Analyse du programme économique des candidats à la primaire de la droite et du centre

Alors que Alain Juppé se distingue de plus en plus sérieusement de Nicolas Sarkozy dans les sondages (40% des intentions de vote le  20/10/2016 contre 34% pour N.Sarkozy), nous avons comparé les programmes des sept candidats. Sont en course chez les Républicains pour la présidentielle 2017 en plus des deux cités précédemment, Nathalie Kosciusko-Morizet, François Fillon, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Jean-Frédéric Poisson. Mais comment peut-on se différencier quand on appartient tous à la même famille politique qui normalement porte le même engagement et les mêmes valeurs ? Ils ont tous parlé dans leur programme de fiscalité, de budget d’Etat, d’emploi, de ce qu’ils veulent pour les entreprises, des 35h, des retraites, des allocations et de réformes structurelles. Bref les sept candidats et leurs programmes se ressemblent aux premiers abords mais nous avons trouvé, là, où chacun se démarque.

 

FISCALITÉ : Comment est-ce que les candidats voient l’impôt demain ?

C’est NKM qui se montre la plus révolutionnaire en terme de fiscalité. La candidate qui veut « plus de simplicité et de justice » propose la mise en place d’un/une unique impôt/taxe qui remplacerait tous-tes les autres (y comprit l’impôt sur le revenu), avec un taux d’imposition à 20%. Elle a nommé cette taxe la « flat tax ». Un principe reprit par JF.Poisson qui veut que tout le monde paie l’impôt.

Bruno Le Maire rejoint Alain Juppé sur la fiscalité : ils veulent tout les deux « relever » le quotient familial et ainsi modifier les tranches d’imposition. Bruno Le Maire pense que cette mesure permettra de lutter contre la fraude fiscale. Alain Juppé, en plus de vouloir cette modification du quotient familial, veut supprimer l’Impôt Sur la Fortune (ISF). Dans son programme, le maire de Bordeaux dit qu’il n’y aura pas de nouveaux impôts créés.

Nicolas Sarkozy annonce une baisse « immédiate » de l’impôt sur le revenu s’il est élu, ainsi qu’une baisse générale de 7% des prélèvements obligatoires. Il propose l’annulation de l’ISF comme Alain Juppé, mais aussi comme Jean-François Copé qui veut également supprimer l’impôt sur la succession. Jean-François Copé parle également d’augmenter la TVA sans plus de précision. En revanche il est plus précis sur la baisse d’impôt sur les société de 8,4%, ce qui représente 5 Milliards d’euros. Une hausse de la TVA plus précise chez François Fillon qui parle d’une augmentation de 2%.

BUDGET D’ETAT : Les candidats veulent revoir les dépenses de l’Etat

Tous les candidats veulent restreindre les dépenses de l’Etat. La première solution pour Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy est la suppression d’emplois publics. Une suppression de 300 000 fonctionnaires pour Nicolas Sarkozy, découpée en deux : suppression de 150 000 postes dans la fonction d’Etat et 150 000 dans la fonction territoriale ; et une suppression de 500 000 emplois publics pour BLM sans précision. Niveau Éducation, BLM offre une augmentation de 10% des salaires des instituteurs. Tandis que Nicolas Sarkozy offre une augmentation de 20% des salaires des professeurs du secondaire, contre une hausse de 25% de leur temps de présence.

BLM, comme NKM, sont pour la suppression des emplois aidés.

Grâce aux baisses de la dépense publique, Alain Juppé, promet d’économiser de 85 à 100 milliards d’euros nécessaires pour résorber le déficit structurel de son programme et de rétablir l’équilibre budgétaire en 5 ans. François Fillon veut aussi chercher des économies sur les dépenses publiques en les faisant passer de 56% à 49% entre 2017 et 2022. Il compte obtenir un déficit nul, à 0% en 2022. M. Fillon prévient que s’il est élu, la dette dépassera les 100% du PIB la première année de son mandat mais vaudra 95% en 2022.

BLM veut augmenter le budget de l’armée à 2% du PIB. Il répond aussi aux déserts médicaux en proposant « le maintien d’une médecine de proximité par la médecine libérale ».

ALLOCATIONS : Quel avenir pour la Sécurité sociale ?

Nathalie Kosciusko-Morizet a la même vision de l’aide sociale que de l’impôt. Elle prône l’arrêt des allocations sociales et la mise en place d’ « un revenu de base unique » pour que tout le monde puisse payer l’impôt. JF. Poisson suit cette idée en proposant un « revenu universel » avec la suppressions des aides sociales. Alain Juppé veut lui « neutraliser » les seuils sociaux pendant 5 ans afin de « ne pas brider la croissance de l’activité des entreprises. ». Il le dit, il veut plafonner les aides sociales. Pour baisser le coût du travail, il veut réduire les cotisations familiales de 10 Milliards d’€ sur l’ensemble des salaires. Il veut aussi baisser les prélèvement sociaux payés par l’entreprise de 20% à 16%. Pour Nicolas Sarkozy, les aides sociales ne seront disponible qu’après reprise de l’activité ou d’une formation. Les aides sociales seront plafonnées à 75% du SMIC, idée reprise par Jean-François Copé.

CADEAUX POUR LES ENTREPRISES ?

NKM veut baisser les charges et les impôts sur les entreprises pour un montant de 100 Milliards d’€. Elle veut aussi abaisser le plafonnement de l’ISF des PME pour que les entreprises réutilisent l’argent non-prélevé en « Obligation d’Investissement ». Bruno Le Maire promet lui une baisse de la CSG à 6% et une baisse de la fiscalité sur l’investissement. Alain Juppé supprimerait toutes les charges patronales au niveau du SMIC dans le but de créer 200 000 emplois. Il baisserait aussi le taux d’impôt sur les sociétés progressivement, d’abord 24% pour les PME puis 22% et 30% pour les ETI (entreprises de taille intermédiaire) et les grandes entreprises. Jean-François Copé vante la supériorité de l’accord d’entreprise sur le code du travail. Il veut aussi alléger de 34 Milliards d’€ les charges patronales et salariales. Il prévoit aussi une baisse des charges sociales de 30 Milliards d’€ par an. La touche spéciale de Jean-François Copé : il prévoit la création d’un Siret personnel. Les sirets sont déjà utilisé pour identifier l’entreprise, l’établissement, mais pas encore l’individu. Ce siret personnel pourra identifier le salarié dès l’âge de 16 ans. François Fillon veut augmenter la compétitivité des entreprise, et pour cela il veut des « allègement sociaux et fiscaux ». Jean-Frédéric Poisson veut baisser le coût du travail pour les entreprises.

LES RETRAITES : Que pensent les candidats des retraites ?

NKM propose la mise en place d’une retraite par système de points cumulés toute la vie, ce qui faciliterait le mouvement d’une entreprise à une autre. Alain Juppé veut reculer l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Nicolas Sarkozy semble moins radical que ses concurrents sur cette question : l’âge de départ à la retraite passerait à 63 ans en 2020, puis 64 ans en 2025.

LES 35H : La position des 7 grands de la Droite sur les 35 heures

NKM ne remet pas en question les 35 heures. Alain Juppé veut sortir des 35 heures. Nicolas Sarkozy aussi, interrogé dans une interview le 29 août sur RTL, il dit : « Chaque entreprise aura désormais le droit de déterminer librement le temps de travail de ses salariés ». Jean-François Copé prévoit le retour des 39 heures dans la fonction pubique, tout comme François Fillon qui veut, en plus, la sortie des 35 heures. Bruno Le Maire a très peu communiqué cette campagne sur les 35 heures mais il semblerait y être opposé. Jean-Frédéric Poisson et les 35 heures ? Il veut que tout le monde puisse trouver « un équilibre ».

EMPLOI : Quelle direction pour l’emploi ?

Bruno Le Maire, pour trouver une solution au chômage, ne juge pas inadéquate la création d’emplois précaires. Il promet de mettre en place un « Crédit premier Emploi ». A. Juppé veut « faire du retour au plein emploi la grande priorité du quinquennat » en relançant les investissement et la croissance économique. Jean-François Copé veut assouplir le licenciement où « pour les TPE-PME, la seule suppression d’un poste pourra constituer un motif de licenciement économique » dit son site internet. François Fillon promet que grâce à son programme économique, 800 000 emplois se créeront.

DES REFORMES STRUCTURELLES ?

NKM veut engager des réformes structurelles à la place de réformes conjoncturelles, quitte à augmenter le déficit. Dans une interview donné au journal « Le Figaro », elle cite l’exemple de Schröder en Allemagne.

Bruno Le Maire prévoit « une extinction de la fonction territoriale », il veut mettre en place une administration numérique et privatiser Pôle Emploi.

Alain Juppé veut réaffirmer l’énergie nucléaire de la France. La fermeture de Fessenheim sera annulée. Il veut en revanche réduire les énergies fossiles et développer les énergies renouvelables et notamment l’énergie solaire. Il propose de développer l’actionnariat salarié.

Valentin Marchard

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