Toyota se lance dans l’aventure de la voiture électrique

La place des voitures électriques est très largement méconnue. Innovation technologique en plein développement, elles sont souvent délaissées par les consommateurs au profit de véhicules hybrides, en raison de la faible autonomie qu’elles proposent. L’entrée de Toyota sur le marché du 100% électrique est l’occasion pour Medly de s’attarder plus longuement sur ce sujet qui aura nécessairement une place de plus en plus importante au fil des années.

 

Toyota arrive sur le marché

Après les premiers investissements fin 2010 de la part du groupe Renault-Nissan, pionner du domaine avec la « Zoé », après le lancement de la marque « I » de BMW et les investissements annoncés des groupes Peugeot-Dongfend, Mercedes, Volkswagen ou encore Ford, c’est au tour du japonnais Toyota de se lancer dans l’arène.

Toyota était déjà leader des véhicules hybrides (Yaris, Lexus…), avec près de 2/3 des ventes mondiales courant 2013, mais n’avait jamais franchi le cap de l’électrique. C’est chose faite désormais, avec l’annonce en novembre 2016 de la création d’une division dédiée au développement de la voiture électrique. Le constructeur nippon met en place ainsi une nouvelle structure indépendante, conglomérat des entreprises Toyota Industries Corporation, Toyota Motor Corporation, Aisin Seiki et Denso Corporation. D’après le magazine Auto-Plus, le premier modèle devrait voir le jour en 2020 et il s’agirait d’un SUV bénéficiant d’environ 300 kilomètres d’autonomie. C’est incontestablement une très bonne nouvelle pour le marché de la voiture électrique, qui reste encore à un stade embryonnaire.

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Lexus, membre du groupe Toyota

Un marché fortement contrasté

Les ventes mondiales de véhicules 100% électriques restent en effet très faibles. De l’ordre de moins de 1% des immatriculations totales annuelles, le marché peinait à écouler tout juste 100 000 unités en 2015. Par ailleurs, on constate une très forte diversité selon les continents. Le marché est quasi-inexistant en Afrique, en Océanie ou en Amérique latine. Il demeure insignifiant en Asie, situation qui devrait se modifier à la hausse en raison des investissements chinois et japonnais précédemment évoqués. Le marché américain se place au second rang mondial, avec 35000 immatriculations en 2015, encourageant des États comme la Californie à poursuivre leurs vastes campagnes d’incitations à l’achat de voitures non-émettrices de gaz à effets de serre.

Mais c’est le marché européen qui reste leader, avec une très forte dynamique en Norvège, et un important développement en France, qui était, jusqu’en 2015, le premier marché européen avec plus de 50 000 voitures électriques en circulation. Ces chiffres ne prennent pas en compte les commandes publiques ou de groupes privés, effectuées par exemple par la mairie de Paris pour son système AutoLib’ ou bien La Poste dans de nombreuses communes françaises.

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La Poste dispose de plusieurs milliers de véhicules électriques

Des consommateurs encore à convaincre

Ceci dit, ce sont des statistiques qui sont à mettre en perspective avec les autres catégories de véhicule. Et là, il reste encore du travail à faire, car les véhicules électriques en France ne représentaient que 0,5 % des ventes annuelles en 2015. Et ce malgré une vaste politique incitative mise en place par le ministère de l’écologie. Un particulier peut désormais bénéficier d’une remise pouvant atteindre 10 000€ pour l’achat d’une voiture électrique neuve.

Le principal frein à l’achat reste l’autonomie. Avec un réseau de bornes de recharge encore trop disparate, le consommateur ne pas peut être garanti de pouvoir utiliser son véhicule partout en France. Rares sont les modèles qui permettent d’utiliser son automobile plus de 300 kilomètres sans rechargement. L’usage est donc réservé à une conduite essentiellement urbaine ou périurbaine, comme dans des métropoles comme Paris, Lyon ou Bordeaux. Au-delà, des grandes aires urbaines ou des littoraux touristiques, le maillage territorial des bornes de recharge électrique reste inégal et épars. Les prix à l’achat restent élevés, entre 22 000 et 30 000€ pour une Renault Zoé, mais compréhensibles pour une technologie développée à si faible échelle.


Les consommateurs soucieux de réduire l’empreinte carbone de leurs déplacements préfèrent donc encore l’hybride. La hausse durable du prix pétrole, la mise en place d’infrastructures de recharge, la poursuite des politiques incitatives à l’achat, devraient permettre, à terme, d’accompagner et d’encourager un marché français et européen du véhicule électrique en constante progression.

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La Renault « Zoé »

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