Meeting de Nicolas Sarkozy à Belfort

Vendredi 4 Novembre, Nicolas Sarkozy est à Belfort pour répondre à l’invitation du Maire de la ville, Damien Meslot, qui soutien l’ancien président. C’est la troisième fois en deux ans que Nicolas Sarkozy visite la ville de l’Est de la France. Décryptage de ce meeting, auquel nous avons été présents.

Il y a deux mois, la ville faisait la une des JT : Souvenez-vous de l’usine d’Alstom qui connaissait des difficultés financières et était menacée de fermeture? L’Etat est intervenu et a fait une commande de plusieurs trains, une demande qui a redonné du travail pour quelques années. Malgré cette solution du gouvernement, les employés de l’usine ont peur de l’avenir et craignent de voir leur usine fermer. La fameuse manufacture de locomotive nationale se trouve à Belfort. La CGT, absente de la rencontre, n’a pas pu entendre M. Sarkozy promettre aux employés de faire d’Alstom une priorité de son mandat s’il est réélu.

La salle qui accueillait le meeting de Nicolas Sarkozy était complète (887 places) d’un public déjà conquis par l’orateur. C’est son premier meeting qui intervient  après le deuxième débat de la primaire républicaine. Il a commencé son discours en revenant sur cette soirée :

« J’ai passé une bonne soirée hier » a t-il ironisé en faisant allusion aux attaques des autres candidats. Il en fait de l’humour mais ne semble pas avoir apprécié néanmoins le comportement de ses anciens ministres : il a clairement déclaré que s’il était réélu, il ne prendra pas ses concurrents actuels dans son gouvernement.

Pendant son discours, Nicolas Sarkozy a utilisé différentes méthodes très sentimentales pour porter son argumentation : il a d’abord joué sur la corde de la famille, et notamment sur le rapport entre les parents et leurs enfants. Il a aussi utilisé des histoires tragiques pour illustrer ses propos, en faisant référence à l’attentat de Nice entre-autre et de la mort.

De même, il s’est exprimé sur sa vision politique, actuelle, du domaine social, éducatif et sécuritaire. Il a aussi parlé d’économie et des prélèvement en direction des « bourgeois » et des classes moyennes qu’il assimile souvent. Entre autre, Nicolas Sarkozy a réussi à allier ces quatre aspects.

A Belfort, Nicolas Sarkozy a commencé son discours en posant quelques valeurs et a rappelé les « racines chrétiennes de la France ». Il a exprimé sa peur de la migration des « 200 millions d’habitants au Sahel » qui « viennent d’abord en France ». Il propose la fin du regroupement familiale et la mise en place d’un « plan Marshall » pour l’Afrique. Cette dernière proposition rappelle que Nicolas Sarkozy veut incarner un président international. Paradoxalement, en opposition à cette proposition, Nicolas Sarkozy s’est montré assez populiste et presque climato-sceptique quand il a ironisé en liant le réchauffement climatique avec les migrations : « maintenant, il y a une jungle à Calais ».

Mais un « plan Marshall » semble compliqué à imaginer à cause de son programme économique très restrictif dont la suppression de 300 000 postes de fonctionnaires. Il s’adresse aussi aux classes moyennes et « bourgeoises » en promettant une baisse d’impôt immédiate. Pour cela il compte diminuer les cotisations sociales et l’Impôt sur le revenu.

Nicolas Sarkozy a consacré une grande partie de son argumentaire à parler de la langue française et à la sacraliser. Ainsi, il la place au centre de l’éducation qu’il critique fortement.

« Il faudra maîtriser la lecture pour passer au collège »

Il veut la placer au-dessus de toutes les autres langues étrangères et refuse qu’on apprenne la langue de ses parents. Outre les sous-entendus, ce refus pose la question suivante : est-ce que les élèves anglophones ou germanophones seront dispensés de cours ? Il veut aussi revoir le calendrier scolaire parce qu’il trouve anormal qu’après « quatre semaines de cours », il y ait deux semaines de vacances.

Ce qui est faux, puisque les périodes de cours entre deux périodes de vacances varient de 6 à 10 semaines.

En parlant de l'(in)sécurité, le problème pour lui ne vient pas du nombre ou des moyens des policiers, il accuse la justice d’en être l’unique responsable. Il veut conférer le pouvoir d’enfermer les individus suspects pendant plus d’une semaine sans la nécessité d’un mandat judiciaire, il parle notamment de « principe de précaution ». Il prône également de l’assouplissement de la préemption de légitime défense des policiers.

Et après ? 

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Section « Nous les Jeunes du Jura » – Ralph Parisot, à la droite de N.Sarkozy

A la fin du meeting, nous avons rencontré cinq lycéens. Ils font partie de la section « Nous les Jeunes du Jura », soutenant Nicolas Sarkozy en participant notamment à l’organisation du meeting. Selon Ralph Parisot, représentant de la section, le meeting a regroupé plus de 1 500 personnes, dont une centaine à l’extérieur. Ces cinq lycéens – se prononçant fièrement gaullistes – confient déjà soutenir Nicolas Sarkozy avant 2012, et souhaitent le revoir à l’Elysée. Ils ont été convaincus par ses idées et valeurs et par son travail de réorganisation de la droite après 2012. Et tous ensemble, ils semblent d’accord avec la vision de Ralph Parisot, 17 ans, qui dénonce « la destruction massive qu’il y a eu entre 2012 et 2016 par François Hollande du mandat de Nicolas Sarkozy ».

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