PNL entre dans la légende

La sortie de leur nouvel album « Dans la légende », disque de platine en à peine deux semaines, marque un tournant dans l’industrie du rap français. Medly s’intéresse de plus près au phénomène PNL, icône des jeunes aujourd’hui.

Qui sont-ils ?

PNL, acronyme de Peace and Lovés (paix et argent), ce sont deux frangins bourrés de talent et de persévérance : Ademo et N.O.S, encore inconnus du grand public deux ans auparavant, au look improbable, cheveux lissés et sapes moulantes. Originaires de la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes avec un père dealer et une mère absente, rien ne prédestinait ces jeunes à une carrière aussi florissante. Un son éthéré, planant, aux lyrics mélancoliques accompagnées d’une instru lente et d’auto-thune créant une atmosphère unique, les deux rappeurs ont su imposer un style et un flow à part. Ils ont tout deux un style d’écriture distinct, une particularité propre : Ademo envoie des punchlines, il maîtrise le gimmick (cellule de quelques notes capables de capter l’oreille). Quant à N.O.S, il pose lentement avec plus de poésie : un duo qui se complète tels le Ying et le Yang. Leurs morceaux portent de grandes références aux dessins animés, aux jeux vidéo de leur enfance ainsi qu’aux mangas : Le Roi LionLe livre de la Jungle, Zelda ou encore Dragon Ball Z tout en évoquant leur vie de cité.

« Fuck vos interviews, j’aurai pu passer dans vos reportages de chiens »

Ademo et N.O.S ont toujours refusé les sollicitations et interviews des médias préférant laisser leurs clips et leur musique parler pour eux. Un silence qui contribue au mystère et au buzz suscité par le groupe, une absence médiatique se transforme alors en omniprésence. Une réelle fascination se créé autour des deux frères. Contrairement aux apparences, le deal et la drogue ne sont qu’un décor, la véritable thèse de leur discographie est belle et bien leur mal-être, leur haine dont N.O.S fait souvent référence « Ma haine éclaire les ténèbres« , « les larmes de la misère ont le goût de ma haine » ou encore « C’est bien plus lourd que le mot je t’aime, c’est bien plus lourd alors je t’haine« . Le groupe est classé numéro un par Les Inrocks.

« Dans la légende » : Un coup de maître

Après un premier album passé presque inaperçu, leur deuxième album « Le monde chico » s’installe dans le rap game mais n’est que l’avant garde de leur dernier succès, »Dans la légende » disque de platine en à peine deux semaines. C’est un exploit pour le groupe auto-produit, mais que vaut vraiment ce nouveau disque  ?

C’est un sans faute, aucun titre ne dénote, les morceaux s’enchaînent tout seul et on arrive étonnamment vite à la fin de l’album, tant il dégage une impression de fluidité. Nous y retrouvons des phases moins rappées, plus douces, une place plus importante est accordée aux refrains et même quelques morceaux dansants tels que « Bene » ou « Luz de Luna » font partie de l’album aux tendances assez sombres. Les rappeurs se livrent à travers leurs morceaux encore un peu plus, on en apprend sur leur passé, on entre dans leur monde où survivre est la priorité. Et c’est avec virtuosité qu’ils nous dépeignent cette violence. Ils peuvent se féliciter du travail accompli, leurs clips majestueux tournés aux quatre coins du monde font un carton auprès de leurs fans, le minimalisme, l’absence de femmes en petites tenues et l’audace sont salués de tous.

Le 15 septembre 2016 sort le clip du titre « Naha« , 3 millions de vues en 24 heures, première partie d’une trilogie de court-métrages. Il y environ deux semaines, le clip de « Onizuka » est en ligne. Loin du manga GTO d’où le morceau tire son nom, la deuxième partie est aussi prenante qu’un épisode de Game of Thrones. C’est une pure innovation, PNL explose les compteurs. Le succès est au rendez-vous et ne semble pas vouloir lâcher nos deux rappeurs.

Pourquoi PNL a-t-il percé ? Petite leçon de business

Nombres d’artistes pleins de talent ont encore du mal à voir la lumière. Le groupe PNL a su proposer quelque choses de différent, et créer un univers propre : la réussite n’est qu’une question de monopole. Il n’y a pas de recette du succès mais il y a bel et bien une contre-recette, celle d’imiter quelque chose qui a déjà était fait ou vu. Les rappeurs ont percé car ils ont été meilleurs que les autres sur trois points : de meilleurs clips, plus innovants graphiquement utilisant un stabilisateur, une production différente et un flow à part. Pour les détrôner, il ne suffira pas d’être plus compétant qu’eux sur un seul domaine, ce que beaucoup tentent de faire, en vain. De plus, PNL a su adopter « La recette du hérisson » thèse avancée par Jim Collins. Ils ont trouvé une méthode qui marchait bien et s’y sont tenus, il n’ont pas divergé en changeant de style pour faire le tube du moment, non, ils ont simplement attendu. Un groupe doit toujours passer par une période de flottement pour mieux réussir par la suite. Musicalement, statistiquement et médiatiquement, PNL s’est imposé et a su trouver sa place au sommet.

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