Finlande: le gouvernement expérimente un revenu de base pour faire face à la crise économique

Le Premier Ministre finlandais annonce l’expérimentation du versement d’un revenu unique à tous les ménages afin de sortir le pays de la crise économique actuelle.

 

2008, l’année du début d’une récession au niveau mondial :

L’année 2008 a marqué plus d’un pays en matière d’économie. Dans la continuité de la crise des Sub-primes qui a débuté en 2007 aux États-Unis, l’économie mondiale a sombré dans une grave récession. Les pays émergents comme les pays les plus développés, notamment en Europe, ont subi des dégâts financiers importants. La Finlande fait partie de ces pays touchés, bien que jusque lors, sa situation économique était confortable.

Aujourd’hui, la Finlande connaît une période assez difficile en matière de finance publique et également de chômage. Son PIB, après une longue dépression qui est allée jusqu’à atteindre un taux de croissance négatif de -9% en 2010 est tout doucement en train de remonter, avec une hausse très légère du PIB de 0,5% en cette fin d’année. Cependant, sa situation reste critique, et le nouveau gouvernement centre-droit récemment élu, suite aux élections législatives du 19 Avril 2015, en a bien conscience.

Un taux de chômage qui reste critique :

En janvier dernier, la Finlande enregistrait près de 9% de chômeurs pour une population de 5.400.000 habitants. Ce chiffre reste stable, et cela n’est pas de bon augure, car l’augmentation fulgurante du taux de vieillissement de la population n’aide en rien à la diminution de ce taux.  Même si ce chiffre reste moins important que celui de la France, comptant près de 10 % de chômeurs 2015, il reste inquiétant pour la Finlande.

En effet, en 2008, Nokia, Société Finlandaise de téléphonie mobile détenait encore 40 % du marché mondial des téléphones cellulaires, ce qui a fait passer la Finlande d’un pays exportateur de produits issus du bois, par exemple  à une puissance high-tech avec une croissance économique du PIB de 4 % par an, pour la période 1993-2007. Cette puissance économique a permis de renforcer un système éducatif performant, d’améliorer sa protection sociale, et donc de créer un cercle économique vertueux, en permettant de financer les diverses prestations sociales grâces aux bénéfices générés par les gains économique des sociétés finlandaise.

L’ancien cercle vertueux qu’entretenait la Finlande jusque récemment est-il en train de se transformer en cercle vicieux ?

En effet, afin de limiter les difficultés économiques du Pays et faire face à la diminution des recettes fiscales, le gouvernement Centre droit, souhaite déréguler le marché du travail, réduire la couverture sociale, diminuer les dépenses publiques, et respecter un plan d’économies budgétaires à hauteur de 2 % du PIB sur quatre ans, ce qui provoque la contestation des syndicats, et de nombreuses manifestations qui ont paralysé le pays en septembre 2015, quatre mois après l’entrée en fonction de la coalition dirigée par Juha Sipilä.

Actuellement, le système social de la Finlande, basé sur une économie forte soutenue par les sociétés internationales de haute technologie, telle de Nokia, est remis en cause. Le gouvernement prend conscience que le chômage n’a pas uniquement une cause conjoncturelle, qu’il faut  changer sa vision du travail, et veut trouver une solution à long terme, et donc offrir à tout finlandais un revenu de base.

Face au mur économique et social, un revenu pour tous :

Le revenu de base ou revenu universel est une idée qui émerge. Il s’agirait d’une somme d’argent versée à tous les ménages de Finlande peu importe leur situation sociale, leur âge ou  leur richesses. Ce revenu viendrait remplacer toutes les prestations sociales qui seraient alors supprimées. Le financement se fera au travers des impôts prélevés auprès des familles et des sociétés. Pour son financement, le gouvernement envisage deux solutions : «La première est de taxer les revenus selon un taux progressif, sur la base du modèle actuel de l’impôt sur le revenu. L’autre solution vise à prélever des cotisations supplémentaires sur les salaires sur la base d’un taux uniforme, à l’instar des autres assurances sociales. Ce taux serait voisin de 42% et ne concernerait que la part du revenu dépassant le revenu de base, lequel ne serait pas taxé» (Le Figaro, Revenu Universel : ce que prévoit la Finlande).

Les objectifs sont multiples : tout d’abord lutter contre la pauvreté montante dans le pays, et réduire le  chômage. Le  premier ministre Juha Sipilä, considère que les inactifs vont être plus motivés dans leur recherche d’emploi car ils ne pourront plus  compter sur les prestations sociales pour leurs dépenses, et également   simplifier le système complexe  de financement des prestations sociales en Finlande, et de permettre à chaque Finlandais d’avoir un revenu mensuel suffisant pour vivre correctement. Il s’agirait alors d’un revenu de subsistance dont la somme ne serait pas négligeable pour les ménages. En outre, cela permettrait de réduire les dépenses publiques de l’État, et arriver à une simplification du système financier finlandais complexe en matière d’allocations sociales.

Quelle somme pour les ménages ?

Ce projet devrait être expérimenté dès 2017 pour une durée d’un an afin de mettre en pratique cette mesure. Mais alors, quelle somme sera versée aux ménages ?

En somme, l’estimation de ce revenu se fera entre 800 et 2000 euros.

Cette question est très controversée car divers arguments s’opposent. Certains pensent que trop élevé, ce revenu n’incitera pas les personnes inactives à chercher de l’emploi car pouvant avoir une vie décente et subvenir à leurs besoins simplement grâce à ces allocations. De plus, l’État ne pourra arriver à financer ces hauts revenus sur le long terme, déjà dans une situation critique. D’autres pensent que trop faible, ce revenu de substitution contribuerait à l’appauvrissement du pays et la situation économique des ménages et à posteriori celle du pays sera très fragile. A la veille de sa mise en place, cette question reste encore très discutée.

Fin 2015, il était question d’un revenu universel de 800 euros par mois, mais les experts qui travaillent sur le projet se dirigent vers un montant plus faible, de 560 euros, qui se veut «incitatif»: ce revenu universel, qui offrirait un «coussin de sécurité financier», encouragerait les Finlandais à accepter des emplois à temps partiel, ce qui augmenterait la compétitivité des entreprises. (Extrait du journal Le Parisien).

Face à ces mesures strictes, de nombreuses manifestations ont eu lieu et l’ensemble des syndicats semble opposés à ces réformes. Le gouvernement finlandais parait cependant décidé à mettre en place cette expérimentation dans l’espoir de redresser progressivement l’économie du pays qui fait face actuellement à de multiples difficultés.

Ces mesures d’austérité, mises en place par le nouveau gouvernement Finlandais afin de redresser la croissance seront, peut-être, précurseurs d’initiatives européennes qui leur permettront de sortir de la crise européenne actuelle. En France, des mouvements favorables à ce type de mesure commencent à se développer, comme le « Mouvement Français pour un revenu de Base », mais le gouvernement français commence également à se pencher sur la question, et récemment, le premier ministre Manuel Valls appelait à « ouvrir de nouvelles pistes » sur l’éventuelle mise en place d’un revenu universel en France.

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