pour financer leurs opérations. D’après l’historien et professeur à l’Institut d’Etudes Politiques en études Moyennes Orientales, Jean-Pierre Filiu, il s’agirait de « l’organisation terroriste la plus riche de l’histoire de l’Humanité ».

Les ressources fossiles représentent la moitié de leur budget total

            Les terres détenues par l’organisation islamique se trouvent dans des régions où les gisements de pétrole, de gaz ou encore de phosphate sont très importants. Le pétrole est l’énergie fossile qui leur fournit le plus d’argent avec près de 600 millions d’euros perçus en 2015, un chiffre en baisse par rapport à fin 2014 s’élevant à près de 1 milliards d’euros (Source : Centre d’Analyse du Terrorisme). L’auto-proclamé Etat Islamique détient des plateformes pétrolières et gazières sur tout son territoire, les plus importantes se trouvant à Rappa et Deir Az-Zor en Syrie. Il en détient une quinzaine en Syrie et une dizaine en Irak qu’il fait valoir pour en tirer des revenus. Ces gisements sont parfois même exploités « à même le sol », l’EI possédant des espaces favorables à un puisement direct. Ce pétrole est soit utilisé pour leur propre fonctionnement, ou bien il est vendu en Syrie à de grands hommes d’affaires sur le marché local où il peut fixer le prix du litre. Il se trouve donc dans une situation de monopole économique lui permettant d’en tirer de fortes sommes d’argent.

Le gaz est également une ressource naturelle lui procurant un très important revenu s’élevant à 350 millions d’euros en 2015.

Récemment, leurs recettes provenant de la vente du pétrole ont baissé : le prix du litre a été divisé par deux en 2015, notamment à cause des frappes aériennes qui ont détruit leurs moyens de productions et leurs raffineries.

Malgré tout, leur localisation avantageuse pour exploiter ces ressources fossiles leur procure un flux d’argent régulier qui s’élève à près de 3 millions d’euros par jour.          

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L’extorsion d’argent de la population sous la mainmise de Daech

Les taxes mises en place en Syrie et en Irak concernent les industries, le commerce et les banques, et ont donc un impact considérable sur les habitants auxquels est extorqué cet argent. Elles représentaient 12% de leur revenu total en 2014 contre 33% en 2015.

Ces prélèvements obligatoires opérés par l’EI portent sur la vie quotidienne des ménages : biens de consommation courante, les abonnements téléphoniques, les retraits d’argent, les salaires, les péages au Nord de l’Irak, etc… Les « impôts » représentent près de 10% des revenus des habitants, et l’argent détourné des salaires des fonctionnaires a fourni un montant de 281 millions d’euros en 2015. C’est en prenant le contrôle des secteurs financiers, et en particulier des banques de grandes villes, que Daech arrive à mettre en place toutes ces taxes alimentant largement leurs comptes, et contribuant en parallèle à l’augmentation de la précarité des habitants de ces régions.

Ces revenus concernent les taxes mais regroupent également toutes les redevances, amendes ou confiscations exercées sur les populations Syriennes et Irakiennes.

D’autres sources de revenus contribuant à leur financement : agriculture, trafic d’antiquités, donations…

            En plus de l’avantage de la détention de ressources fossiles sur leurs territoires, ils possèdent également des terres agricoles fertiles et favorables à la culture de blé et d’orge notamment. L’exploitation de ces deux céréales leur ont permis de récolter 200 millions d’euros en 2014 et 140 millions d’euros en 2015. L’argent issu de ce commerce provient de la vente de ces produits et des taxes agricoles sur les différents maillons de la chaine de production et de vente.

L’autre source de revenu alternative à toutes les autres est le trafic d’œuvres d’art. Issues du pillage des musées des villes conquises ou des différents monuments de territoires acquis, leur vente leur aurait rapporté 30 millions d’euros en 2015.

Enfin, contrairement à l’organisation terroriste Al Qaïda, les donations représentent une part marginale de leurs recettes totales. Leur fonctionnement est basé sur une indépendance financière qui ne les oblige pas à survivre avec des donations d’entrepreneurs ou de représentants religieux. Elles ne représentent que 3,2 % de leurs ressources financières totales.

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L’organisation islamique possède donc une pluralité de revenus leur permettant de bénéficier d’une autonomie financière qu’ils entretiennent et tentent d’étendre à l’internationale. Des mesures ont été récemment mises en place par le gouvernement français pour lutter contre le financement du terrorisme qui se basera sur « une action engagée au-delà des frontières ».

La suite du dossier ICI.

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