Aménager la sortie de l’UE, un objectif de taille pour le nouveau gouvernement britannique

Il y a deux mois à présent que l’Angleterre a signé son divorce avec l’Europe. Il est temps d’en définir les conséquences et de voir où nous en sommes à la fin de l’été. 

La sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne, votée par référendum avec 51,9% des suffrages le 23 juin dernier a suscité une crise au sein du Royaume Uni à la fois politique, mais aussi économique .

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Le Brexit : les racinesd’une crise au Royaume-Uni

En effet, cette sortie divise la classe politique puisque le résultat de ce vote a désarçonné les partis politiques qui n’étaient pas préparés à cette nouvelle, d’où un moment de flottement dans les premiers temps qui suivirent le vote.
De plus, au niveau économique, le Brexit a provoqué une grande secousse :  les cours de la bourse ( les indices FTSE et LSE)  ont  fortement chuté et la Livre sterling a perdu de la valeur : elle n’avait pas été aussi basse depuis 1985.
Le PMI, (indice des directeurs d’achats du secteur des services) qui permet d’évaluer les performances globales d’une économie, s’est retrouvée à 47,4 en juillet alors qu’il était de 52,4 en juin dernier ( au dessus de 50, on considère une progression et donc de la croissance). Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance avec une diminution de 0,9%, tombant à 1,3% en avril 2017. S’ajoute à cela la fermeture de plusieurs grands fonds immobiliers britanniques comme Aviva ou Standard Life.


Après la démission du premier ministre, David Cameron, le 13 juillet,Theresa May prend la  tête du nouveau gouvernement.

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Suite au Brexit, Theresa May rempace David Cameron à la tête du gouvernement britannique 

 

Theresa May, Première Ministre britannique


Theresa May, 59 ans, ancienne ministre de l’Intérieur et membre du parti des conservateurs ( The Tory), tout comme le premier ministre sortant, a été intronisée le 13 juillet 2016.
Elle était une fervente militante du Remain pendant la campagne qui précéda le référendum.
Le  nouveau gouvernement  a été constitué, non sans difficulté,  par Theresa May et et se compose à la fois d’eurosceptiques ( pro-Brexit) mais aussi de militants du Remain.
Parmi les nombreux partisans eurosceptiques on compte :

Philip Hammond, promu ministre des Finances, Andrea Leadsom nommée ministre de l’environnement et Boris Johnson, au ministère des Affaires étrangères.
L’ancien maire de Londres avait d’ailleurs surpris la classe politique en refusant le poste de premier ministre auquel il aspirait. Il se retrouve par conséquent chargé des affaires internationales malgré les nombreuses maladresses qu’il a commises dans le passé comme  en 2008, lorsqu’il qualifia Hillary Clinton d’ « infirmière sadique ».
Cependant, on trouve aussi des militants pour le Remain dans ce gouvernement comme la ministre de l’Intérieur Amber Rudd, ancienne ministre de l’écologie et le ministre de la Défense, Michael Fallon(qui occupait déjà ce poste sous le gouvernement de D.Cameron). Il avait par ailleurs dit qu’une sortie de l’UE pourrait affaiblir « la sécurité collective de l’Occident ».

Trois ministères vont travailler à la sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne :   le ministère responsable du Brexit ( ministère spécialement crée pour l’occasion), présidé par David Davis (eurosceptique convaincu), ainsi que le ministère du commerce international, dirigé par Liam Fox, et celui de Michael Fallon (Défense).
Pour ce faire, ils devront activer l’article 50 du traité de Lisbonne, datant de 2007, qui permet à un pays membre de l’Union d’en sortir, et de fixer également les modalités de sa sortie.


L’article 50 ne sera pas mis en vigueur avant la fin de l’année ( et au plus tard début 2019)  a expliqué Theresa May mais elle a tout de même affirmé que « Brexit signifie Brexit et nous en ferons un succès » en ajoutant « Alors que nous quittons l’Union Européenne, nous allons nous construire un nouveau rôle audacieux et positif dans le monde ».
Cependant, la commission européenne a été claire sur le sujet, elle n’engagera pas les négociations avant que le Royaume Uni ait enclenché le processus de sortie.

Quelle suite pour l’Europe ? 


Maintenant que la décision est prise, l’Europe pousse le Royaume Uni à accélérer la manoeuvre. Bien que Martin Schulz, président du Parlement, critique le nouveau gouvernement britannique qu‘il juge cherchant « surtout  à satisfaire la cohésion interne du parti conservateur », il déclare qu’il a l’intention de « travailler de manière constructive » avec le gouvernement de May.
Cependant, il n’est pas le seul à vouloir voir un enclenchement rapide de l’article 50 du traité de Lisbonne puisque le ministre des affaires étrangères françaises, Jean Marc Ayrault a déclaré « Plus tôt commenceront les négociations, mieux ce sera pour tout le monde ».

Plusieurs points  vont devoir être discutées  entre l’Union européenne et le Royaume Uni comme  ce qui concerne le statut des européens travaillant en GB et des Britanniques travaillant au sein de l’UE, savoir si le Royaume Uni  conserve ou non l’ accès au marché unique de UE


En parallèle, les anglais cherchent à conclure de nouveaux traités avec d’autres pays. Ainsi, le nouveau gouvernement a lancé ses premières démarches d’accords, notamment avec l’Australie. Malcolm Turnbull, premier ministre Australien s’est dit « décidé à conclure un traité aussi vite que possible avec le Royaume Uni ».
Liam Fox, ministre du commerce international, va essayer dans les jours qui suivent de lancer une démarche avec les USA. Rappelons que le président Obama, avant le référendum avait, en avril dernier, avertit les britanniques que ce genre d’accord commercial pourrait prendre une dizaine d’années. Mike Froman, représentant américain du commerce a pour autant laissé entrevoir une possibilité de dialogue d’ici peu.


Ainsi, la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne est un évènement qui surpris vivement la planète  bien que son impact économique sur celle-ci ne soit pas d’une grande envergure. Il touche davantage les esprits et donnent à certains autres eurosceptiques européens l’idée de sortir de la construction européenne.
Pour pallier  ces mouvements nationalistes et fédérer les peuples, les gouvernements et les institutions européennes vont devoir repenser une «  Nouvelle Europe ».

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