Le mouvement En marche: une future alternative politique possible?

Un nouveau mouvement politique français a émergé il y a quelque temps déjà : se revendiquant comme avant-gardiste sur le papier tant par son orientation politique qui n’est «ni de droite ni de gauche»,  (c’est-à-dire ni trop conservateur et ni trop progressiste) que  par sa focalisation directe sur les citoyens: ils sont des acteurs à part entière, voire même des bâtisseurs essentiels pour le développement de ce mouvement.
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La campagne du mouvement En Marche fait déjà parler d’elle

Petite présentation…

Officiellement lancé le 6 avril 2016, En marche est un mouvement politique créé par Emmanuel Macron, actuel ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique du gouvernement de Valls II (c’est-à-dire que c’est le deuxième ministre de l’Economie  de ce gouvernement, le premier fut Arnaud  Montebourg qui a démissionné)

La spécificité principale de ce mouvement politique, est qu’il soit  un mouvement transpartisan, c’est-à-dire un mouvement universel : un mouvement qui s’adresse aux gens de droite comme de gauche. Un vent de fraîcheur, que le mouvement semble émettre en revivifiant le bipartisme français: la promesse et la volonté d’abandonner ce clivage politique traditionnel.

Autre spécificité de ce mouvement c’est la focalisation totale sur les citoyens. En effet, les citoyens adhérents sont de véritables bâtisseurs de ce parti, ils conduisent eux-mêmes leur mouvement. Emmanuel Macron a prévu pour les adhérents, après une courte formation, d’aller directement à la rencontre des Français et plus globalement à la rencontre de la société civile entière, par le principe traditionnel qu’est le porte-à-porte.

Nommée la Grande Marche,  (qui sera lancée à partir du Samedi  28 mai 2016) elle permettrait de savoir ce que pensent les Français de la politique, mais surtout ce qui les dérange, quels changements ils espèrent pour la société et toutes les questions qui toucheraient de près ou de loin la politique d’aujourd’hui. Et par la même occasion essayer de convaincre un maximum de gens d’adhérer à ce mouvement.

Cette interaction directe entre les citoyens – utilisée durant la campagne d’élection de Barack Obama lors des présidentielles des États-Unis – est un moyen pour rouvrir le débat d’idées afin que par la suite, vouloir proposer un programme politique concret  et identifier les causes des différents blocages de la société, partout en France.  C’est pourquoi le ministre espère atteindre les 100 000 témoignages d’ici la fin de l’été pour ainsi créer un premier bilan du pays. Bilan se voulant inspiré, non plus des chiffres et des statistiques mais du vécu et des attentes des principaux concernés : les Français.


Les objectifs officiels de cette Grande Marche

  • Construire des propositions qui transformeraient le pays en profondeur.
  • Apprendre à écouter les gens, qui sont bien souvent ignorés.
  • Être présent sur le terrain et surtout agir sur du concret.

A première vue, le citoyen semble être le fil conducteur de ce mouvement: plus besoin d’être un énarque ou un ancien sciencepiste pour faire de la politique. Un mouvement qui a posteriori offrirait une certaine liberté d’action au citoyen qui bâtirait lui-même sa politique.
Or, qu’en est-il de la légitimité de ce parti et de ses objectifs concrets ? Qui va encadrer ce mouvement ? A quelle fin le mouvement est il prédestiné ?

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Emmanuel Macron, fondateur du mouvement En Marche

Ce mouvement semble être innovateur et surtout assez idéologique, mais au final il analyse plus en profondeur les objectifs concrets de ce mouvement et sa légitimité.
Et même relater un certain opportunisme de ce mouvement,  à la vue des tensions actuelles.

Les objectifs et l’idéologie du mouvement…

Dans l’aspect idéologique du mouvement, les idées ne manquent pas. Deux principes fondent le mouvement: combattre l’immobilisme français (c’est-à-dire être fermé à toute disposition visant au changement) et prôner le libéralisme moral et économique.

« Pour ceux qui refusent que le pays reste bloqué, ont le goût du travail, du progrès et du risque, et comme valeurs la liberté, la justice et l’Europe » voici l’amorce du mouvement pour cibler directement un public qui pourra facilement être concerné. A la vue de la vidéo officielle présentant le mouvement, il y a comme une aspiration à la nouveauté, aux idées neuves, à l’innovation… Au changement. Cette vidéo donne l’impression qu’il existe une alternative possible et surtout nécessaire, face à la situation actuelle de la société française. Une alternative nommée En marche bien sur.  

Si le clip de lancement  semble redonner de l’espoir, c’est parce que Emmanuel Macron a fait appel aux professionnels de l’agence  Jésus & Gabriel,(spécialisé en publicité et marketing, l’agence a réalisé de nombreuses pubs : pour Quick, TF1, Mikado…) qui s’est chargé du clip et du site internet.

En revanche, En Marche pour l’instant n’a proposé ni de mesures ni de programmes concrets qui permettraient de définir ce mouvement comme un mouvement politique à part entière, ce qui révèle dans une certaine mesure un manque de légitimité du mouvement politique.

A moins de laisser le temps de se développer et de récolter les témoignages «nécessaires» pour l’élaboration de programmes, ce mouvement peut lui aussi sombrer dans l’idée générale, comme  une énième tentative politique qui promet tout mais qui ne fait rien… Et pire encore : sans avenir.


D’ailleurs, en parlant d’avenir, le mouvement d’Emmanuel Macron semble faire écho à l’initiative nommée Désir d’Avenir de Ségolène Royale, lancée en 2006. Cette initiative se voulant être un «laboratoire d’idées, citoyen et participatif» est aujourd’hui délaissée et n’a jamais vraiment décollé, combien même l’idée principale était de remettre le citoyen au cœur du débat politique…


Quel avenir pour ce mouvement ?

Malgré les efforts de communication de ce mouvement, l’initiative d’Emmanuel Macron est  très contestée et critiqué. En regardant par exemple la vidéo de présentation d’En Marche sur YouTube,  le  nombre d’avis positifs est presque égal à celui des avis négatifs et les commentaires ne sont pas des plus encourageants et se montrent très critiques, en accusant ce mouvement de «publicité mensongère»  avec  pleins de promesses construites à base de rien et surtout en critiquant le passé d’Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires chez Rothschild & Cie , qui est ici vu comme un banquier oligarchique assoiffé de pouvoir…

En attendant, Emmanuel Macron fait appel aux adhérents de En Marche pour faire une récolte de dons, qui permettrait de développer et surtout de faire vivre  ce mouvement puisque  le mouvement ne peut percevoir de subventions publiques car il n’y a pas d’élus. Selon lui, comme preuve d’indépendance, les adhérents du mouvement sont l’unique et seule source de financement de ce mouvement.  

L’avenir de ce mouvement est encore imprévisible pour le moment, mais à partir de la première «Grande Marche», il sera plus clair de la tournure que prendra ce mouvement. Ou de l’agence de publicité qu’elle choisira pour un second événement.

3 réflexions sur “Le mouvement En marche: une future alternative politique possible?

  1. Ce parti vogue certes sur l’exaspération des français vis a vis de l’alternance droite-gauche en se revendiquant ni de droite ni de gauche, il n’en reste pas moins une vision libérale de la societe et donc..
    E. Macron surfe sur la vague actuelle qui est de se détacher des désignations politiques vide de sens mais ce n’est que du superflu, a l’intérieur c’est une vision précise et clairement orienté a droite.
    Le discours qui dit qu’il veut consulter les citoyens est tout aussi bidon, ce ne seront pas les citoyens qui décideront, ce seront les gens qui voient de la même manière que lui qui décideront ensemble, des gens qui pensent la même chose ou presque comme dans n’importe quel parti en fin de compte.
    « En marche » n’a de novateur ou d’ideologique que la surface. D’ailleurs il se revendique sans idéologie, encore une fois parler d’idéologie en ce moment ça passe mal et donc il tient un discours de « les citoyens vont décider » en mettant en avant la démocratie. Sauf qu’on sait qu’on ne peut pas faire un consensus avec 63 millions de personnes, il nous faut des bases « Liberté, Égalité, Fraternité » et derrière la majorité du peuple s’exprime et le gouvernement fait en fonction de l’intérêt général, ce parti est comme tout les autres sauf qu’il a le défaut en plus d’essayer de paraitre différent. E. Macron fera sa politique comme il l’entend une fois que son discours sera bien passé.

    Je pense que ce discours est même dangereux, se revendiquer sans idéologie propre c’est commencer a faire un tas de bêtises. Il y aura toujours pleins d’opinions et pleins de gens différents pour les défendre, on ne peut pas avoir l’idéal de réunir tout le monde sous la même étiquette ou alors soit nous sommes des robots, sous nous connaissons la dictature.

    Bon article mais pas assez objectif a mon goût, mais bon je ne le suis pas non plus alors 🙂

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