« Ne te promène pas toute seule le soir… »

Avez-vous déjà entendu ça mesdemoiselles?

Selon une récente enquête menée par le Gallup,  seulement 51 % des françaises se sentent en sécurité lorsqu’elles sortent seules le soir. Et, faute d’avoir un petit ami boxeur ou un garde du corps, notre meilleur allié c’est parfois nous même.

La self défense semble être une bonne alternative.  Loin d’être une nouveauté, elle puise  le plus souvent ses racines dans d’anciennes disciplines martiales comme le ju-jitsu, le karaté, le viet vo dao ou plus récemment comme le judo, le kapap, le krav maga…  Son nom est une appellation générique, il est impossible de l’enfermer dans un style unique.

A l’origine de ces arts martiaux, il y’avait déjà des peuples opprimés qui ont appris à se défendre en observant notamment les animaux dans le kung fu de Shaolin ou en détournant l’usage premier d’outils comme le nunshaku à Okinawa qui servait à l’origine à battre le riz. Par la suite, on a codifié et raccourci certains aspects qui ne convenaient plus aux combats de plus en plus évolués.

Son caractère universel a permis à l’armée, aux forces de l’ordre tout comme aux civils de s’en inspirer.

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@L’express

INTERVIEW

Notre journaliste, Julie Ménard, a rencontré David Belair fondateur d’une école de Self Défense et de Sécurité Personnelle,  à Angoulême :

Pourquoi avoir choisi le nom « école de la Mangouste Blanche » ?

« La mangouste, c’est un animal solidaire, qui protège sa famille, et courageux, elle peut vaincre un cobra ! Le fait d’être petit et de vaincre un ennemi qui soit supérieur par le mal qu’il inspire convenait parfaitement pour la self défense. Blanche c’était pour le panache de Cyrano de Bergerac.

Il faut garder à l’esprit que l’on peut toujours tomber sur plus fort que soi, même après s’être beaucoup entraîné. Le plus important ce n’est pas la vie que l’on peut sauver mais notre honneur.

C’est le symbole de mon école ! Il n’y a pas de miracle, on va tout faire pour sortir indemne de l’agression, mais on peut perdre, on peut être battu, on peut être violée … La différence fondamentale est le fait que si je me suis préparé en suivant des cours de self défense mon retour à la vie sera plus facile car je me serai préparé à perdre et je saurai que l’ on ne m’aura pas pris le plus important : mon honneur. C’est la seule chose que l’on ne peut pas nous prendre l’honneur d’être droit, juste, honnête, même dans la défaite »

Quel art martial faîtes vous pratiquer à vos élèves ?

 « Le krav maga. C’est un système militaire, mise en place par l’armée israélienne,  pendant la guerre des années 40. Il consiste à se servir de ses instincts naturels de défense. Si je veux vous étrangler (il simule le geste), qu’est-ce que vous allez faire ? (je repousse ses mains) Voilà ! on va vouloir se libérer »

Avec l’effet de surprise, on n’a pas le temps de réfléchir donc quoi de plus fort que de travailler un geste qui est déjà naturel ! »

Qu’est ce qui vous a motivé à créer cette école ?

« Ce n’était pas mon projet de départ, je pensais développer mes activités artistiques  et faute d’avoir rencontré des artistes, j’ai commencé à donner des cours à mes amis, par passion. Je ne trouvais pas de travail, je tournais en rond alors j’ai commencé à construire des programmes […]

Je voulais partager mon expérience parce que j’ai vu la violence très tôt, j’ai été un adolescent dans la rue, j’ai su ce que c’était les coups et dans ma famille, malheureusement, la violence conjugale […]  Je voulais aussi aider tous ces jeunes ados en proie aux bandes de lâches et toutes ces femmes sans défense en proie à des hommes égarés et leur donner au moins une chance  […]

Il y’a des gens qui on comprit que l’intelligence, la ruse et la technique était plus forte que la force physique. La magie des arts martiaux ce n’est pas des mecs qui se tapent dessus à se mettre en sang, c’est une petite fille qui fait valdinguer un mec de 50kg de plus qu’elle.  J’ai découvert cette magie et je voulu la transmettre au gens. Dès que j’ai commencé à faire de la pub, des personnes se sont présentées. J’ai l’impression d’avoir forcé un besoin qui était réel »

La self défense révèle un manque de la société ?

« Est-ce que les femmes ne sont pas victimes parce que les hommes le veulent ? Si elles avaient autant de pouvoir que les hommes, si chaque femme savait se défendre comme un homme le sait, chacun réfléchirait à ses actes. La self défense ça devrait être enseigné dans les écoles. Une autre de mes batailles fondamentale : c’est le harcèlement scolaire.

L’adolescence, c’est la plus belle période, alors évidemment on a bien des idées morbides à cet âge là, mais il y a les petites amies, les copains, les premières fêtes, les interdits, les sorties aux crépuscules, les mobylettes. Quand j’entends des parents qui disent « pourvu que ça n’arrive pas au mien… »

Quels sont vos objectifs ?

« C’est clair, ce n’est pas pour me faire des sous à outrance, avoir 500 ou 1000 élèves.  Mon but c’est d’aider les gens à être en paix avec eux même, à avoir plus confiance en eux. « 

En quoi la confiance en soi est importante?

 « Pour moi avant d’apprendre à se défendre, il faut apprendre à se défendre de soi –même. Quand on s’interroge sur soi, on s’interroge sur les autres, ça nous permet d’identifier le mal, choisir le bien »

Comment agissez contre le harcèlement des femmes ?

« Les premières choses que l’on apprend, c’est la garde et son environnement, c’est-à-dire que personne n’a à rentrer dans votre intimité,  parfois elles n’y ont jamais pensé. Par exemple si je me mets ici  (il s’assoit très près de notre journaliste qui sourit de manière génée)

Voilà ! Vous réagissez comme ceci parce qu’ici c’est votre zone intime, il n’y a que votre petit ami qui y va, votre maman, votre grand-mère, votre meilleure copine, et c’est tout. Personne d’autre n’a à y entrer.  Une fois que l’on sait ça, on est conscient des limites.

Ce que vous leur enseignez, est-ce aussi facilement applicable dans la réalité ?

« Non tout est différent, je prends toujours l’exemple du plus dangereux : un grand baraqué de deux mètres.

Mon maître disait « quelque soit le danger, il faut que je m’en sorte ».

C’est cet esprit qu’il faut avoir  : il est plus grand que moi mais il faut que je gagne quand même.

Je lisais ce matin,  « N’oubliez pas que l’agresseur aime les proies faciles » ça c’est un conseil en or. Il veut que ce soit facile et rapide donc il faut faire tout l’inverse :

il faut qu’il comprenne que ça ne sera pas facile déjà par l’attitude, la manière de se poster, le regard.

C’est comme dans la nature, le lion va tout de suite sur la biche par contre quand il voit la maman rhinocéros ce n’est pas le même deal. Le mental c’est déjà 50% du boulot»

Qu’en dit la loi ?

« La loi est très claire, elle fonctionne à la proportionnelle, je dois répondre simultanément et avec la même amplitude ».

Le self défense en un mot ?

« Gardien. C’est se protéger, il faut garder son esprit, rester soit même et aussi conserver son intimité. La maxime de mon école :

Préserver son intégrité n’est pas une option, c’est une nécessité

Nous avons vu que certaines femmes étaient victimes de violences conjugales, de harcèlement dans la rue, mais qu’en est-il du harcèlement au travail ? La violence économique ça existe ? Allez voir !

Une réflexion sur “« Ne te promène pas toute seule le soir… »

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