L’éternel débat du changement d’heure

Le changement d’heure n’est pas quelque chose qui se cantonne à la France, loin de là. Dans le monde 70 pays ont remonté leurs pendules de soixante minutes à trois heures du matin dans la nuit du 24 au 25 octobre. Ainsi nous avons gagné une heure de sommeil en plus pour affronter les mois d’hiver.

Le changement d’heure, une idée qui fait date 

L’idée de régler l’heure toutes les deux saisons ne date pas d’hier. Le premier qui y a pensé fut Benjamin Franklin en 1784. Il avait compris qu’en faisant cela, il serait possible de faire des économies d’énergie et cela en s’aidant du temps d’ensoleillement qui s’allonge du printemps jusqu’au milieu de l’automne. A cette époque là, le physicien ne fut pas entendu mais en 1907, l’inventeur britannique William Willet publia une brochure dans laquelle le processus était expliqué. L’Allemagne fut le premier pays à adopter la mesure et la France lui emboîta le pas en 1916 sous l’initiative d’André Honnorat, député des Basses-Alpes. En 1988 les pays de l’Union Européenne décidèrent d’harmoniser leurs dates de changement d’heure pour favoriser l’économie et les échanges.

Ces deux changements annuels ont été instauré pour limiter l’utilisation d’éclairage artificiel. A l’heure des économies d’énergie, une étude a laissé paraître en 2009 que ce changement permettait d’économiser 440 GWh et que la France évitait l’émission de 400 000 tonnes de CO₂. C’est l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de 800 000 foyers. L’Ademe* conclut qu’en continuant ce régime d’heure d’été, 130 GWh de gains additionnels électriques pourraient être atteints en 2030 ainsi qu’une réduction de 70 000 à 100 000 tonnes d’émission de CO₂. Si ces gains sont pris en compte ainsi que ceux de l’économie de chauffage. De son côté EDF évoque une baisse de 4% de la consommation électrique française lorsque le pays passe à l’heure d’été. Une heure contre un nouveau souffle, pourquoi pas ?

Cette mesure serait bénéfique aussi pour le commerce des gérants de bars ou petits bistrots. Ils se réjouissent d’avoir une heure d’éclairage en plus les soirs d’été pour que leurs clients puissent profiter un peu plus de leur terrasse. Mais les statistiques de l’impact de ce tour d’horloge sur le commerce restent parcellaires et contradictoires.

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Une mesure qui ne se passe pas d’inconvénients

Le changement d’heure a ses avantages comme ses inconvénients. Depuis quarante ans, les débats s’articulent et refonds surface tous les ans.

Ainsi sont principalement évoqués les effets néfastes sur notre sommeil. En effet, le passage à l’heure d’hiver nous fait gagner une heure de sommeil. Mais notre corps n’ayant pas d’horloge biologique réglée sur ce changement, l’adaptation nécessite plusieurs jours. Celle-ci demande encore plus de temps lors du passage à l’heure d’été. La fatigue accumulée impacte notre humeur mais surtout notre concentration.

De plus, selon une étude de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, sur les cinq dernières années le nombre d’accidents corporels des piétons (c’est-à-dire avec au moins une personne blessée ou tuée lors d’un accident de voiture) au mois de novembre est supérieur de 1,5% à celui des mois d’octobre. Cette hausse est due à la fatigue des conducteurs sortant du travail et d’un éclairage qui ne fonctionne pas toujours correctement aux heures de pointe, devenues nocturnes à cette période de l’année.

En plus des accidents de voiture, une hausse du risque d’infarctus le lundi suivant le passage à l’heure d’été a été observée par l’American College of Cardiology de Washington en 2014. Le stress causé par la perspective d’une nouvelle semaine de travail est amplifié par le manque de sommeil. Par conséquent huit cas supplémentaires d’attaques cardiaques sont admis dans les hôpitaux américains en moyenne.

Bien que cette mesure soit présente dans 70 pays, elle ne l’est pas partout. Cela peut s’expliquer tout bonnement par les différences d’ensoleillement suivant les continents. C’est pour cela que certains pays du Sud ne bénéficient pas de cette mesure pour faire des économies d’énergie. En France, les avis sur la question de la réelle utilité du changement d’heure sont partagés.

Alors abandonnera ou abandonnera pas ? Le débat reste ouvert, l’avenir nous le dira.
*Ademe : Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie

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