La violence conjugale au cinéma

A quel moment l’emprise amoureuse devient-elle dangereuse ? L’amour est si tangible, parfois si passionnel, si aveuglant que la violence peut en devenir un exutoire presque nécessaire. Depuis la nuit des temps, et nous pouvons l’observer dans les grandes tragédies classiques, l’amour et tout ce qu’il suscite, jalousie, méfiance, subordination, dépendance, est responsable de nombreux excès. Au fil des siècles, les relations d’amour entre deux êtres et les passions qu’elles génèrent ont souvent été le nerf de créations artistiques. Le septième art n’a donc pas échappé à cette préoccupation universelle.

Un sujet longtemps tabou :

Certes, la violence est un thème prépondérant et cela depuis les prémisses du cinéma, mais la violence conjugale et la réelle souffrance psychologique qu’elle engendre ne sont pas un thème récurrent. En effet, c’est en 1950 que Nicholas Ray, réalisateur américain, traite pour la première fois du fond du problème avec son film « Le violent ». Nous pouvons y voir tout le jeu psychologique d’un homme violent, sa bipolarité, ses manipulations, ses excès d’amour ou de tendresse. Tout cela joué par l’excellent Humphrey Bogart. En 1966, Kony Wakamatsu sort « Quand l’embryon part braconner », huit ans après, un nouveau film traitant des violences conjugales fait son entrée : « Une partie de plaisir », réalisé par Claude Chabrol. Plus tard, de grands réalisateurs prennent le sujet en main, en 1985, Spielberg nous présente la fresque historique  » La couleur pourpre »,  Lars Von Trier traite également du sujet avec « Breaking the waves ».

On constate donc que le thème est peu abordé, le nouveau siècle accélère la cadence, « Intuition » en 2001, « Plus jamais » en 2002, « Darling » et « L’un contre l’autre » en 2007, « Mauvaise pente » en 2009…

En 2014, Claude Michel Rome réalise « L’emprise ». L’histoire d’une mère de quatre enfants qui se retrouve en mars 2012 dans le box des accusés des Assises de Douai pour le meurtre de son mari, un homme qui l’a battue et torturée pendant leurs dix-sept ans de mariage. A voir absolument !

L’importance de traiter ce sujet au cinéma :

Depuis toujours, il y a, au cœur de notre société, des sujets abjectes dont l’Homme n’ose parler. Cependant, avec l’évolution des mœurs, les cinéastes ont commencé à porter leur attention sur ces pensées prohibées. Ainsi, à partir des années 1950, nous avons pu observer la naissance des sujets tabous dans la septième art.

L’objectif est d’apporter un regard et une opinion forte, voir bouleversante, sur un sujet précis. L’art est connu pour apporter un jugement sur la société et ses comportements. La femme aujourd’hui est totalement légitime dans la société, le cinéma veut néanmoins montrer les injustices qui lui ont été, et qui lui sont encore, rattachées. Elle connaît le viol, la discrimination salariale, mais surtout la violence conjugale. Le rôle du cinéaste est donc de mettre en exergue ce problème, de sensibiliser pour combattre ce fléau. Ne pas en parler, c’est l’occulter.

Il existe au delà des violences conjugales, d’autres harcèlements faits aux femmes tels que les harcèlements de rue. Comment les femmes peuvent-elles apprendre à se défendre face à de telles violences, réponse dans la suite de notre dossier sur la violence faite aux femmes !

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