Nouvelle baisse du chômage constatée en octobre

Cela faisait longtemps que l’on avait pas vu de tels chiffres ! Après la baisse historique du chômage en septembre (66 000 demandeurs d’emplois en moins), le mois d’octobre a semblé vouloir suivre la même tendance: 11 700 personnes ne sont plus à la recherche d’un emploi.

C’est sans doute une période rêvée pour le Président qui n’attendait pas moins. Pôle Emploi indique après la diffusion des chiffres d’octobre 2016, qu’il reste au total 3 478 800 demandeurs d’emplois en catégories A sur ses listes métropole . Ici, les résultats d’outre-mer n’ont pas été pris en compte dans le calcul. Il est possible de connaitre néanmoins l’ensemble, métropole et départements d’outre-mer réunis. 2016 aura été l’année avec la plus grande baisse de demandeurs d’emplois depuis 20 ans : 101 300 personnes ne sont plus inscrites sur les listes, soit une baisse moyenne de « 10 200 personnes chaque mois » selon Myriam El Khomri.

Autre indicateur de ces résultats tendant vers une inversion de la courbe du chômage : le chômage des jeunes qui a également diminué. Les moins de 25 ans en catégorie A sont 7 400 à avoir quitté les listes de Pôle Emploi ce mois d’octobre. Cette année, cela représente une baisse de 8,2 % du chômage des jeunes en catégorie A. Selon Myriam El Khomri, ministre du Travail, «on est au niveau le plus bas depuis octobre 2011 ». Cependant, les résultats de la baisse des demandeurs d’emplois chez les moins de 25 ans sont très critiqués: pour certains, ils sont victimes du développement des emplois précaires, de stages, mal-considérés et mal-rémunérés.

Mais d’où provient cette baisse ?

Myriam El Khomri se réjouit de cette baisse qu’elle accrédite au « caractère structurel » de la reprise. C’est à dire grâce à «des mesures de soutien à l’activité et au développement de l’emploi mis en œuvre depuis 2012». Les premiers détracteurs du gouvernement analysent cette diminution d’inscrits en catégorie A dû à leur passage en catégorie D, via la formation de 500 000 demandeurs d’emplois. Le gouvernement refuse cette analyse en montrant que le nombre de demandeurs d’emplois en catégorie D stagne. Selon le Ministère du Travail, on peut expliquer cette diminution à un double effet: d’abord il y a moins d’entrée sur les listes (-5,5%) et ensuite il y a plus de sortie (+15,4%) dû à la reprise d’un emploi. Ce qui semble en cohérence par les publications de l’INSEE qui montre une augmentation de 2% du nombre de CDI, soit 21 000 de plus par rapport au trimestre dernier.

La confiance est également revenue en France selon Alexandre Delaigue, professeur d’économie à l’Université Lille-I: « Le chômage diminue un peu car la situation macroéconomique est meilleure. Les taux sont bas, la pétrole est moins cher, ce qui redonne du pouvoir d’achat aux ménages et remplit un peu les carnets de commande des entreprises ». C’est donc pour ce chercheur la demande qui impulse cette baisse du chômage et non pas l’offre, que le président a décidé de rendre plus flexible par ses différentes politiques.

 

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Est-ce vraiment une bonne nouvelle et la fin du tunnel ?

Même si le chômage a diminué pour le deuxième mois consécutif et qu’on comptabilise 3 478 800 sans-emplois en octobre, il reste encore supérieur à 2012 où on comptabilisait 2 992 800 demandeurs d’emplois en mai.

De plus, la baisse concerne surtout les chômeur en catégorie A et B (– 1,3% ). Mais la catégorie C continue d’augmenter avec une hausse de 0,2 point. La catégorie C concerne les demandeurs d’emplois qui sont à la recherche d’un travail en parallèle d’une activité qui leur prend plus de 78h par mois.

Si l’on regarde les chiffres des chômeurs de longue durée, c’est à dire les personnes sans emploi depuis plus d’un an, on constate même une hausse du chômage dans ces dernières catégories. Cette année, les chômeurs de la catégorie B de cette catégorie ont augmenté de 19 400 et de 55 500 pour la catégorie C.

Cependant, les manières de calculs varient en France. Pôle Emploi publie le nombre de personnes sans-emploi sur ses listes, et l’INSEE calcul le taux de chômage d’un État en reprenant les critères du BIT (Bureau International du Travail).

Pour calculer ce taux de chômage, l’INSEE réalise une enquête chaque trimestre pendant une semaine (on appellera cette semaine, la semaine de référence). Elle interroge 57 000 ménages, et 108 000 personnes de plus de 15 ans, pour savoir s’ils travaillent et si oui les modalités de ce travail. En 2012, sur les 40 Millions de personnes en âge de travailler, 28 millions occupaient un emploi lors de la semaine de référence. Ils sont appelés les « actifs » et s’opposent aux « inactifs » comme les retraités, les étudiants… Pour l’INSEE et le BIT, un chômeur est un actif qui recherche activement un emploi et qui est disponible dans les 15 jours pour occuper ce poste. L’INSEE ne prend pas en compte ce que l’on appelle les « sous-emplois », c’est à dire les emplois où la personne ne travaille que 78 heures par mois maximum.

Pôle Emploi publie chaque moi le nombre d’inscrits sur ses listes. Pôle Emploi différencie les demandeurs d’emplois en 5 catégories :

A

Demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi

B

Demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (i.e. de 78 heures ou moins au cours du mois)

C

Demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (i.e. plus de 78 heures au cours du mois)

D

Demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…), y compris les demandeurs d’emploi en convention de reclassement personnalisé (CRP) et en contrat de transition professionnelle (CTP), sans emploi

E

Demandeurs d’emploi non tenus de faire de actes positifs de recherche d’emploi, en emploi
(par exemple : bénéficiaires de contrats aidés)

Source : INSEE

Cependant, les économistes préfèrent les chiffres de l’INSEE, les jugeant plus fiables que ceux de Pôle Emploi. Selon Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision à l’OFCE, les statistiques de Pôle Emploi peuvent être rendus « artificels ». L’agence pourrait fausser sa méthodologie via le nettoyage de fichiers après la demande gouvernementale. Selon lui, cela pourrait s’ajouter à la tendance des chômeurs en fin de droit de ne pas actualiser leur situation et donc à sortir des listes; et des jeunes n’ayant pas encore travaillés à ne pas s’inscrire à l’agence. Le directeur du département analyse et prévention à l’OFCE préfère donc choisir l’INSEE. «Il a le mérite d’être plus stable et de permettre la comparaison dans le temps et l’espace avec les autres pays»

Pour autant, le chômage n’est pas une particularité française. Dans la zone euro, le chômage reste assez important en atteignant 8,6% en juin 2016. Contrairement à la France, le nombre de personnes sans-emploi a commencé a diminué vers 2013. Alors qu’il continuait à augmenter en France.

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En Allemagne, le chômage n’a jamais été aussi bas depuis la réunification du pays en 1991. Il atteint aujourd’hui 5,8 %. En octobre, le chômage a connu une baisse de 68 000 sans-emplois et s’établit aujourd’hui à 2,5 millions de chômeurs. « Conséquence de la reprise de cet automne, le chômage a significativement reculé, le nombre d’emplois a encore une fois augmenté et le besoin de main-d’œuvre a continué de croître » selon Frank-Jürgen Weise, le patron de l’Agence fédérale pour l’emploi. Cependant ces résultats sont extrêmement critiqués. L’Allemagne est connue pour avoir mis en place une politique de l’emploi sous Schröder qui a favorisé le développement des emplois précaires. En effet, un chômeur allemand ne peut refuser un emploi proposé par l’Agence fédéral de l’emploi, à moins de voir ses indemnités réduites de 10%. Un chômeur allemand perçoit 360€ d’indemnité par mois. En parallèle, ont été mis en place des mini-jobs ou autrement appelés des 1 euro-jobs, sans cotisation et donc sans assurance. Un employé avec un 1 euro-jobs gagne 450€ par mois – et n’est plus enregistré comme demandeur d’emploi. Si un chômeur refuse un 1 euro-jobs, alors ses indemnités lui sont retirées.

En Espagne, le chômage diagnostique la difficulté économique dans laquelle se trouve toujours le pays, il y a dans le pays un taux de chômage de 20,1 %.

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