Le sable: Une ressource en péril?

Quand on nous parle de sable, on se souvient de nos châteaux sur les plages, de nos vacances à la mer, on pense au Sahara ou à cette île paradisiaque du pacifique sur laquelle on adore jouer les Robinson Crusoé. Pourtant, bien plus qu’un sujet de loisir, le sable est devenu un véritable enjeu économique mais surtout écologique, et si nous ne réagissons pas rapidement, notre surconsommation pourrait faire disparaître l’ensemble des plages du globe d’ici 2100.

Des utilisations multiples

En effet, si le sable est si important pour nos sociétés, c’est parce qu’il nous est indispensable. Ce matériau est présent partout : dans la construction, la filtration de l’eau, dans nos téléphones, nos ordinateurs, nos télés, dans nos verres et la liste est encore très longue.

A tel point que le sable est la troisième ressource la plus utilisée sur terre après l’air et l’eau. On estime que deux tiers des constructions sur terre sont en béton armé. Et le béton armé est composé de deux tiers de sable.

La construction d’une maison de taille moyenne nécessite 200 tonnes de sable, celle d’un bâtiment comme un hôpital 30 000 tonnes et une centrale 12 millions de tonnes. Et chaque kilomètre d’autoroute consomme 30 000 tonnes de sable.

 Le sable est donc un matériau qui nous est indispensable dans beaucoup de domaines.

Une économie florissante…

Le commerce du sable est devenu une économie florissante qui brasse 70 milliards de dollars d’échanges par an. Et pour cause, en France, on utilise 383 millions de tonnes de sable par an dont 83 millions de tonnes sont utilisées dans le bâtiment et 300 millions de tonnes dans les travaux publics.

Pour vous donner un ordre d’idée, cela ramène notre consommation par habitant à 7 tonnes par an, soit 20kg par jour et par an. A l’échelle mondiale, ce sont 15 milliards de tonnes qui sont utilisées chaque année.

Le milieu de la construction et du bâtiment est l’un des premiers concernés par l’utilisation du sable qu’il consomme sans mesure. On estime que durant les 4 dernières années, la Chine a consommé autant de sable que les États-Unis pendant le siècle écoulé. Pourtant, 65 millions de logements sont actuellement vides en Chine.

A Dubaï fleurissent de nombreuses îles artificielles grâce à des millions de tonnes de sables pompés au large de la ville, comme la “8e merveille du monde” (nom autoproclammé d’une île artificielle) dont la construction a nécessité 150 millions de tonnes de sable et 12 milliards de dollars. On peut aussi citer Singapour dont la superficie s’est agrandie de 20% ces dernières années grâce aux remblais de sable qui ont permis de gagner du terrain sur la mer.

… Qui pose de nombreux problèmes écologiques et criminels

 L’extraction du sable se fait dans des carrières proches des plages ou sur les plages elles-mêmes, dans les fleuves ou même directement sur les fonds marins. Malheureusement, nos besoins croissants en sable et cette perspective de commerce lucrative mènent très souvent à l’exploitation sauvage ou à des abus comme le drague de sable dans des milieux protégés.

Au final, cette exploitation massive entraîne des destructions d’écosystèmes, la disparition d’îles, l’érosion des côtes, la contamination de réserves d’eau potable, le changement des courants, la défiguration des paysages ainsi qu’une diminution des protections naturelles des côtes contre les inondations, orages…

Aujourd’hui, 9 plages sur 10 de Floride sont en voie de disparition et 120 îles de Maldives ont déjà été évacuées à cause de la montée des eaux due à l’extraction du sable.

Au Maroc, environ 45% des extractions de sable proviennent de sites illégaux. En Inde, c’est une véritable mafia qui a vu le jour et est devenue la plus grande organisation criminelle du pays en pillant le sable des côtes et rivières du sous continent sur quelques 8 000 sites illégaux.

Quelles solutions ?

 Le problème est aujourd’hui d’une telle ampleur que le programme des Nations Unies pour l’environnement a publié une note à ce sujet dans laquelle il préconise de réduire notre consommation de sable, de créer des taxes sur l’extraction du sable afin de privilégier les solutions alternatives à son utilisation, ainsi que la création de lois pour réglementer son extraction.

En effet, le sable est si peu cher que les industriels ne cherchent pas d’alternatives à son utilisation. Mais en créant une taxe sur son extraction, ceux-ci se verraient  obligés de se tourner vers des matériaux alternatifs, comme la cendre, ou encore de réutiliser tout ce qui est à base de sable (verre, béton, revêtement routier).

Enfin, si certains d’entre vous pensent que le sable du désert peut servir d’alternatives pour la construction, c’est faux. En effet, sous l’effet du vent, le sable roule et son grain se polit, se lisse : il devient donc impropre à la construction.

L’utilisation du sable va devenir de plus en plus problématique pour l’avenir de notre développement et il faut réfléchir dès aujourd’hui pour éviter que demain les plages ne soient plus que dans les livres d’histoire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s