Des photos au service des problèmes sociaux au XXIème siècle

Selon vous quel est le rôle de la photographie dans le traitement des problèmes sociaux ?              

Voici notre analyse sur la question :

La photographie peut, tout d’abord, avoir pour objectif de communiquer sur les problèmes sociaux de notre époque, de les mettre en lumière. Et ceci de manière souvent violente permettant d’interpeller le spectateur sur diverses situations souvent chaotiques et dramatiques. Les photographes utilisent des clichés rudes dans l’optique de marquer, pour faire réagir au problème. Le but est de témoigner en faveur des victimes, de leur « donner la parole » en les photographiant. L’adjectif « social » implique la plupart du temps un engagement du photographe, qui souhaite témoigner d’une réalité dans l’optique de sensibiliser, voire d’influer sur l’opinion.

Des conflits propres à notre génération

Au XXI ème siècle, les problèmes sociaux sont multiples : que cela soit au Proche et Moyen Orient ou le phénomène migratoire poussant des populations à fuir leur pays pour améliorer leurs conditions de vie. Aujourd’hui, ces derniers apparaissent comme des problèmes majeurs. Certains photographes qui décident donc de révéler au grand public, par le biais de l’art, ces problèmes sociaux et sociétaux. En utilisant la photographie sociale leur but est de monter au monde entier les problèmes de ces pays. Ils cherchent à ce que le spectateur ne regarde pas uniquement ce qui ce passe dans son pays mais que ce dernier aille voir au-delà.

L’exemple de la photo de Valdrin Xhemaj :

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Sur cette photo, des migrants passent la frontière entre l’ancienne République yougoslave de Macédoine et la Grèce, près de la ville de Gevgelija, le 2 septembre 2016. Cette étape de Gevgelija-Presevo n’est juste qu’une partie du voyage des réfugiés. La grande majorité d’entre eux ont quitté la Syrie. Lorsque la photo est capturée le photographe adopte un regard critique pour dénoncer les problèmes que les réfugiés peuvent rencontrer. Il cherche à nous transmettre les émotions qu’il ressent, pour nous interpeller. L’oeil du photographe sera le notre pendant quelques instants ce qui va permettre d’engendrer une certaine confrontation avec la photo et de surcroît la situation. Cela peut s’expliquer par le fait que la photo est capturée de près, les émotions des figurants peuvent alors heurter la sensibilité du spectateur. L’enfant qui pleure et cri au milieu de la photo ne laisse pas indifférent. Le photographe, à travers le visage de cette enfant, cherche à transmettre ses émotions, ce qui va également en créer chez nous. Ainsi, par cet exemple nous pouvons comprendre l’un des buts de la photographie sociale : susciter des émotions.

 

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Ce cliché a été capturé par Georgi Lecovski, le 21 août 2016. La légende de la photo précise que : « la police macédonienne s’est heurtée à des milliers de migrants essayant de faire irruption dans le pays. » Rappelons le contexte : Les migrants étaient bloqués à la frontière entre la Grèce et la Macédoine et tentaient de passer pour accéder à des pays Européens comme l’Allemagne et l’Angleterre… pour s’assurer un meilleur avenir. À l’heure d’aujourd’hui la frontière entre ces deux pays est fermée.

L’auteur développe alors une photo d’investigation qui va confronter le spectateur à une réalité brutale. La photographie permet de captiver les personnes regardant cette situation chaotique. L’art joue un rôle dénonciateur. L’auteur fait passer un message, il nous transmet sa vision des choses au sens propre du terme. Cette photo raconte une histoire dramatique amenée par le regard du photographe, personnel. Le désespoir de cette jeune fille sur son visage peut susciter de la compassion chez certains. Le photographe relate les faits par sa photographie.


Point culture :

En ce moment même à Deauville se trouve la septième édition du festival de photographie. L’artiste Joakim Eskildsen pratique la photographie sociale. L’artiste récemment exposé chez Polka dans une série pointant l’exclusion sociale au cœur de grandes villes américaines, se saisit d’autres réalités à Deauville, choisissant d’orienter son propos sur la ville désertée. Son regard en a restitué les nuances, dans des images fortes, chargées d’émotions, et soutenues par des cadrages rigoureux et des couleurs crépusculaires.

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Citation :

« Loin des yeux, près du coeur ». En quelque sorte, les photographes permettent de rapprocher spectateurs et figurants grâce à l’émotions transmise par le cliché.

Eugene Smith ( 1918-1978), est un photojournaliste américain , il a été photographe de guerre ( notamment pendant la guerre du Pacifique).  Il a dit :

« …Tout dépend de celui qui regarde ; certaines photographies suscitent une telle émotion qu’elles engendrent la réflexion. Cela peut conduire un individu ou, qui sait, bon nombre d’entre nous, à écouter la raison, à la remettre dans le droit chemin et même parfois à découvrir le remède qui guérira la maladie. Les autres éprouveront peut-être plus de compréhension, plus de compassion, pour ceux dont l’existence leur est étrangère. La photographie est une petite voix. J’y crois. Si elle est bien conçue, il lui arrive de se faire entendre »

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