La sécurité sur les routes de France à remettre en cause depuis Puisseguin ?

La mortalité sur les routes de France est un problème récurrent en France surtout suite à l’accident mortel de Puisseguin. Voici l’évolution des chiffres depuis les années 70 puis l’explication du changement de pensée de la population, particulièrement grâce aux campagnes de prévention.

 Le 23 octobre 2015, la France a perdu 43 âmes : des frères, des sœurs, des enfants, des femmes, des maris ou des parents. Le courage et le temps seront nécessaires pour surmonter une épreuve aussi difficile. Un courage que la France entière transmet aux proches des victimes ainsi qu’aux rescapés. Selon les premières enquêtes, une barre en métal aurait transpercée le réservoir de gazole du camion suite à la violence du choc entre le bus et celui-ci. Mais les experts cherchent encore les raisons qui ont poussé les deux véhicules à s’embraser si vite. Le président de la République a d’ailleurs promis la vérité aux familles.

 Une avancée exceptionnelle.

C’est l’accident de car le plus mortel depuis le 1er août 1982. Et pour cause, le bus et le car sont considérés comme des « moyens de transport dix fois plus sûrs que la voiture individuelle » selon Gilles Savary, spécialiste du transport. Mais la mortalité sur les routes de France a connu une hausse de 116 tués en 2014. Cela faisait 12 ans que le taux de mortalité sur les routes de France était en baisse.

Malgré cette hausse, des progrès spectaculaires ont eu lieu depuis 1972 : le nombre de morts sur les routes a été divisé par cinq. Il est passé de 18 113 à 3 384. Pour aboutir à un changement aussi conséquent dans les mentalités et la façon de conduire des Français, les autorités ont dû mettre en place toute une série de projets qui débute dans les années 70.

 Un programme draconien.

Dès 1973, un nouvel examen pour le permis est instauré : c’est à ce moment la qu’apparaît l’épreuve écrite du code. 1972-1973 est aussi une rupture dans la conduite des deux-roues. Peu à peu le casque devient obligatoire et une politique de sensibilisation est mise en place pour faire prendre conscience à la population de la fragilité des motards. En 1970, la loi qui autorise un taux d’alcoolémie inférieur à 1.2 gramme par litre de sang est instaurée suite à de trop nombreux accidents causés par l’alcool (1 sur 2 en 1960). Le changement le plus marquant pour les Français est surtout le port obligatoire de la ceinture de sécurité à partir de 1973. Cette loi est très difficile à appliquer car c’est un bouleversement dans l’esprit des conducteurs. Il faudra d’ailleurs de nombreuses générations pour que cette loi s’ancre dans les esprits et devienne un automatisme.

 Toucher les esprits des conducteurs.

 Les réglementations deviennent de plus en plus sévères, les automobilistes de plus en plus conscients ; arrivent aussi les campagnes publicitaires chocs. La première, en 1999, créée par Raymond Depardon, montre la réalité sur les routes de France avec une succession d’images d’accidents mortels sur le fond d’une musique guillerette. Le but est d’associer des images au thème de la sécurité routière. En effet, une multitude de slogans a fait son apparition entre 1970 et 1990 : « Boire ou conduire, à vous de choisir. » ou « Un petit clic vaut mieux qu’un grand choc »(1975). Cela a permis dans un premier temps de construire une culture de mots autour de la sécurité routière. Et cette culture aura besoin d’être renforcée par des images ensuite. Les génies de la publicité ont eu pour objectif de mettre en relation tous ces mots avec des images chocs. A partir des années 2000, les campagnes de publicité s’axent plus vers la sensibilité du public en montrant des images réelles et douloureuses : des proches confrontés à la situation de perte, des blessés, des morts. Il faut mettre en avant la douleur qui est universelle et parier sur le fait que l’Homme veut aider son prochain, dit Dominique Wolton, sociologue.

Mais des améliorations sont encore nécessaires.

Aujourd’hui nous ne pouvons pas nier les progrès de la sécurité sur les routes de France. Cependant, il reste tout de même 4 190 tués sur nos routes  en moyenne depuis les 10 dernières années. D’autant plus que ce nombre fut revu à la hausse en 2014. Un tiers des accidents est dû à l’alcool ce qui correspond à 1000 personnes tuées par an. C’est le principal facteur d’accident aujourd’hui malgré tous les efforts du gouvernement. L’accident type a lieu la nuit, sur une route secondaire et il est généralement provoqué par un jeune homme alcoolisé. Mais la vitesse est aussi une forte cause d’accident puisque 25% des français déclarent ne pas respecter les limitations. Ce qui a des conséquences déplorables. En centre-ville surtout. Effectivement, un piéton percuté au-dessus de 60 km/h a environ 100% de chance de mourir. Enfin, le téléphone au volant reste un problème récent mais important, car il est la cause de 1/10 des accidents.

Et la suite ?

Suite à la hausse de morts en 2014, le gouvernement a décidé de mettre en place plusieurs mesures entre 2015 et 2017, dont l’interdiction d’utiliser un appareil auditif (même portatif) au volant, la baisse du taux d’alcoolémie autorisé à 0.2 gramme par litre de sang. Il reste donc d’importants progrès à faire. Enfin, soulignons aussi que le risque zéro n’existe pas, il arrivera toujours des accidents comme celui de Puisseguin que personne n’aurait pût prédire. Des accidents que nous ne pourrons jamais éviter malgré toutes les restrictions possibles, car ils sont tout simplement la cause d’un concours de circonstances.

Le plus :

http://www.securite-routiere.gouv.fr

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