Marine Le Pen vue par les médias étrangers

Marine Le Pen, candidate du Front National aux prochaines élections présidentielles de 2017, est très connue en France notamment grâce à sa politique mais aussi à cause des différents scandales qu’a connus son parti. Considérant qu’elle est souvent malmenée par les médias français, la candidate FN a expliqué au cours d’une interview qu’il y avait un fossé entre la façon dont son parti et elle étaient traités par les journalistes français et ceux étrangers. Cependant, plusieurs vidéos d’elle sur des plateaux américain, anglais ou encore espagnol ont été partagées par l’émission du Petit Journal, présentée par Yann Barthès et montrent une autre version des faits.

Des interviews à l’étranger plutôt virulentes

Le 24 mars dernier, Marine Le Pen était reçue sur le plateau de l’émission québécoise 24/60 par la journaliste Anne-Marie Dussault. Elle ne devait pas s’attendrea été étonnée face à l’accueil assez ‘musclé’ auquel elle a eu droit, puisque la journaliste n’a pas hésité à d’emblée l’attaquer sur ses critiques des politiques d’immigration québécoise et canadienne. Elle était armée de plusieurs vidéos d’un cinéaste québécois d’origine chilienne ou encore d’hommes politiques québécois. Ils affirmaient que si Marine Le Pen reprochait aux gouvernements québécois et canadiens d’avoir accueilli des réfugiés syriens parce qu’elle voulait défendre la culture québécoise, cette dernière n’avait pas besoin de ce genre de défense. Ces vidéos ont donné lieu à un échange très intéressant entre la journaliste et son invitée, car Anne-Marie Dussault faisait preuve d’une répartie impressionnante.

Pourtant, cette entrevue a vite tourné à la confrontation et à une discussion sans but réel. En grande partie, parce que la présentatrice de l’émission refusait de préciser ses questions, plus proches d’affirmations offensives dignes d’un tribunal que de réelles questions, lorsque Marine Le Pen lui en a justement fait la remarque. Elle a utilisé des parties du programme du Front National, notamment celles sur la priorité nationale à l’emploi et au logement, pour prouver à la candidate que certaines de ses promesses politiques pouvaient être discriminatoires. Pourtant, le fait qu’elle cherche juste à prouver son point de vue en répétant sans cesse des mots tels que ‘discrimination’, ‘racisme’ ou ‘intolérance’ sans apporter de réelles argumentations, a rendu la deuxième partie de cette interview moins percutante.

Cependant, le problème le plus apparent était sans doute son manque de neutralité et d’impartialité beaucoup trop flagrant. Il s’agissait plus d’un débat entre une militante et Marine Le Pen que d’une journaliste interrogeant une femme politique sur ses idées et son programme.

Marine Le Pen face à Anne-Marie Dussault, en mars 2016

Marine Le Pen, mal aimée des médias étrangers

Autre année, autre pays, autre journaliste mais même accueil virulent voire agressif, si ce n’est pire. En effet, en avril 2014, Marine Le Pen était interrogée par la journaliste britannique Laura Kuessberg sur le plateau de la BBC. Bien que cette interview soit antérieure à celle réalisée à Montréal, la candidate a reçu les mêmes critiques sur ses idées politiques. La journaliste a surtout mis en avant le fait que les politiciens britanniques [étaient] repoussés par [ses] idéeset “ne [voulaient] donc rien avoir à faire avec elle”. Elle s’est notamment appuyée sur les propos de Marine Le Pen à propos des musulmans en France ou sur sa volonté d’interdire les repas sans porc pour les écoliers musulmans. Jusque là, tout semble parfait dans cette interview, sauf que Laura Kuessberg n’a pas laissé une seule fois la candidate FN répondre vraiment à ses questions. Elle n’a pas hésité à lui couper la parole en plein milieu de ses phrases pour lui poser des questions et lui affirmer que certaines de ses vues étaient au pire “offensantes, au mieux “des préjugés”. L’interview est ainsi devenue une sorte d’altercation entre Laura Kuessberg posant ses questions sans sembler attendre de réelles réponses, et Marine Le Pen lui faisant remarquer son attitude et tentant autant que possible de finir ses phrases et d’arriver au bout de ses réflexions.

En regardant ces interviews (disponibles sur YouTube), on s’étonne du manque flagrant de respect et d’impartialité dont font preuve les journalistes. Ce ne sont d’ailleurs pas des exceptions, car Marine Le Pen a été traitée de manière similaire sur un plateau espagnol ou encore sur un américain. Elle a même été comparée à Donald Trump lors d’un reportage d’un journaliste de France 24, qui considérait que “Donald Trump est le ‘Marine Le Pen’ de la classe politique américaine ». Bien qu’on puisse ou non être pour ou contre son parti politique et ses idées politiques, il reste tout de même surprenant de voir de la part de certains journalistes étrangers, qu’ils laissent transparaître aussi facilement leur non-adhérence. 

En décembre 2015, John Cassidy, journaliste au New Yorker, comparait déjà Marine Le Pen et Donald Trump

Un avis biaisé sur les médias français

Face à ces accueils globalement négatifs à l’étranger, le plus surprenant est sûrement d’entendre la candidate FN affirmer lors d’une interview pour iTélé en avril 2015 qu’elle était beaucoup mieux reçue et interrogée sur les plateaux étrangers que sur ceux français.

On peut comprendre la certaine antipathie qu’elle peut ressentir envers certaines émissions, notamment pour des sujets montrant à quel point certains des partisans et élus du Front National font preuve de racisme, de xénophobie ou autre islamophobie. Ces sujets n’ont pas favorisé la “dédiabolisation” de son parti, mais cela n’a pas empêché qu’elle soit reçue correctement sur les plateaux de ces mêmes émissions, comme par exemple lors de son passage sur le plateau du Petit Journal.

Bien entendu, elle s’est retrouvée plusieurs fois face à des journalistes qui n’hésitaient pas à l’attaquer comme ceux québécois ou britanniques et a d’ailleurs plusieurs fois quitté des plateaux de télévision ou studios de radio.

Cependant, la vraie question est de savoir si Marine Le Pen est vue différemment par les médias étrangers. Et la réponse est qu’au vu de la montée des partis d’extrême droite à travers l’Europe et ses idées sur les vagues de migrants en masse aux portes de l’Union Européenne, elle est généralement perçue comme une menace pour la tolérance et l’ouverture de la France envers le reste du monde.

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