Brexit, comment ça va ?

 

Ce 23 Juin 2016 une partie des Britanniques votent pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne provoquant un véritable séisme entre les partisans et les opposants au Brexit. A partir de ce moment, une avalanche d’informations, de prédictions sur l’avenir (surtout économique) s’effondre sur le pays. Le Royaume-Uni peut-il survivre sans l’Europe ? En a-t-il les moyens ? Les analystes prévoyant la fin du monde sont-ils trop pessimistes ou bien est-ce les « brexistes » qui sont trop naïfs ? Allons voir tout cela d’un peu plus près. 

Le Trésor britannique a publié un document de deux-cents pages qui chiffrerait les conséquences économiques du Brexit. Autant dire que ce dernier est mauvais, voir catastrophique. D’après cette source, le PIB du Royaume-Uni pourrait diminuer de 7,5%, dans le pire des cas en 2030, baissant ainsi les revenus d’environ quatre cents euros pour chaque ménage. Dans le cas le plus favorable cela conduirait à une baisse de 3,5%, à condition que Londres parvienne à négocier de bons accords commerciaux notamment avec la Belgique.

Des chiffres alarmants :

Ces chiffres sont activement contestés par les partisans du Brexit. Parmi eux, l’économiste David Blake déclare que « selon cette même logique, si l’Ecosse avait décidé en 2014 de quitter la Grande-Bretagne, ses échanges avec les autres nations du royaume auraient chuté de 80%. »

Pourtant d’autres statistiques viennent alourdir ce bilan sinistre. Comme par exemple, le recul de 12% du nombre d’offres d’emploi à Londres selon une étude de la Société de Conseil Morgan McKinley. Une enquête sur l’insécurité de l’emploi révèle, quant à elle, l’inquiétude des jeunes face à leurs perspectives d’embauche. Parallèlement, les entreprises qui comptent les offres d’emploi en ligne constatent une forte baisse du nombre d’annonces, certains expert parlent même d’une diminution de 50% !

Le secteur de l’Immobilier est de loin le plus alarmant. D’après une enquête de la RICS (association représentante du secteur immobilier), le nombre d’acheteurs ne cesse de diminuer (-27% en un an). Ce dernier peut notamment s’expliquer par une panique totale des investisseurs qui souhaitent récupérer leur mise, faisant ainsi geler au moins six fonds spécialisés. Ce type d’événement n’avait plus eu lieu depuis 2007, au début de la crise financière (des subprimes).

À première vue, ces chiffres n’annoncent donc rien de bon, mais…

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Source : iStock

Dans les faits, qu’en est-il du Brexit ?

Cent jours après le référendum, le cataclysme annoncé n’a pas eu lieu et les premières statistiques semblent même plutôt rassurantes. Le secteur des Services est en hausse de 0,4%, ce qui est plutôt rassurant. En effet, ce secteur représente environ 80% de l’économie Britannique. Le contexte (pleine saison estival, chute du livre de 10% et l’excitation due aux Jeux Olympiques) a boosté le pouvoir d’achat des touristes et la consommation. Les hôteliers britanniques ont, de leur côté, développé une stratégie marketing consistant à diminuer leurs prix pour attirer les voyageurs, en particulier à Londres. Ainsi, une chambre double qui coûtait 213e en août 2015 revient désormais à 168e en 2016 (les européens ne vont pas s’en plaindre!). 

D’autres éléments positifs apparaissent également, tout comme la baisse des demandes d’allocation chômage ou la stabilisation des ventes de voitures neuves.

Le défi est d’arriver, maintenant, à convaincre les investisseurs que « tout va bien » puisque le risque d’un big bang économique comme le prédisait le Trésor Britannique est, désormais, écarté. Néanmoins, la situation reste précaire tant qu’il n’y aura pas de sortie officielle (négociations lancées en 2017, sortie effective prévue en 2019). Toutes les statistiques, pessimistes et optimistes confondues, s’accordent sur un ralentissement de la croissance économique. La première ministre Theresa May le confirme d’ailleurs :

« Il y aura des moments difficiles à venir »

Les brexistes sont désormais prévenus mais vont-ils changer d’avis ? Rien ne le laisse paraître…  Et, finalement, si la réussite du Brexit faisait réfléchir à un éventuel « Frexit » comme le suggère Marine Le pen ? N’est-ce pas cela la réelle peur ?

Lola Aboa

Une réflexion sur “Brexit, comment ça va ?

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