La crise politique espagnole

Le pouvoir exécutif espagnol est vacant depuis décembre 2015 à la suite des élections législatives. En cause, le blocage institutionnel dû à l’absence d’une majorité au Congrès des députés. 

L’Espagne est un régime parlementaire ainsi c’est la majorité au Congrès des députés (chambre basse du parlement) qui définit le gouvernement. En décembre 2015 ont eu lieu les élections législatives lors desquelles le Parti Populaire actuellement au pouvoir a perdu sa majorité laissant place à deux nouveaux partis issus du mouvement des indignés ou des indépendantistes catalans. Avec l’arrivée de Podemos et de Ciudadanos (le Parti de la Citoyenneté) les sièges de députés qui se disputaient autrefois entre le Parti Populaire et le Parti Socialiste Espagnole se retrouvent divisés en quatre. Il résulte de cette nouvelle distribution du pouvoir l’impossibilité pour l’ensemble de ces partis de réunir une majorité simple (plus de oui que de non) nécessaire à la formation d’un gouvernement. Il leur faut donc constituer des alliances et avoir recours au compromis.

 La guerre des partis 

 Le PP porté par Mariano Rajoy arrivé en tête des élections de décembre fut le premier a se heurter à l’impossibilité d’obtenir des alliances. En effet, le parti au pouvoir depuis quatre ans est habitué à gouverner seul et n’a tenu compte des objections de ses adversaires lors de son mandat. Par ailleurs, le parti a été visé par des affaires de corruptions à plusieurs reprises. Il n’est alors pas étonnant que le parti centriste Ciudadanos ne souhaite pas s’allier avec le Parti Populaire tout comme le Parti Socialiste Espagnol PSOE qui refuse de lui donner son soutien.

 C’est donc PSOE, le parti arrivé second aux élections avec à sa tête Pedro Sanchez qui a été chargé par le roi Felipe VI de former un gouvernement. Ne possédant pas la majorité des députés il lui fallait à lui aussi s’allier avec d’autres groupes du Congrès des députés afin d’obtenir une majorité. Fort d’une alliance avec le parti centriste Ciudadanos, il ne manquait au PSOE que le soutien de Podemos pour pouvoir gouverner. Mais, pour le parti issu du mouvement des indignés les conditions d’un tel accord étaient non négociables. Podemos demandait au PSOE un gouvernement de coalition lui réservant plusieurs ministères-clefs ainsi que la vice présidence pour le porte-parole du parti de Pablo Iglesias. Par ailleurs, l’accord conclu entre le PSOE et Ciudadanos considéré comme trop libéral pour Podemos a contribué à rendre les possibilités d’alliance stériles.

 Le 3 mai 2016, la proposition de gouvernement de PSOE a été rejeté par les députés. Le roi Felipe VI a donc prononcé la dissolution du Congrès des députés en vu de nouvelles élections législatives le 26 juin.

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