Panama Papers

Les Panama Papers révèlent au grand public la véritable personnalité des riches dont le seul objectif est l’enrichissement.

Les Panama Papers tirent leur nom d’une affaire plus ancienne datant de la guerre du Vietnam. A l’époque, un dossier secret de 7 000 pages, les Pentagon Papers, avait été révélé au public en 1971 par le New York Times et une quinzaine d’autres journaux américains. Ce dossier provenant du Département de la Défense concernant l’implication politique et militaire des États-Unis durant la guerre du Vietnam, accentua les contestations sur les décisions prises par le gouvernement américain.

 Les Panama Papers désignent la fuite de 11,5 millions de documents confidentiels provenant du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca. Ce cabinet fut créé en 1986 à Panama par l’avocat panaméen Jürgen Mossack, ainsi que l’avocat et homme politique panaméen Ramón Fonseca Mora. Le cabinet est déjà mise en cause dans le scandale Petrobras, elle est accusée d’avoir blanchi de l’argent. Ce n’est donc pas la première affaire de fraude que connaît cette entreprise.

Le cabinet détenait de nombreuses informations sur différentes sociétés “offshore”, c’est-à-dire des sociétés-écran permettant l’évasion fiscale puisqu’elles sont extraterritoriales et exemptes d’impôts. “John Doe”, le lanceur d’alerte anonyme a envoyé 2,6 terraoctets d’informations confidentielles au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung qui a rapidement partagé les informations avec l’International Consortium of Investigative Journalists (Consortium international pour le journalisme d’investigation).

Ces données concernent plus de 214 000 sociétés offshore, majoritairement liées d’une façon ou d’une autre à des personnalités publiques. De nombreuses banques mettaient en relation leurs clients avec le cabinet, celui-ci étant reconnu pour sa discrétion. Les journalistes du monde entier se sont chargés de relayer l’information, cette révélation étant la plus importante jamais connue. Les documents révélent des images, emails, fichiers pdf allant des années 70 jusqu’à fin 2015. Le but des journalistes est de croiser les informations afin de comprendre qui sont les personnes qui ont créées ou utilisées les sociétés “offshore”, dans quel but, d’où provient l’argent, où est-il envoyé… Les journalistes révèlent ainsi chaque jour de nouveaux éléments au grand public.

Les noms

De nombreuses personnalités reconnues sont impliquées dans cette affaire, de grands sportifs, des célébrités, des hommes politiques… Des anonymes sont aussi cités en grand nombre. Parmi les chefs d’état actuellement au pouvoir sont cités les noms de Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, roi d’Arabie saoudite, Mauricio Macri, président de l’Argentine, Khalifa ben Zayed Al Nahyane, président des Émirats arabes unis et émir d’Abou Dabi. En Europe, ce sont Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, Premier ministre de l’Islande qui démissionne le 5 avril 2016  après ses révélations et, Petro Porochenko, président de l’Ukraine qui sont mis en cause.

En plus de toutes ces personnes actuellement au pouvoir, les documents dévoilent aussi d’anciens personnages politiques, des proches de certains politiques. En France, on peut y voir des proches du parti Front National ou encore de l’ancien président Nicolas Sarkozy. Mais les politiques ne sont pas les seuls à vouloir préserver leur argent, les artistes aussi fraudent comme le célèbre acteur Jackie Chan et l’auteur Mario Vargas Llosa. Le cercle des nominés s’étend jusqu’au sport, puisque le président de la FIFA Gianni Infantino et Michel Platini sont aussi cités.

Les Panama Papers ont aussi permis des découvertes comme celle d’un tableau d’Amedeo Modigliani Homme assis (appuyé sur une canne), peint en 1918, disparu depuis 5 ans. Une procédure était engagée contre la famille Nahmad. Les documents ont révélé que cette accusation était fondée puisque ce tableau avait été achetée par une mystérieuse société dont les seuls actionnaires étaient la famille Nahmad. L’affaire n’est actuellement pas totalement résolue mais le tableau est placé sous séquestre à Genève.

La police péruvienne a décidé d’agir, les autorités fiscales ont entamé une enquête et ont perquisitionné le cabinet Mossak Fonseca . Les fraudeurs sont bien connus du grand public, c’est pourquoi la révélation de leurs noms dans cette affaire est d’autant plus intéressante. Pour ceux qui en doutaient encore, les puissants cherchent toujours plus d’argent sans jamais avoir à le dépenser. Quoi de mieux alors que de défiscaliser ?

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