Les Monnaies Locales Complémentaires : un outil de solidarité en réponse à la crise ?

Aujourd’hui plus de 90% des transactions financières sont virtuelles, dites « scripturales », dont une grande partie statuant sur les marchés boursiers à des fins spéculatives. Mais depuis l’arrivée de l’Euro (en janvier 2002 pour les particuliers) et particulièrement depuis la crise de 2008, les « Monnaies Locales Complémentaires » sont en plein essor, notamment en Europe. C’est un projet qui s’inscrit dans l’économie « sociale et solidaire »

Aussi appelée monnaie citoyenne ou monnaie sociale, une monnaie locale complémentaire (MLC) circule uniquement sur un territoire défini, limité à un ensemble de communes, une ville, ou parfois même seulement un quartier. La notion de complémentarité est importante. Ce n’est pas une monnaie qui cherche à remplacer l’euro, mais plutôt une alternative : un complément. Il est impossible de spéculer, d’épargner ou de placer en banque une monnaie locale. En effet, celle-ci sert uniquement à la consommation, dans l’économie dite «  réelle ».


L’objectif est le suivant : stimuler la richesse créée par un territoire et la ramener à ses concitoyens, tout en portant une visée sociale, écologique et durable. Le but, à échelle locale, est de réintroduire des échanges réels en utilisant une monnaie uniquement dédiée à la consommation « physique » et de refuser tout forme de spéculation, jugée néfaste c’est pour cela qu’on ne peut pas épargner en banque sa monnaie locale.

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Il existe actuellement une trentaine de monnaies locales complémentaires en France et en circulation. Elles sont en plein essor : de multiples projets, dans de nombreux départements français, sont également en cours de développement. Cet engouement est particulièrement notable en sud de France et en Bretagne.

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Pour utiliser cet outil pour le moins innovant, un pré-requis majeur est commun à toutes les différentes monnaies locales complémentaires en France : l’individu qui souhaite l’utiliser doit-être membre de l’association qui a mis en place cette MLC. Une fois l’individu adhérent de l’association (pour une somme d’une dizaine d’euros par an environ), il peut échanger ses billets courants contre des billets en monnaie locale. Le taux de change est très souvent fixe a 1€ = 1 MLC, pour en simplifier l’usage. Par conséquent, le taux de change étant fixe, la monnaie locale n’est pas surévaluée, ni sous-évaluée : elle possède la même inflation que l’euro. Le niveau de conversion d’euros en monnaie locale n’est pas plafonnée, ceci dit, il n’excède que rarement les cent euros.

L’échange se fait sur plusieurs lieux : soit directement dans des « comptoirs d’échanges », au sein même d’un commerce l’utilisant, soit au siège de l’association. Dans la plus grande partie des cas, le consommateur ne peut pas re-échanger ses MLC contre des euros, afin d’inciter à la consommation.

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Cet engouement citoyen, cherchant à se réapproprier cet outil économique du quotidien qu’est la monnaie, va dans le sens d’une vision durable et plus éthique de notre économie. A l’heure de la spéculation massive, de la surconsommation, du gaspillage, de la crise de nos agriculteurs, du recul de notre artisanat au profit des produits importés d’Asie, d’Amérique Latine… cet outil, certainement imparfait, incomplet, présente tout de même un début de solution.

Une solution au niveau économique :

Le Produit Intérieur Brut local est maintenu au sein de son territoire d’origine. Les producteurs et les commerçants locaux voient leur travail reconnu, mis en valeur et davantage sollicité. Ils s’intégrent au sein d’un réseau solidaire. Les particuliers consomment plus intelligemment et plus local.

• Une solution au niveau social :

Les MLC valorisent le patrimoine culturel de leur région, dont la langue. La volonté finale des monnaies locales complémentaires, impulsées par des associations, est de mettre en place une véritable « cohésion sociale » entre riches et pauvres, producteurs et consommateurs…

• Une solution au niveau environnemental :

A travers un réseau de proximité s’inscrivant souvent dans une optique d’alimentation saine et biologique, et favorisant de fait les circuits courts, les Monnaies Locales apportent une réponse a la problématique climatique du XXIe siècle. La nature est respectée tout au long des échanges.

Ces initiatives populaires, s’inscrivant dans un climat de crise, permettent de redonner un nouveau souffle durable et éthique a notre vision du capitalisme. Réintroduire de la solidarité, de la cohésion sociale et prochainement davantage de mixité sociale, constituent la base de nos échanges de demain, dans un monde toujours plus mondialisé.

Pour résumer la visée de ce vaste projet en une phrase, nous dirions que : « la volonté est d’utiliser la monnaie comme un outil de solidarité et non un outil de supériorité. »


La prochaine étape est celle de la communication ; le grand public doit mieux connaître l’existence de cette alternative et être sensibilisé à ses visées. De plus, aujourd’hui, ces initiatives se retrouvent au cœur d’un climat très « eurosceptique » , visant à designer l’euro comme la source de tous nos problèmes économiques, et préconisant un retour au franc : la monnaie locale complémentaire serait peut-être un remède efficace à cette crise économique majeure, si l’Etat et les collectivités territoriales décident de favoriser davantage son développement.

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