Loi du travail : entre appréhensions et contestations

Le changement c’est pour plus tard ! Petit retour sur la réforme de la Loi du Travail qui n’a de cesse de provoquer des réactions à travers la France. Dernière grande réforme du quinquennat Hollande, le projet de loi du travail renouvelle le code du travail en amont, en modifiant de nombreuses clauses (très nombreuses) de celui-ci –soit 131 pages- ayant pour objectif principal le renforcement de la compétitivité de l’économie et surtout  le développement des emplois.


D’abord, petits rappels pour comprendre l’état de notre pays: 

  • Niveau compétitivité, la France se trouve à la modeste 32e place, en 2015 selon l’IMD (Institut for Management Development). Être « compétitif » pour une nation, c’est pouvoir faire face  à la concurrence mondiale, c’est-à-dire produire autant de biens et de services que nécessaire, pour pouvoir prendre assez de place sur le marché mondial. À titre d’exemple, l’Allemagne -notre premier partenaire commercial- se trouve parmi les 10 premiers. La bière et la saucisse séduisent davantage que le camembert et le vin, alors imaginez les hamburgers US «America First ». 
  • Niveau emploi, le temps n’est pas propice : 5,78 millions de chômeurs français, soit 10% de la population totale, selon Pôle emploi. Et encore, ce chiffre regroupe uniquement ceux qui sont inscrits à Pôle emploi.    

La situation alarmante du pays et 2017 sonnant parallèlement, il fallait bien des mesures concrètes de la part du gouvernement.

Du changement ? Hors de question ! 

Après la trame «déchéance de nationalité» officiellement déchu des projets du gouvernement suite aux contestations, le projet de loi de travail n’est bien-sûr pas passé inaperçu auprès des Français.

        Les mouvements de contestations ont émergé de façon spectaculaire partout en France : commençant d’abord de façon progressiste sur internet par la pétition en ligne contre la loi du travail (récoltant 1 288 514 signatures à ce jour, soit 2% de la population française) ou le hashtag sur twitter #Onvautmieuxqueca par exemple, se suivant de mouvements plus réactionnaires : plusieurs syndicats et organisations étudiantes ont fait des appels à la mobilisation directe dans la rue pour protester contre ce projet de loi, partout en France.
Réseaux sociaux à l’appui, les mobilisations ont attiré énormément de monde, notamment des jeunes. Une première grande journée de manifestations, a rassemblé le 9 mars officiellement 224.000 personnes partout en France. En réponse, le gouvernement a signalé d’éventuelles révisions de ce projet de loi.

Fière de cette première réussite, une seconde mobilisation intersyndicale a eu lieu afin de manifester pour la suppression totale de ce projet de loi. Ainsi le 31 mars, 390.000 personnes se sont révoltées dans les rues de France.

 Constat de ces révoltes progressivo-réactionnaires

 Des centaines de lycées bloqués, des vitrines cassées, des gaz lacrymo à gogo, des interpellations et de la violence civile et policière ont été observés.

 Sans surprise, les manifestations ont parfois dégénéré, reflétant le mécontentement profond des citoyens sur le projet de loi et plus largement sur la politique d’aujourd’hui. Et notamment l’indignation des citoyens jeunes, –très jeunes- qui brandissaient des pancartes « lycéens d’aujourd’hui, pas chômeurs demain » et des drapeaux rouges flottants, avec l’emblème de la faucille et le marteau. Le message passé est paradoxal tout de même : l’Union soviétique glorifiait le travail comme remède à tous les maux : du mal de tête libéral à la famine tsarine. Travaille, repousse tes limites mon komsomol, pour le bien de la Mère Patrie ! C’est le contraire de l’objectif même de cette mobilisation : la lutte contre l’exploitation du travailleur.


Point culturel : Les mobilisés sont-ils des stakhanovistes alors ?

Le mythe d’Alekseï Stakhanov

Brave héros de la période Stalinienne, il fut imposé comme un modèle pour les ouvriers dans le but de les motiver encore plus à travailler. Selon la légende, il a réussit en une nuit, extraire 102 tonnes de charbon en 6 heures.         –Soit 14 fois plus de quantités  qu’il ne serait  possible pour un humain !
Alexei Grigorievitch Stakhanov ou l’allégorie de l’Homme repoussant ses limites au travail

Mauvais choix camarade…

 Symboliquement l’avis des futurs votants doit être pris en compte : le gouvernement  reste donc ouvert à toutes discussions pour aboutir à un éventuel consensus avec les syndicats, et de surcroît la loi de travail commence à être dénaturalisée, prête pour des amendements parlementaires.

Toutes ces mobilisations menacent l’avenir de ce projet de loi, mais l’exécutif semble être claire quant à une éventuelle suppression de la loi : ce sera non, avec un 49.3 comme légitime défense. Gouvernement laxiste vous dites ?

 


Quelques grandes lignes concernant le projet de loi du travail : 
 La loi du travail n’est plus ce qu’elle était, en effet elle a subi maintes modifications et des clauses ont même été supprimées. Selon le Gouvernement, cette réforme permettrait de stimuler l’emploi (emploi=croissance, la combine est simple). Comment ?
 En redonnant de la souplesse aux patrons (par exemple, une souplesse pour licencier se traduira donc par une souplesse pour embaucher). En faisant travailler davantage le salarié par un  simple accord (passer de 10h de travail maximal par jour à 12h).

 

Une affaire à suivre 

            L’avenir du très contesté projet de loi de travail, est à l’image de notre avenir : incertain.  De nouvelles mobilisations sont à prévoir, qui seront très probablement encore plus amplifiés et donc violents.

            Ce qu’il faut retenir, n’est pas Ô combien la réforme est horrible, car encore une fois cela se discute. Une petite partie des manifestants semblent ne pas connaître en quoi consiste réellement la réforme du projet de loi : un certain jeune homme d’une vingtaine d’années l’a définie comme «un truc pour faire des lois […] qui va au-dessus du code du travail».

            Non ce qu’il faut retenir, c’est qu’indéniablement les jeunes sont l’avenir de la France et seront toujours prêts à agir et contester lorsque quelque chose semble être compromettant pour la société. Même si certains manifestent uniquement pour rater des cours, certains semblent être influencés par X et d’autres ne savent pas ce que c’est travailler et n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise –si ce n’est pour le stage de troisième- . Il y a cette volonté de faire « changer des choses », d’être utile en quelque sorte…

Il reste encore de l’espoir et les jeunes ne sont pas tous atteints de la flémingite aigues.

 

 

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